Le Dr. Daniel Mengara, Leader du mouvement Bongo Doit Partir-Modwoam dans la salle des conférences de l'Eisenhower Executive Office Building à la Maison Blanche lors de la rencontre entre les responsables de la Maison Blanche et les leaders de la diaspora africaine aux Etats-Unis à Washington le 22 février 2016

Maintenant que la philosophie destitutive que nous n’avons eu de cesse de présenter depuis 1998 au peuple gabonais comme le passage obligé du changement au Gabon a fait son bonhomme de chemin au sein de l’opposition véritable désormais réunie au sein de l’Union Sacrée, l’on continue néanmoins à entendre ici et là des gens arguer que, en cas de triomphe de la démarche DTE, l’élection d’août 2016 a encore sa raison d’être.

Pire, les tenants de l’approche électoraliste continuent à ne voir aucune incompatibilité entre le triomphe de la DTE et la tenue programmée de l’élection d’août 2016.

Balayons rapidement ce fantasme. Mathématiquement.

CALENDRIER BONGOÏSTE

Commençons par dire que le calendrier électoral qui positionne l’élection présidentielle pour août 2016 est un calendrier bongoïste constitutionnellement et institutionnellement en conformité avec les procédures bongoïstes, ce qui suppose, automatiquement, une élection organisée unilatéralement par le système en place. Le calendrier DTE ne peut se baser sur le calendrier bongoïste.

CALENDRIER DTE

Le calendrier DTE est radicalement incompatible avec le calendrier bongoïste pour des raisons très simples qui partent de deux principes concomitants et mathématiquement inséparables, principes qui ont des conséquences incontournables sur le calendrier électoral:

1) Primo, la procédure DTE suppose la disqualification effective d’Ali Bongo Ondimba de toute prétention de candidature à quelque nouvelle élection présidentielle que ce soit au Gabon. La question devient alors : si l’élection se tenait en août 2016, qui l’organiserait ? Or, cette question est fondamentale car la procédure DTE ne pourrait s’accommoder de simplement disqualifier Ali Bongo pour ensuite laisser le système qui soutient les Bongo organiser une élection avec le même système de fraude en place. La procédure DTE a pour objectif fondamental non seulement de disqualifier Ali Bongo, mais aussi de remettre à plat les institutions aux fins de garantir des élections transparentes. La procédure DTE ne peut donc simplement se contenter de l’élection d’un nouveau président qui viendrait au pouvoir dans le cadre de la constitution actuelle. Ceci parce que, concrètement, cela voudrait dire que ce nouveau président serait élu avec les mêmes pouvoirs de dictature qu’Ali Bongo, sous un système permettant un interminable mandat de 7 ans lui permettant une réélection à vie puisque sans limitation de mandats. Parce qu’élire un président sous la constitution actuelle veut dire, en réalité, élire un autre Bongo, donc mettre un nouveau dictateur au pouvoir, la procédure DTE ne peut s’accommoder d’une élection au Gabon qui ne soit précédée d’une réforme préélectorale à même de ramener le deuxième tour d’élection, limiter les mandats présidentiels à deux au maximum, réduire le mandat présidentiel à 5 ans, réformer la Cour constitutionnelle, la CENAP et tout le reste. Et comme la DTE pense qu’il vaut mieux prévenir que guérir, elle met systématiquement en doute la sincérité de tout homme politique qui voudrait se faire élire sous la constitution dictatoriale actuelle avec la promesse de ne faire qu’un mandat ou de réformer APRÈS l’élection. La DTE pense qu’une fois au pouvoir avec des pouvoirs de dictateur, on ne peut que devenir un dictateur (c’est ce que la Constitution actuelle cause comme conséquence pratique et automatique). D’où l’importance de prévenir toute possibilité de dérive dictatoriale d’un nouveau président par la mise en place d’institutions fortes avant toute nouvelle élection, présidentielle ou autre, au Gabon.

