Invitant ses partisans de la diaspora à entrer dans l’ère de «la reconstruction» après 50 semaines de résistance au régime en place au Gabon, l’opposant semble avoir mis de l’eau dans son vin. Certains le soupçonnent d’être désormais disposé à discuter avec son rival politique Ali Bongo.

La médiation envisagée par Jean de Dieu Moukagni-Iwangou, pour tenter de trouver une entente entre Ali Bongo et Jean Ping dans le cadre d’une éventuelle sortie de crise a-t-elle déjà commencé à porter ses fruits ? Lundi 14 août, le président de l’aile dite «loyaliste» de l’Union du peuple gabonais (UPG) a prévu de communiquer officiellement sur la question dans les jours qui viennent. Mais avant, sur sa page Facebook, quelques lignes n’ont pas manqué d’attirer l’attention. Celles-ci n’évoquent que trop bien la sortie de Jean Ping, le samedi 12 août. Le président de l’UPG évoque «une accélération de l’histoire». Un «tournant de l’histoire, qui semble suivre les courbes préconisées par l’Agenda de sortie de crise» initié par son parti.

Or, pour beaucoup, à l’opposition comme dans la majorité, la fin de «la résistance» sonnée, le week-end dernier, par l’ancien candidat de l’opposition à la présidentielle d’août 2016 apparaît comme un véritable tournant de la crise politique issue de cette élection. En appelant implicitement ses partisans de la diaspora à abandonner leurs différentes actions menées dans leurs pays d’accueil depuis 56 semaines, Jean Ping semble laisser toutes ses chances à la discussion. Il propose désormais d’entrer dans l’ère de «la reconstruction». Pour lui, «notre vivre ensemble est à reconstruire pour renouveler assurément les fondations matérielles et spirituelles du pays».

Dès lors, de nombreuses questions se posent. Le rival d’Ali Bongo a-t-il décidé de mettre de l’eau dans son vin ? Est-il désormais disposé à discuter avec celui dont il continue de contester la légitimité à la tête du Gabon ? L’ancien diplomate aurait-il accepté un poste aux côtés du président de la République ? Le mystère sur les raisons de son revirement demeure.

Pour l’heure, l’opposant semble convaincu que «la reconstruction» reste le meilleur moyen pour ses partisans et lui d’arriver à leur principal objectif : le départ d’Ali Bongo. Si tant est que celui-ci est encore d’actualité. N’empêche, la reconstruction que prône Jean Ping, «ce n’est pas seulement une reconstruction matérielle». Il propose maintenant à chacun de ses soutiens de se reconstruire personnellement. Les jours qui viennent devraient permettre d’expliciter son propos.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here