La justice, saisie par le parti d’opposition Alliance démocratique, demande au chef de l’État sud-africain de lui fournir les documents sur lesquels il s’est basé pour décider du remaniement gouvernemental du 31 mars dernier.

Un peu plus d’un mois après les faits, la pilule du remaniement gouvernemental opéré par Jacob Zuma fin mars a encore du mal à passer. Ce jeudi 4 mai, la justice sud-africaine a sommé le chef de l’État sud-africain de publier les documents ayant justifié cette décision.

Celle-ci avait notamment conduit à l’éviction du respecté ministre des Finances, Pravin Gordhan, et à de nombreux mouvements de protestation populaire. La nouvelle avait également eu pour effet de crisper les agences de notation financière, qui avaient immédiatement abaissé la note spéculative d’un pays déjà en plein marasme économique.

Des documents exigés

Saisi par le principal parti d’opposition, l’Alliance démocratique (DA), un juge du tribunal de Pretoria a exigé du chef de l’État qu’il remette au plaignant « tous les documents et enregistrements électroniques » liés au remaniement.

L’un des responsables du parti, James Selfe, s’est déclaré « enchanté » par la décision du juge Bashir Vally. « C’est une victoire non seulement pour la DA mais aussi pour tous les Sud-Africains, qui méritent de connaître les raisons de cette désastreuse décision du Président », a-t-il précisé auprès de l’AFP.

De leurs côtés, les avocats de Jacob Zuma ont expliqué ce jeudi 4 mai devant le tribunal que le chef de l’État avait remanié son gouvernement en vertu des pouvoirs que lui confère la Constitution.

Une fronde grandissante

Depuis plusieurs mois, Jacob Zuma est la cible d’une fronde grandissante émanant aussi bien de la classe politique que de la société civile.

Plusieurs partis d’opposition, dont l’Alliance démocratique, ont déposé au Parlement une nouvelle motion de défiance contre lui. La date de son examen est toutefois suspendue à une décision de la Cour constitutionnelle qui doit examiner le 15 mai une requête de plusieurs partis d’opposition réclamant que les députés puissent s’exprimer à bulletin secret sur le sujet.

Le 1er mai dernier, le président sud-africain a été hué au moment de prononcer un discours à Bloemfontein, dans le centre du pays, dans le cadre d’un rassemblement organisé par la puissante centrale syndicale Cosatu, alliée du parti de Jacob Zuma.

Jeune Afrique avec AFP

RÉAGIR

Please enter your comment!
Please enter your name here