Ali Bongo Ondimba (à gauche) et Jean Ping, se disent tous deux gagnants de l'élection présidentielle gabonaise d'août 2016. © REUTERS/Stringer/AFP/KenzoTribouillard/Montage RFI

VIDÉO – Le président, dont la réélection est contestée, a affirmé mercredi qu’il n’y aurait de nouveau décompte des suffrages qu’en cas de saisine de la Cour constitutionnelle. Selon lui, six personnes possédant les nationalités française et gabonaise ont été arrêtées durant les heurts.

Son pays est toujours sous tension mais Ali Bongo cherche à rassurer. Le président gabonais, dont l’annonce de la réélection a provoqué des émeutes, s’est dit «serein» mercredi matin. Le responsable africain s’exprimait pour la première fois dans les médias français (RTL, Europe 1 et RFI) depuis le scrutin du 27 août. «Le chaos ne va pas s’installer; les Gabonais ont repris le chemin du travail», a-t-il affirmé sur RTL, reprochant à son opposant Jean Ping, qui revendique la victoire, d’avoir appelé à une grève générale. «Je serai le président de tous les Gabonais», a-t-il assuré, refusant néanmoins de s’engager à nommer Jean Ping comme premier ministre.

Mardi, l’Union européenne a dénoncé une «anomalie évidente» dans les résultats obtenus par Bongo dans son propre fief. Dans la province du Haut-Ogooué, selon les résultats officiels provisoires, où le président sortant a obtenu 95% des suffrages. Un résultat qui lui permet d’être réélu d’une courte tête (5594 voix d’avance). «Si on veut relever les anomalies, il faut être clair, équilibré et relever toutes les anomalies si on en a constaté», a pointé Ali Bongo, soupçonnant la mission d’observation de l’UE d’être partiale. «En matière de résultats, c’est curieux aussi qu’on ne regarde pas les résultats dans d’autres endroits du territoire où monsieur Ping a fait les 100 %», s’est il défendu sur RFI.

«La bi-nationalité ne saurait être un motif pour violer les lois et se comporter tel qu’ils l’ont fait»
Ali Bongo sur l’attitude présumée de ressortissants français

Le responsable a accusé son adversaire d’avoir orchestré des fraudes électorales. «Nous sommes devant un complot qui visait à truquer une élection et prendre le pouvoir par ce biais», a-t-il attaqué sur Europe 1. Il se dit prêt à ce que le Conseil constitutionnel recompte les voix et «confirme» son élection, et renvoie la responsabilité à Jean Ping. «En ce qui concerne le recomptage, ceci est prévu dans le cadre de la loi et se fait au niveau de la Cour constitutionnelle (…)», explique-t-il. L’opposition, qui a jusqu’à jeudi pour déposer un recours, estime que la Cour est «inféodée à la présidence.»

Sur le dossier sensible de la quinzaine de ressortissants français dont le Quai d’Orsay reste sans nouvelle, Ali Bongo a fait savoir qu’ils avaient participé aux manifestations, mais que seuls six d’entre eux ont été arrêtés. «Ils sont parmi tous ceux qui ont cassé et pillé, et donc ils ont été arrêtés dans ce cadre-là. Sur le territoire gabonais, nous reconnaissons d’abord la nationalité gabonaise, et pas une autre. Donc, dans ce cadre-là, ils sont traités comme tous les Gabonais. (…) La bi-nationalité ne saurait être un motif pour violer les lois et se comporter tel qu’ils l’ont fait. Si un Gabonais qui avait la nationalité française sur le territoire français commettait de tels actes, il serait arrêté.» Le camp de Jean Ping avance 50 à 100 morts liés aux émeutes, Ali Bongo a lui «déploré trois décès et une centaine de blessés».

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