Le ministre Christian Magnagna (à gauche) et son premier ministre Emmanuel Issozet-Ngondet

Le ministre gabonais des Mines, Christian Magnagna, a créé la polémique ce dimanche 4 juin en remettant une somme de 10 000 € (environ 6,5 millions FCFA), en espèces, à des personnes venus l’écouter lors d’une rencontre partisane à Paris (France). Outre le soupçon de clientélisme politique, la distribution d’une telle somme en France, où la loi oblige les banques à communiquer systématiquement à Tracfin toutes les opérations espèces supérieures à 1 000 € (environ 650 000 FCFA) pour les diligences anti-blanchiment, n’a pas manqué d’attirer l’attention.

Le ministre gabonais Christian Magnana et son Premier ministre, Emmanuel Issozet-Ngondet, sont des hommes généreux. De passage à Paris avec d’autres personnalités gabonaises parmi lesquelles Arnaud Egandji, le Directeur de Gabon oil company (COG) et Serge Williams Akassaga, l’ancien maire controversé du 2e arrondissement de Libreville, les deux ministres ont convenu de faire un geste à leurs soutiens qui avaient bravé la pression et les outrances des opposants venus manifester devant le lieu de leur rencontre.

Un don critiqué sur les réseaux sociaux

« De manière symbolique, à la demande de Monsieur le Premier ministre, qui a agi bien sûr et vous vous doutez bien, sur ordre de Monsieur le Président de la République, son excellence Ali Bongo Ondimba, notre champion, j’ai l’honneur de remettre au secrétaire général du Parti démocratique gabonais un montant de 10 000 € », a affirmé Christian Magnana devant l’assistance en donnant une imposante enveloppe d’argent liquide.

Cette annonce a été accueillie sous une salve d’applaudissements par les personnes présentes dans la salle visiblement satisfaites de pouvoir se partager, in situ, cette somme d’argent. Cependant, à l’extérieur ce don a suscité la colère chez les opposants qui s’étaient réunis pour protester contre la présence de dirigeants gabonais en France avant de prendre de l’ampleur sur les réseaux sociaux.

En effet, certains y voient un gaspillage d’argent public, d’autres de l’achat de conscience, d’autres encore déplorent que des membres du gouvernement puissent faire des dons de ces montants en France alors que le Gabon vit actuellement une situation difficile.

En France, Tracfin, l’agence gouvernementale en charge de la lutte contre le blanchiment d’argent, fait de la réception et de l’utilisation d’espèces un élément central de sa lutte contre les flux financiers illicites. Depuis le 1er avril 2014, la surveillance des opérations réalisées en espèces en France a été renforcée avec l’entrée en application des dispositions de l’article D. 561-31-1 du Code monétaire et financier. Cet article fait obligation aux banques, aux sociétés de transferts, etc. de communiquer à Tracfin les opérations espèces supérieures à 1 000 € et à 2 000 € sur un mois.

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