La conférence extraordinaire des chefs d’Etat membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale axée sur la crise en République centrafricaine, tenue ce mercredi à Libreville, a autorisé la prolongation de la transition du 31 décembre 2015 au 31 mars 2016, selon le communiqué final des travaux.

Dans ce communiqué rendu public par le secrétaire général de la CEEAC, le Tchadien Ahmad Allam-Mi, les chefs d’Etat ont, après analyse de la situation, noté des progrès en matière de stabilité et de pacification du climat en République centrafricaine.

C’est pourquoi la conférence des chefs d’Etat de la CEEAC a marqué son adhésion au calendrier électoral proposé par les autorités centrafricaines en vue de la tenue prochaine de l’élection présidentielle. Aussi, s’est-elle félicitée de l’enrôlement jugé massif de deux millions d’électeurs centrafricains, à l’issue de l’opération d’inscription sur la liste électorale.

Les chefs d’Etat ont par ailleurs condamné les actes de violences, tentatives de déstabilisation du processus de transition en cours. Ils ont,de ce fait, décidé de dépêcher une délégation de haut niveau auprès du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki Moon, pour solliciter le prolongement du mandat de la MINUSCA.

Sur la crise au Burundi, la session extraordinaire des chefs d’Etat de la CEEAC demande aux acteurs de privilégier le dialogue. Elle recommande une implication de la CEEAC puis, la dépêche d’une délégation dans ce pays.

Les chefs d’Etat ont une fois encore condamné les derniers attentats de la secte islamiste Boko Haram au Cameroun. Ils demandent aux pays qui n’ont pas encore honoré leurs engagements financiers pris à Yaoundé lors du sommet sur la lutte contre le terrorisme, de le faire. Un sommet conjoint CEEAC-CEDEAO, consacré à la lutte contre le terrorisme est prévu en Guinée Equatoriale à une date que ce pays hôte proposera.

A l’ouverture des travaux, le président en exercice de la CEEAC, le chef de l’Etat gabonais est revenu sur la nécessité pour la République centrafricaine d’aboutir à une bonne transition par le biais des urnes, dans le but de retrouver la paix et d’amorcer son développement. Rien ne justifie les appels à une autre transition, a indiqué Ali Bongo Ondimba.

« En ma qualité de président en exercice de la CEEAC, je lance à nouveau, un appel aux acteurs politiques centrafricains pour un dialogue et une réconciliation durables. Ce d’autant plus que les différents acteurs politiques viennent de prendre un engagement solennel en adoptant un Code de bonne conduite, dans lequel ils acceptent de mener une saine compétition politique et à se soumettre au verdict des urnes », a-t-il clamé.

« L’inscription massive des populations sur la liste électorale témoigne de la volonté du peuple centrafricain de sortir définitivement des affres des crises à répétition que vit ce pays, et de leur détermination à amorcer une expérience démocratique inclusive et durable. C’est pour toutes ces raisons qu’il faut redoubler d’efforts et rester vigilants, au regard des nombreuses menaces qui continuent d’assombrir l’horizon », a-t-il affirmé.

Pour sa part, le secrétaire général de la CEEAC, Ahmad Allam-Mi, rappelant l’impact de la crise en RCA dans le pays et dans la sous-région, a indiqué que la solution passe par les élections en vue de doter ce pays des institutions légitimes.

« Nous sommes prêts à mettre en œuvre toutes les décisions de ce sommet, en vue de permettre à la Centrafrique de retrouver la stabilité et la cohésion de son peuple », a-t-il promis.

Le patron du bureau régional des Nations unies pour l’Afrique centrale, Abdoulaye Bathily a, au nom du secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, Ban Ki Moon, exhorté les parties prenantes à combattre les tentatives de déstabilisation du processus de transition et traduire les auteurs en justice, plaidant aussi pour la libération des enfants soldats. Reconnaissant le solidarité des pays membres de la CEEAC envers la Centrafrique, le représentant de Ban Ki Moon a réaffirmé la disponibilité des Nations Unies à accompagner, avec efforts, la RCA dans le bon déroulement de la transition notamment par des élections démocratiques.

Denis Sassou Nguesso, président du Congo était le seul chef d’Etat présent à ces assises de Libreville. Le Burundi était représenté par son vice-président, la Centrafrique par son Premier ministre de transition, la Guinée Equatoriale par le président du parlement et le reste des Etats par des membres du gouvernement.

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