2) Deuxio, la procédure DTE suppose également la chute d’Ali Bongo, donc sa DESTITUTION ou sa démission, ce qui revient au même. La chute d’Ali Bongo suppose, ainsi, que l’élection ne peut se tenir avec Ali Bongo toujours au pouvoir. Or, la chute d’Ali Bongo par le biais des démarches DTE entraîne, automatiquement, et qu’on le veuille ou pas, qu’une TRANSTION soit mise en place qui aurait pour tâche de remettre à plat les institutions et d’organiser, ensuite, et seulement ensuite, des élections transparentes qui soient à même de garantir le choix démocratique des Gabonais. Or, une telle réforme demande forcément et obligatoirement du temps. Autrement dit, quand un régime chute, une telle chute entraîne automatiquement une TRANSITION, donc une rupture, et non la continuité des institutions en place. Or, une transition politique de ce genre a besoin, techniquement et OBLIGATOIREMENT, qu’un gouvernement et des institutions de transition soient mis en place pour conduire les affaires courantes et préparer, après réforme, les élections. Pour réussir une telle transition, il faut du temps, et ce temps, qui peut aller de six à douze mois, imposerait automatiquement que les élections soient repoussées à une date ultérieure, qui pourrait être décembre 2016 ou août 2017, le temps de bien faire ce qu’il y a à faire. C’est cela le calendrier DTE, qui doit impérativement passer de la DESTITUTION d’Ali Bongo et de son système à une TRANSITION qui préparera le pays à des élections transparentes qui donneront alors, dans un contexte propre, la possibilité à ceux qui veulent se porter candidats de se faire élire proprement dans le cadre d’institutions réellement démocratiques.

DESTITUTION ET PRISE DE POUVOIR

Il faut aussi élucider les questions relatives au concept de prise de pouvoir. Les principes DTE ne s’accommodent pas de fantasmes tel qu’on en vit en 2009, où les opposants se satisfirent du statut de « présidents élus » sans pour autant accéder au pouvoir. Maintenant que l’esprit DTE semble avoir conquis les leaders qui comptent dans l’opposition véritable, et maintenant que tous sont convaincus que seule la démarche DTE est à même de restaurer le Gabon dans sa dignité, il est essentiel que le mot « destitution » ne soit pas un simple mot que l’on prononce sans savoir exactement ce que cela veut dire.

Destituer un dictateur suppose qu’il y a eu la mise en place d’un mécanisme insurrectionnel permettant la chute effective du dictateur et, donc, la prise de pouvoir qui transfère l’autorité de l’Etat aux insurgés. Autrement dit :

1) Il ne suffira plus de simplement dire que l’on va demander à l’Assemblée nationale de destituer Ali Bongo, car la question devient alors : que fait-on si l’Assemblée bongoïste refuse ou se trouve dans l’incapacité de le faire ? Si la piste de l’Assemblée nationale existante comme outil de destitution se veut plausible, il faut impérativement imaginer le mécanisme INSURRECTIONNEL qui va FORCER cette assemblée à destituer Ali Bongo et, donc, à ARRACHER l’autorité de l’Etat des mains d’Ali Bongo pour transférer cette autorité aux institutions de transition. Sans ce transfert d’autorité, il ne peut y avoir prise de pouvoir par l’opposition, et sans prise de pouvoir, nous retomberons automatiquement dans des scénarios d’autosatisfaction vides de sens dans le style « oh, c’est tel qui a gagné l’élection et qui est notre « président élu » chargé de diriger le « gouvernement du PNUD ».

2) Il ne suffira plus non plus de simplement dire que l’on va demander au Peuple de destituer Ali Bongo. Là encore, c’est une formule vague. Demander au Peuple est une chose, SOULEVER le Peuple en est une autre. Demander au Peuple est un acte PASSIF. Soulever le Peuple est un acte AGISSANT, donc INSURRECTIONNEL. Cela suppose dire clairement au Peuple ce qu’on attend de lui et l’orienter activement dans ce sens. Pour que le Peuple puisse destituer Ali Bongo, il faut, au minimum, dire à ce peuple quel mécanisme va être utilisé pour destituer Ali Bongo, quel est son rôle dans ce mécanisme et, donc, comment ce mécanisme, au final, va pouvoir causer la chute du régime et, concomitamment, le TRANSFERT d’autorité qui va permettre à l’autorité de transition de prendre le pouvoir et, donc, de gérer et le pays et la transition démocratisante. Sans ce transfert d’autorité, Ali Bongo sera toujours au pouvoir en septembre 2016 et l’opposition se gargarisera encore dans les fantasmes autocongratulants habituels. Or, ces fantasmes ne veulent strictement rien dire en politique s’il n’y a eu aucune prise de pouvoir. Le mécanisme par lequel la prise de pouvoir s’effectuera doit donc être clairement explicité au Peuple. Si, par exemple, on attend du Peuple qu’il se soulève dans le cadre d’une INSURRECTION POPULAIRE comme au Burkina Faso, alors il faut mobiliser le peuple dans le sens du soulèvement et ne plus contredire cette mobilisation par des candidatures aux élections ou des appels à se préparer, quand-même, pour les élections d’août au cas où elles venaient à se tenir. Rien que le fait de supposer une telle option électoraliste veut dire qu’on n’est pas investi à 100% dans la finalité DTE.

