De violentes manifestations, réprimées dans le sang, ont secoué le Gabon d’Ali Bongo et la République démocratique du Congo de Joseph Kabila ces derniers jours. Les opposants dénoncent la mainmise sur le pouvoir de ces deux présidents, qui ont succédé à leur père en tant que chef d’État.

Au Gabon, les affrontements entre les opposants à Ali Bongo et les forces de l’ordre ont éclaté le 1er septembre, au lendemain de l’annonce de la « réélection » du président sortant. Au moins 7 personnes ont été tuées au cours de ces violences qui ont duré plusieurs jours. De son côté, l’opposition évoque plus de 50 victimes.

Avec 49,80 % des voix pour Ali Bongo et 48,23 % pour le leader de l’opposition Jean Ping, la victoire du président sortant, qui s’est jouée à quelques milliers de voix, est entachée de très forts soupçons de fraudes, notamment dans la région du Haut-Ogooué.

Région du Haut-Ogooué : 95,46 % des électeurs pour le président sortant

Dans ce fief familial de la dynastie Bongo (Omar Bongo, le père d’Ali Bongo, a dirigé le pays de 1967 jusqu’à sa mort, en 2009), 95,46 % des électeurs auraient voté pour le président sortant. Et la participation aurait atteint le seuil astronomique de 99,83 % contre 59,4 % au niveau national. Un résultat miraculeux – seules 50 personnes ne seraient pas allées voter sur les 71 714 électeurs inscrits – qui a fait opportunément pencher la balance en faveur du candidat au pouvoir.

En Afrique centrale, des présidents sont en poste depuis des années.La Cour constitutionnelle doit se prononcer ce vendredi sur un éventuel recomptage des votes dans le Haut-Ogooué, demandé par Jean Ping. Une décision qui pourrait déclencher une nouvelle flambée de violence si la demande du leader de l’opposition était refusée par la plus haute juridiction du pays, traditionnellement favorable au pouvoir en place.

Troubles meurtriers à Kinshasa

La République démocratique du Congo est, elle aussi, le théâtre de violences à caractère politique depuis le 19 septembre. Plusieurs jours d’affrontements entre des membres de l’opposition et les forces de l’ordres ont fait au moins 30 victimes à Kinshasa, selon le décompte de la police, accusée par les opposants de minimiser les chiffres. Trois sièges de partis d’opposition ont également été brûlés.

Des heurts ont eu aussi lieu dans d’autres villes de cet immense pays sans qu’on puisse donner de chiffres pour les victimes.

La Constitution interdit à Kabila de briquer un 3e mandat

Les opposants à Joseph Kabila réclament le départ du président à la fin de son second mandat, le 20 décembre, et l’organisation d’une élection présidentielle avant cette date. La Constitution interdit en effet à Joseph Kabila de briguer un troisième mandat. Pourtant, celui-ci ne donne aucun signe de vouloir quitter son poste et repousse la tenue de l’élection présidentielle, conforté par une décision de la Cour constitutionnelle qui lui permet de se maintenir à la tête du pays en cas de report du scrutin…

Des autocrates qui restent en place

L’Afrique centrale est l’une des régions du monde où les autocrates ont le plus de mal à passer la main. Si la dynastie Kabila est là depuis 20 ans au Congo RD et la dynastie Bongo depuis 49 ans au Gabon, le Togo n’est pas loin avec 48 ans pour les Eyadema.

Tout près, José Eduardo Dos Santos est en place depuis 37 ans en Angola, Denis Sassou-Nguesso depuis 31 ans au Congo-Brazzaville, Yoweri Museveni (Ouganda) depuis 30 ans, Robert Mugabe (Zimbabwe) depuis 28 ans, Omer el-Béchir (Soudan) depuis 27 ans, Paul Biya (Cameroun) et Idriss Déby (Tchad) depuis 25 ans …

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