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Média : Florence Mbani en plein dans la réforme

La directrice générale de Radio Gabon parle de sa vision et du devenir de cet outil de communication.

Gabon review : Comment se porte Radio Gabon ?

Florence Mbani : Radio Gabon est un groupe, différent de Radio Gabon d’il y a quelques années. Avant 2011, la Radiodiffusion télévision gabonaise (RTG), avait deux chaînes : RTG1 et RTG2. Après l’éclatement de ces chaînes suite à la réforme du secteur de l’audiovisuel, nous sommes devenus Radio Gabon, Gabon télévision et Télé diffusion du Gabon. Radio Gabon se porte bien. Nous sommes dans le cadre de la réforme qui est un processus. Laquelle réforme suit son cours. Aujourd’hui, elle est irréversible. C’est un processus et le secteur de la communication ne peut pas aller à l’encontre.

Quand vous dites le secteur de la communication ne peut pas aller à l’encontre de la réforme, est-ce à dire qu’il existe des personnes qui refuseraient le changement? Si oui pourquoi ?

Vous savez qu’en matière de réforme il y a toujours des points ou pôles de résistance. On ne peut pas faire avec tout le monde et tout le monde ne peut pas tout de suite dire oui. Certains qui ne comprennent pas que la réforme est un processus, mettent en avant l’aspect avantage. Nous sommes partis de la RTG pour Radio Gabon, et ce que nous entendons c’est : «Nous nous gagnons quoi ?». Il s’agit ici de l’amélioration des conditions de vie et de travail des communicateurs. Et cela passe par plusieurs étapes. D’abord par l’aspect juridique. Ensuite, l’amélioration des studios et enfin l’achat du matériel et des équipements lourds. On ne peut y arriver à coup de baguette magique.

Pensez-vous avoir apporté une amélioration dans la gestion et l’organisation de cet outil ?

Avoir apporté une amélioration sur le plan institutionnel oui. Comme je le disais plus haut, au lieu d’avoir une chaine de radio, nous avons la responsabilité de gérer les chaînes généralistes et thématiques. Pour l’instant, nous nous focalisons sur la chaîne nationale, à raison de son caractère généraliste et de sa portée internationale. C’est le premier apport. S’agissant des chaînes thématiques elles sont en cours de création. Toutefois la réforme se met en œuvre pour l’instant sur le plan juridique parce que nous attendons des actes de transfert de personnels qui vont désormais être régis par les nouvelles dispositions.

Vous êtes en pleine conception d’une nouvelle grille de programmes. Quels types de programmes souhaitez-vous offrir ?

Pourquoi avoir voulu mettre en place cette nouvelle grille de programmes ? Nous sommes d’abord partis d’un constat : avant les réformes, Radio Gabon avait perdu une bonne tranche d’auditeurs et d’après une enquête conduite sur le terrain, certains auditeurs ont dénoncé la mauvaise qualité des programmes.

En effet, les populations ne se retrouvaient pas dans ce qui leur était proposé. Et c’est une question fondamentale qui nous a interpellés. Non seulement nous faisons face à la concurrence des chaines périphériques, mais aussi celle des chaînes internationales. Occasion pour nous de revoir notre contenu d’émission. D’où l’intérêt du conseil d’administration de donner instruction pour le lancement d’une nouvelle grille de programmes. Pour cela nous avons mis en place un comité supérieur de programme qui a auditionné les producteurs invités à proposer des émissions qui cadrent avec les attentes et la demande des auditeurs. Nous avons reçu plus de 70 projets. Les années antérieures, les producteurs produisaient pour eux-mêmes sans tenir compte des préoccupations des populations. Après l’enquête menée sur le terrain, nous avons jugé utile d’inverser la donne et mettre les populations au centre de nos productions.

Quels sont les besoins des populations en termes d’émissions ?

L’intérêt est d’abord culturel. Les populations ont besoin de se reconnaître dans ce qui est dit. Quelle est notre identité culturelle en tant que Gabonais quand vous écoutez Radio Gabon ? Il nous faut non seulement promouvoir notre pays, mais également partager nos valeurs qui ne doivent pas être ignorées au profit de ce qui vient de l’extérieur. Nous avons de ce fait l’obligation de promouvoir l’image de notre nation. Les populations veulent savoir ce qui est fait, les pouvoirs publics veulent communiquer pour que nous soyons tous au même niveau d’information.

À terme, combien d’émissions devront être produites ?

Je ne saurais vous dire exactement le nombre d’émissions. Par contre il y a quelques mois, un premier travail nous avait permis de ramener la grille de programmes comprenant 82 émissions à une trentaine pour des raisons financières.

Quels sont vos espoirs, pour l’aboutissement de cette nouvelle grille de programmes quand on sait que la production a un coût ?

Je voudrais d’abord rappeler que notre mission, informer, éduquer, divertir relève du bon sens. C’est une question de responsabilité. Outre la passion, certains sont arrivés dans les métiers de la communication à la suite d’une formation. Nous sommes des agents régis par la Fonction publique. Nous sommes payés à la fin du mois par la Fonction publique pour le travail exercé à Radio Gabon. Nous avons donc le devoir de travailler dans le respect des normes administratives. S’agissant des frais de production proprement dits, ils devraient normalement être payés en amont pour permettre au producteur d’aller sur le terrain. Mais, en état actuel des choses, nous ne pouvons pas nous soumettre à ces principes pour des raisons d’indisponibilité ou d’insuffisance financière. C’est un engagement. Nous devons revenir aux fondamentaux de nos métiers pour mieux exercer à Radio Gabon et servir notre pays.

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