Répondant le 3 février 2017 aux parlementaires européens ayant adopté une résolution contre le Gabon, le porte-parole du gouvernement, Alain-Claude Bilie-By-Nze a annoncé que l’accord de Cotonou régissant la coopération entre l’Afrique, les Caraïbe et le Pacifique (ACP) et l’Union Européenne (UE) sera examiné afin de déterminer «si nous devons poursuivre cette coopération».

Le gouvernement gabonais, par la voie de son ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, a répondu comme on pouvait s’y attendre aux parlementaires européens. Cette sortie fait suite à l’adoption d’une résolution sur le Gabon remettant en cause la légitimité du président de la République. Une résolution consécutive à l’élection présidentielle très contestée dans le pays.

Dans une communication aux allures d’une contre-attaque musclée, le ministre de la communication, porte-parole du gouvernement a d’abord fait remarquer que «certains parlementaires ont fait preuve, depuis le début, d’un activisme et d’un zèle que rien ne justifie». Il explique qu’après avoir échoué à faire adopter plusieurs résolutions aux Nation unies, à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) à Madagascar, à Nairobi, au Kenya, lors du sommet des ACP-UE, «les députés européens, manifestant un acharnement sans précédent ont donc adopté une résolution appelant le Conseil européen à se saisir du cas du Gabon».

Face à cela, il rappelle que «le Gabon est un Etat souverain qui exerce pleinement ses droits». Le porte-parole du gouvernement estime que Libreville réexaminera l’accord de Cotonou. : «Nous allons examiner toutes les implications de cet accord et nous détermineront en temps opportun si nous devons poursuivre cette coopération». Selon lui, «la coopération bilatérale ou multilatérale repose sur un intérêt mutuel». «Chacun doit pouvoir évaluer en toute sérénité et en toute responsabilité ce qu’un accord apporte à son pays ou à son organisation», a-t-il indiqué, prévenant qu’il reviendrait également sur l’accord de pêche avec l’UE.

Revenant sur cette coopération et surtout sur la part du Gabon dans le 11e Fonds européen de développement (11e Fed), Alain-Claude Bilie-By-Nze parle de «part congrue». Le Gabon reçoit, selon le membre du gouvernement, 8 milliards de francs CFA des aides apportées à l’Afrique y compris aux pays dits à revenus intermédiaires. Il illustre ce déséquilibre par les chiffres des autres pays (Afrique de l’ouest : la République du Mali, 403 milliards de francs CFA, le Sénégal, 228 milliards de francs CFA, la Côte d’Ivoire, 179 milliards de francs CFA. Afrique centrale, le Cameroun reçoit 185 milliards de francs CFA, le Congo, 67milliards de francs CFA). «Nous allons examiner les suites à donner à une coopération au nom de laquelle certains voudraient s’arroger le droit de distribuer les bons points et les certificats de démocratie», a-t-il ironisé.

Dans la même veine, Bilie-By-Nze a indiqué que «le gouvernement de la République tient à rappeler que les députés européens ne sont pas élus par les populations gabonaises» et «rien ne leur donne le droit de décider de qui est démocrate et de qui ne l’est pas. Rien ne leur donne le droit non plus de distribuer les bons points aux peuples africains, sauf à considérer que du seul fait d’être députés européens, ils exerceraient une sorte d’ascendance morale sur les peuples du monde entier». Réfutant ce «comportement que rien ne justifie», il n’a pas manqué d’ironiser sur la démocratie européenne traversant actuellement une crise de valeurs, de même que l’UE avec le retrait de la Grande-Bretagne.

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