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Mborantsouo appelle à régler le problème des partis à têtes multiples

Ouvrant jeudi dernier la cérémonie de rentrée annuelle de la Cour constitutionnelle en présence d’Ali Bongo, du gouvernement et du corps judiciaire, la présidente de la haute juridiction s’est insurgée contre la situation des partis à directions doubles ou triples !

La question des partis politiques à multiples directions est si vieille que l’opinion avait fini par s’en accommoder. Il faut pourtant qu’elle trouve une solution. «Au Gabon, lorsque des formations politiques connaissent des scissions, les «dissidents» partent avec le nom, et malgré les décisions de justice, ils continuent de fonctionner comme si de rien n’était», tient à souligner un membre de la Cour constitutionnelle pour appuyer l’appel de Marie-Madeleine Mborantsouo.

Dans le paysage politique gabonais qui compte près de soixante partis et regroupements politiques, près d’une huitaine dispose de directions multiples. C’est le cas notamment de la plus vieille formation politique de l’opposition, le Mouvement de redressement national (Morena) créé en 1981 par Simon Oyono Aba’a, Jean-Baptiste Obiang Etoughé, Moubamba Nziengui et Luc Bengone Nsi, pour exiger la démocratisation des institutions et la fin du «totalitarisme» et du parti unique. Trois, voire quatre chapelles, se disputent ce «label» sans que les autorités compétentes ne mettent le holà : le Morena de Luc Bengone Nsi, le Morena de Samuel Mendou et le Morena de Molière Boutamba. Sans oublier que ce parti a donné naissance au RNB, au RPG et aux FPU… Mais le «label» Morena est aujourd’hui partagé par trois formations politiques.

Il y a aussi le Rassemblement pour la démocratie et le progrès (RDP) fondé en 1993 par Alexandre Sambat. Deux camps se battent pour son appropriation. D’un côté, Iboutha Walla, proche de la majorité, et de l’autre, Pépin Mongockodji, journaliste émérite, ancien ministre, ancien ambassadeur et ancien Conseiller-membre du Conseil national de la communication (CNC), qui, lui, soutient les forces du changement, et notamment Jean Ping. L’un et l’autre parlent toujours au nom e ce parti. La réconciliation tentée, il y a quelques années, par des ressortissants de l’Ogooué-Ivindo, s’est soldée par un échec. Le contentieux demeure donc entier…

Pour leur part, après une «vie commune» de plus de vingt ans, les héritiers de Pierre Mamboundou Mamboundou, fondateur du parti le 14 juillet 1989, se retrouvent dans quatre chapelles : l’UPG-Awendjé avec Matthieu Mboumba Nziengui comme secrétaire exécutif ; l’UPG-Loyaliste avec Jean de Dieu Moukagni Iwangou comme président ; l’UPG-Légaliste de Bruno Ben Moubamba, et l’UPG (Union des Patriotes Gabonais) de David Mbadinga. Une décision de justice a été rendue en faveur de celui qui occupe le siège à Awendjé, mais son exécution tarde à être faite…

Autre formation à directions multiples : l’Alliance démocratique et républicaine (Adere), née, en 1992, de la fusion entre l’UDD de Dieudonné Pambo et Joachim Boussamba Mapaga, de l’Union des forces progressistes de Frédéric Massavala et Joseph Moutandou Mboumba et du Parti socialiste gabonais (PSG) de Jean-Pierre Bagnéna, dont les collaborateurs avaient ensuite préféré s’en désolidariser. Il y a, d’un côté, Didjob Divungi di Ndinge, ancien vice-président de la République, et, de l’autre, son ancien directeur de cabinet, Florentin Moussavou, actuel ministre de l’Education nationale et de l’Enseignement technique. Les deux personnalités s’affrontent sur le positionnement du parti depuis le décès de son ex-président Dieudonné Pambo, et encore plus depuis le départ de Divungi di Ndinge de la majorité présidentielle. Une direction bicéphale donc que les autorités compétentes ont du mal à régler.

L’appel lancé par la présidente de la Cour constitutionnelle vise donc non pas à mettre fin aux conflits entre individus, mais à amener les protagonistes à respecter les décisions de justice. Il va donc falloir se conformer à la loi. Certains leaders de parti l’ont fait. Paul Mba Abessole, par exemple, avait créé le Rassemblement pour le Gabon (RPG) après avoir perdu le procès face à Pierre-André Kombila sur le litige qui les opposait au sujet de la paternité du Rassemblement national des Bûcherons (RNB). De même, Séraphin Ndaot Rembogo avait lancé le PDS après l’échec de son procès contre Benoît Mouity Nzamba au sujet du Parti gabonais du progrès (PGP).

Aux responsables de tendance de l’UPG, de l’Adere, du RDP et du Morena d’accepter les décisions de justice. Pour l’opinion, l’appel de la présidente de la Cour constitutionnelle est à saluer !

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