Des partisans de l'opposant Jean Ping sont toujours retenus dans son quartier général, qui avait été pris d'assaut jeudi.Des partisans de l'opposant Jean Ping sont toujours retenus dans son quartier général, qui avait été pris d'assaut jeudi. afp.com/MARCO LONGARI

La victoire proclamée du président sortant Ali Bongo à l’élection présidentielle au Gabon a déclenché depuis deux jours des émeutes à Libreville la capitale. L’opposant Jean Ping et ses partisans contestent les résultats d’une élection qu’ils jugent truquée.

Michel Galy, politologue spécialiste de l’Afrique et chercheur au centre d’études sur les conflits à Paris, a estimé vendredi sur franceinfo que les manifestants veulent “mettre fin” au “despotisme” et “à un régime d’inégalités qui dure depuis 50 ans”.

Ces émeutes sont-elles différentes de celles de 2009 ?

“Derrière Jean Ping, il y a ses partisans, ses proches mais aussi ceux de l’opposition classique qui se sont ralliés à lui et sans doute la partie la plus pauvre de la population qui veut tout simplement mettre fin, non seulement au despotisme, mais à un régime d’inégalités qui dure depuis 50 ans, Bongo père et Bongo fils”

Cette violence est-elle spontanée ou téléguidée par les deux camps ?

“Du côté de Bongo, c’est tout simplement l’armée et la police, ce sont les forces de répression, donc téléguidées elles le sont certainement. Du coté de Jean Ping, c’est beaucoup plus difficile. Le régime tend à criminaliser les manifestations, mais ce sont des manifestations politiques. Qu’il y ait des casseurs et des pilleurs, c’est possible mais l’ensemble des manifestants, ce sont des opposants politiques. ”

Est-ce que cette élection a été truquée ?

“Le problème c’est la province d’origine de la famille de Bongo qui sont de Haut-Ogooué où il y a un soi-disant taux de participation à 100% et 98 % pour Ali Bongo. Ce qui est impossible de l’avis de tous. Quand c’est la France, l’Union européenne et les Etats-Unis qui réclament le recomptage des voix, cela fait sourire les observateurs car dans la crise de la Côte d’Ivoire, on l’a refusé. C’est sans doute instrumentalisé par les puissances extérieures”.

La crise au Gabon ne sonne-t-elle pas la fin de la Françafrique ?

“Chaque fois on dit la Françafrique c’est avant, c’est fini, et il va y avoir autre chose mais malheureusement, on constate que c’est une structure de dépendance, de violence, de coercition qui persiste. Je ne vois pas pourquoi cela s’arrêterait sauf s’il y a des forces d’opposition à la fois en France et en Afrique subsaharienne qui mettent fin à ce système”.

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