Le jeune parti ayant soutenu à la présidentielle d’août 2016 Guy Nzouba Ndama puis Jean Ping a décliné l’invitation faite par Ali Bongo dans le cadre du dialogue politique qu’il entend organiser. Il s’est dit fidèle à Jean Ping, son «président élu».

Le Rassemblement héritage et modernité (RHM) n’ira pas au dialogue national appelé par Ali Bongo pour tenter de trouver des voies de sortie à la crise sociopolitique issue du scrutin présidentiel du 27 août 2016. La décision a été prise le 7 novembre au terme des travaux du bureau politique dudit parti. La principale raison évoquée : l’absence de légitimité du président de la République.

Pour les responsables du RHM, seul Jean Ping, qu’ils présentent comme «le président élu», est habilité à convoquer une telle discussion. Or, prendre part aux pourparlers d’Ali Bongo reviendrait, ont-ils estimé, à «brader la victoire» de l’ancien président de la commission de l’Union africaine, et à «absoudre (Ali Bongo) de toutes les abominations» vécues par certains depuis le 31 août 2016. De même, selon eux, les autorités ne montrent aucun signe d’une volonté d’apaisement du climat sociopolitique au regard «des arrestations arbitraires, des emprisonnements, des tortures et des assassinats de nombreux compatriotes» enregistrés depuis ces derniers mois. Un «climat de répression jamais égalée s’abat dans le pays», a regretté Alexandre Barro Chambrier, le président du Rassemblement héritage & modernité.

Pour sa part, Michel Menga, Secrétaire général du RHM, n’a pas caché sa réticence à l’égard de l’initiative du chef de l’Etat. «Il y a derrière l’appel au dialogue d’Ali Bongo quelque chose qui n’est pas sain. Il faut qu’il arrête de prendre les Gabonais pour des enfants, incapables de décrypter des choses. Ce dialogue n’est pas sincère en plus de ne pas être approprié», a déclaré l’ancien député démissionnaire de Cocobeach, qui s’est défendu d’être foncièrement contre le dialogue.

Au cours d’une sortie, le 8 novembre au siège de leur parti à Libreville, les responsables du RHM n’ont pas manqué de se moquer du gouvernement, notamment sur les questions liées au monde scolaire et universitaire, aux inondations enregistrées à Libreville ces derniers jours et à l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations (Can) de football. «L’Etat a failli. Il a échoué malgré nos mises en garde à l’Assemblée nationale», a tranché Alexandre Barro Chambrier.

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