Bruno Ben Moubamba, ministre de l'Urbanisme

Lors d’une rencontre avec les squatters de Bikélé et d’Angondjé, le lundi 14 novembre, le vice-Premier ministre, chargé de l’Urbanisme, de l’Habitat social et du Logement, a voulu «dire qui il est» et pourquoi il a accepté d’entrer au Gouvernement.

Le vice-premier ministre vient de faire une sortie qui lézarde le principe de la solidarité gouvernementale. Au cours d’une réunion portant sur déguerpissement des squatters d’Alhambra (Agondjé) et de Bikélé qui font de la résistance, Bruno Ben Moubamba a laissé échapper ses convictions.

S’il a bien commencé par affirmer que «force doit rester à la loi, qu’il est pour la dictature de la loi, et que tout sera fait pour que les squatters quittent les lieux». Bruno Ben Moubamba a pris la décision d’accorder un délai supplémentaire de 15 jours à tous les squatters, c’est-à-dire jusqu’au 30 novembre. «Au-delà de cette date, a-t-il précisé, les squatters seront déguerpis par la force publique». Précisant qu’il sort lui aussi des mapanes, il a dit ne pas comprendre pourquoi de nombreux compatriotes s’obstinent à ne pas respecter la loi.

Mais sans trop savoir pourquoi, l’ancien candidat à l’élection présidentielle a saisi cette occasion pour dire ses «quatre vérités» à l’assistance. D’abord, il ne vendra aucune terre pour s’enrichir. Pas gêné du tout que sa ministre déléguée soit membre du Parti démocratique gabonais (PDG), Bruno Ben Moubamba a asséné des coups : «je ne suis pas PDGiste, je ne suis pas venu au gouvernement pour être milliardaire dans six mois, je le dis devant les médias, je n’ai pas cette culture-là ; ce n’est pas le gouvernement qui me nourrit, je suis au gouvernement au moment où les vaches sont maigres ; je suis au gouvernement parce que j’ai vu que mon pays était en danger, les opposants que les Gabonais suivent veulent faire couler le sang pour parvenir au pouvoir, moi je ne suis pas de ceux-là, mais je combats le système Bongo-PDG qui a fait du tort à ce pays».

Le numéro deux du gouvernement est-il allé plus loin dans ses propos ou c’est pour bien se démarquer du pouvoir et sauvegarder ses oripeaux d’opposant.

«Il s’agit vraisemblablement d’un dérapage contrôlé, mais cette sortie de route peut lui coûter cher», estime un des directeurs généraux ayant pris part à la réunion.

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