Le bâtiment de la Radio et Télévision nationale gabonaise, le 16 juin 2017 à Libreville afp.com/STEVE JORDAN

Un commando puissamment armé a pris d’assaut plusieurs chaînes de télévision pour y faire diffuser des messages anti-Bongo. Dans la vidéo passée en boucle, l’ex-candidat à la présidentielle d’août dernier exigeait la démission d’Ali Bongo dans 72 heures.

L’ultimatum d’un commando à Ali Bongo à la télévision

La lutte politique au Gabon est décidément en train de prendre une tournure des plus dangereuses. En effet, un commando armé de revolver, d’engin explosif et de plusieurs armes blanches s’en sont pris à plusieurs chaînes de télévision à Libreville. Sous la menace des armes, les quidams ont contraint le personnel à diffuser une vidéo de Roland Désiré Aba’a Minko. Ainsi, que le relate Franck Nguema, directeur général de la chaîne TV+ : « Ils étaient six, sept, en comptant le chauffeur. Ils sont entrés armés et cagoulés et ont exigé du personnel présent qu’ils diffusent une vidéo. » Avant d’ajouter : « Ils ont forcé les agents à mettre la vidéo en boucle, leur ont demandé de quitter les locaux. Puis, ils y ont laissé un engin explosif. »

Dans le message vidéo, l’opposant rallié à Jean Ping exigeait la démission du président Ali Bongo Ondimba dans les 72h. Sans quoi, il ferait sauter chaque jour des bâtiments administratifs qu’il a préalablement piégés. Il se serait réfugier à l’ambassade de France au Gabon, puis à la délégation de l’Union européenne (UE).

En fin de compte, il y a eu plus de peur que de mal. Car au bout de 16 minutes de diffusion, la direction de la chaîne privée a réussi à interrompre l’alimentation électrique. Les bâtons de dynamites laissés sur place n’ont pas explosé, faute de raccordement des câbles. Cette même scène digne d’une attaque terroriste s’est également produite à Africa N°1, Gabon TV et Kanal 7. Mais en fin de compte, « tout est rentré dans l’ordre aux alentours de midi », rassure M. Nguema.

Le camp Bongo et le camp Ping se rejettent les responsabilités

Par ailleurs, les autorités gabonaises voient derrière ces agissements, des mains occultes de Jean Ping, candidat malheureux à la présidentielle. A en croire Alain-Claude Billie-By-Nzé, porte-parole du gouvernement : « Ce monsieur n’en a pas fait mystère. C’est en son nom qu’il a parlé. » Poursuivant, il déclare : « Il s’agit là de l’aboutissement de ce à quoi conduit le discours de haine porté par monsieur Ping depuis plusieurs années. » Puis, il ajoute que le dossier est aux mains de la justice gabonaise qui saura bien l’instruire.

Cependant, le camp Ping réfute ces accusations qui relèverait d’un complot pour détourner l’attention de la mission de la Cour pénale internationale (CPI) qui est en route pour le Gabon. Ainsi, Anaclé Bissielo de la cellule de communication de Jean Ping « dénonce la confusion de la situation ainsi créée qui pourrait justifier l’escalade de la dérive autoritaire et antidémocratique, y compris l’instauration d’un régime d’exception. »

Quoi qu’il en soit, aucune interpellation n’a pour l’instant été opérée. Les Gabonais retiennent donc leurs souffle quant à la suite de ces évènements.

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