Suite à son immolation par le feu : Décès de Bérenger Obame Ntoutoume

Le jeune vendeur de l’ancienne Gare routière, 28 ans au moment des faits, a succombé à ses brûlures, dans la nuit du 5 au 6 novembre courant, quatre jours après s’être transformé en torche humaine pour protester contre le racket et les violences policières.

Après plus de 72 heures passées entre la vie et la mort, l’étudiant de 3è année de sociologie à l’Université Omar Bongo et commerçant à ses heures perdues à l’ancienne Gare routière de Libreville, est finalement décédé dans la nuit du 5 au 6 novembre courant, des suites d’un court coma. «L’enfant est mort. Ils l’ont considéré, je dirai, comme un méchoui. J’ai demandé à l’hôpital militaire de prendre cet enfant et de le remettre au commissariat central pour qu’ils mangent leur méchoui», s’est emporté son beau-père, Jean-Daniel Younga.

Le jeune homme, lors de son immolation le 2 novembre dernier à la préfecture de police de Libreville, aurait, selon les médecins, absorbé de la fumée qui, a occasionné une grave infection pulmonaire. Aux dires de sa famille, ce premier diagnostic nécessitait une prise en charge urgente. Surtout qu’il arrivait déjà à consommer de l’eau. Hélas, l’appel de détresse de sa famille est tombé dans une «boîte vocale», rarement consultée. «Les hautes autorités de l’État ont pris acte et ont donné des instructions pour que l’enfant soit suivi. Nous leur avons parlé de l’urgence. Une doléance qui n’a malheureusement pas trouvé satisfaction auprès d’eux», a regretté encore son beau-père.

Beranger Obame Ntoutoume protestait contre la confiscation et la destruction de sa marchandise par la police. Cette situation l’avait poussé à s’immoler au sein même de la préfecture de police de Libreville. Maintenant qu’il est mort, quid des responsabilités ? La vie humaine est-elle si négligée sous nos latitudes ? «Nous offrons ce corps à l’État et qu’il en fasse ce qu’il veut», a lancé un frère du disparu, très remonté. Si telle est la décision finale de la famille, cet acte portera à deux le nombre de cadavres que les pouvoirs publics auront à gérer en plus de celui de Mboulou Beka, décédé le 20 décembre 2014 et toujours en attente d’inhumation.

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