La DTE n’a, au final, qu’une seule option et une seule, causer la chute du régime, un point un trait. Ceci parce que, en réalité, toutes les autres options—électoralistes ou autres—qui ne passeraient pas par une insurrection libératrice en bonne et due forme AVANT le vote supposent, automatiquement, la survie du régime Bongo. La DTE ne peut donc perdre son temps dans ce type de fantasmes puisqu’elle sait que seule l’INSURRECTION garantit le changement. Et comme nous savons d’AVANCE que participer à des élections perdues d’avance est une des options qui assurent inévitablement la réélection frauduleuse d’Ali Bongo, une élection où Ali Bongo serait candidat suppose, incontournablement, qu’on a simplement décidé de donner le pouvoir, une énième fois, au clan des Bongo Ondimba, et ce au moins pour les trente années qui viennent. Ces deux choses, donc—élection d’août 2016 et DTE—ne vont tout simplement pas ensemble car les élections d’août 2016 sont incompatibles avec le calendrier DTE, un calendrier qui se doit de causer la chute du régime avant août 2016 pour que cette élection d’Ali Bongo, justement, ne puisse pas se tenir. Et qu’on ne dise pas que c’est impossible ou qu’on n’a plus le temps : au Burkina, cela leur a pris deux semaines pour se défaire d’une dictature militaire.

MATHÉMATIQUE DE LA PRISE DE POUVOIR ET RÔLE DE LA 3e VOIE/DTE

Il est important que tout le monde comprenne qu’il y a un principe mathématique dans l’équation de la prise de pouvoir par l’opposition au Gabon. Ce principe se décline de la manière suivante :

1) Si l’élection se tient en août 2016 avec Ali Bongo comme candidat, alors Ali Bongo sera forcément « victorieux » au sens d’une victoire par la fraude électorale que lui garantit inéluctablement le système bongoïste en place. Sous cette option, aucun opposant ne sera président du Gabon en septembre 2016 et faire croire aux Gabonais qu’on peut gagner contre Ali Bongo dans ce contexte est non seulement un mensonge, mais aussi est un crime contre le Gabon et, partant, un aveu de complicité avec le régime en place.

2) Si l’élection se tient en août sans Ali Bongo, mais avec Ali Bongo toujours au pouvoir et le système Bongo resté intact et toujours en place, alors aucun opposant, ici encore, ne sera président du Gabon en 2016 puisque le système de fraude s’activera toujours pour mettre au pouvoir un homme du régime placé au pouvoir pour protéger les intérêts du régime et des Bongo dans le cadre d’une transition de palais organisée, depuis l’intérieur, par le régime lui-même. Ce sera alors toujours un régime Bongo sans les Bongo eux-mêmes aux commandes, du moins officiellement.

3) Par contre, si l’élection se tient sans Ali Bongo comme candidat et sans Ali Bongo au pouvoir, nous aurons une situation de chute du régime. Or, qui dit chute du régime dit forcément une réforme électorale et constitutionnelle qui garantirait des élections transparentes. Il n’y a que sous ce scénario qu’il existe une garantie mathématique que ce sera un opposant qui veillera à la destinée nationale du Gabon dès 2016 ou 2017, suite à une transition.

La seule manière, donc, de garantir la prise de pouvoir par un opposant est donc de:

1) disqualifier Ali Bongo : ceci assure qu’il ne sera pas candidat et donc ne pourra plus être président du Gabon après août 2016;

2) causer la chute d’Ali Bongo et, partant, de son système, ce qui suppose automatiquement une remise à plat des institutions de la République et la garantie de la prise de pouvoir par l’opposition suite à une élection transparente qui serait organisée par l’autorité de transition que l’opposition mettrait en place dès la prise de pouvoir insurrectionnelle.

Pour ma part, et pour la part de tous ceux qui, dans le cadre de la dynamique 3e Voie/DTE, travaillent avec moi à rendre possible le triomphe total de la procédure DTE au Gabon, il s’agit de renforcer et consolider les contours idéologiques qui sous-tendent la démarche DTE auprès des leaders de l’opposition et de la section du Peuple, majoritaire d’ailleurs, qui partagent ces idées, et dont nous saluons au passage la détermination et le courage de désormais aller au bout de la logique insurrectionnelle. Nous allons nous investir dans les semaines qui viennent à accorder nos violons avec les leaders de l’Union Sacrée en vue de leur proposer les mécanismes qui garantiront non seulement le déclic insurrectionnel sans lequel il n’y aurait aucune possibilité de changement au Gabon, mais aussi la prise effective du pouvoir par le peuple et pour le peuple. Avant l’élection bongoïste d’août 2016.

Dr. Daniel Mengara
Porte Parole de la dynamique 3e Voie/DTE
Président du mouvement « Bongo Doit Partir-Modwoam »

P.O. Box 3216 TCB
West Orange, New Jersey 07052
USA
Tél. : 973-447-9763

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