Conférence de presse du général Mokoko (à droite), Guy-Brice Parfait Kolelas (au centre) et André Okombi Salissant (à gauche) à Brazzaville, le 18 mars 2016.© Manu Pochez / RFI

A peine trois jours après l’annonce des résultats officiels de la présidentielle au Congo-Brazzaville, l’opposition congolaise, qui crie à la fraude, peine à affirmer une position commune sur l’attitude à adopter. Quelle stratégie ? Quels enjeux ? Eclairages.

Deux stratégies s’expriment au sein de l’opposition. D’un côté, la désobéissance civile prônée par le général Jean-Marie Michel Mokoko. Son appel lancé ce jeudi 24 mars sur les réseaux sociaux n’a pas recueilli l’adhésion de ses partenaires, mais il a un mérite : être dans la droite ligne de l’image qu’il s’est construite au cours de la campagne : celle d’un « libérateur ».

De l’autre, il y a le discours légaliste, incarné notamment par Guy-Brice Parfait Kolelas. Lui, promet de déposer des recours devant la Cour constitutionnelle. Une position qui lui permet de ne pas hypothéquer son avenir politique, ni la légitimité que lui confère son statut de second à l’élection présidentielle. Mais ce n’est pas sans risque non plus, car au sein de son électorat, nombreux sont ceux qui espéraient un discours plus offensif et le lui font savoir aujourd’hui.

Car l’opposition congolaise joue gros sur cet après-scrutin. Très critiquée lors du référendum pour son incapacité à organiser la contestation, elle a tout de même réussi cette fois à soulever un espoir et à convaincre les électeurs de la suivre. Eux qui sont allés plus nombreux que jamais s’inscrire sur les listes électorales et qu’il s’agit aujourd’hui de ne pas décevoir.

La commission électorale répond à l’opposition

Alors que les uns après les autres, les candidats qui affrontaient le président sortant Denis Sassou-Nguesso à la présidentielle du 20 mars dernier contestent sa réélection au premier tour avec plus de 60 % des suffrages dénonçant « des fraudes », le président de la Commission électorale Henri Bouka répond que compte tenu de l’écart (600 000 voix) qui sépare le chef de l’Etat des autres candidats, l’hypothèse d’un tripatouillage est tout simplement impossible.

« Je peux mettre ma main au feu pour dire que les résultats qui sont sortis des urnes sont l’expression de la vérité, assure-t-il. Est-ce qu’il y a eu des faiblesses à gauche ou à droite ? Je ne peux pas vous le dire. Mais pour l’essentiel, ce sont des résultats sincères. Malheureusement, au sud du Sahara, les populations n’acceptent ce que dit la commission que lorsqu’elle proclame la défaite du président en exercice. Ce n’est pas cela la démocratie. »

En réponse au général Jean-Marie Michel Mokoko qui demandait mercredi un recomptage des voix, il répond que cela relève désormais de la Cour Constitutionnelle.

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