Le Dr. Daniel Mengara, Leader du mouvement Bongo Doit Partir-Modwoam, dans la salle des conférences de l'Eisenhower Executive Office Building à la Maison Blanche lors de la rencontre entre les responsables de la Maison Blanche et les leaders de la diaspora africaine aux Etats-Unis à Washington le 22 février 2016

J’écris principalement ici pour clarifier la polémique citoyenne née des publications de deux de nos compatriotes les plus estimés pour la clarté souvent saluée de leurs arguments, notamment Sieur Germain NDOUNA, qui a publié sur sa page Facebook ce mercredi 9 août 2017 un article sous le titre de « La Conspiration permanente : du dialogue politique à la “médiation internationale” » et Jean de Dieu Moukagni-Iwangou, président de l’UPG, qui y a fait réponse le lendemain dans un texte intitulé « De la conspiration permanente : Il faut démêler l’écheveau ».

Car une fois que l’on a délesté ce débat de son écume, on retombe sur un fond qui, hélas, se risque de se retrouver parsemé d’obscurantisme et, donc, de raisonnements absurdes, si personne ne prend la peine de le clarifier.

Je me chargerai, donc, ici, de décortiquer la mathématique politique de ce débat, aux fins d’en clarifier objectivement les fondamentaux tout autant que les fondements.

PARTIE 1: CHASSER LES OBSCURANTISMES

Sous le texte du premier se trouve un prédicat hautement simpliste et, donc, dangereux, qui se résume aisément en ceci:

1) Jean Ping a gagné l’élection du 27 août 2016.

2) Et parce que Jean Ping a gagné cette élection, aucun autre argument, aucune autre formule, aucune autre démarche libératrice n’est acceptable si elle ne contient pas, en ses fondements, la garantie de la prise de pouvoir par Jean Ping, le président élu par le peuple gabonais. Autrement dit, dès lors qu’une telle démarche contiendrait la contrepartie que Jean Ping, dans ce contexte, ne deviendrait pas président du Gabon, les Gabonais doivent la refuser même si cette démarche contenait la garantie mathématique de chasser les Bongo du pouvoir. C’est Ping ou rien.

3) Le pays doit, par conséquent, ne travailler que pour mettre Jean Ping au pouvoir et, donc, tant que Jean Ping n’a pas pris ce pouvoir, le pays doit rester bloqué ou polarisé sur un contentieux politique national qui doit, obligatoirement, faire du contentieux Ping-Bongo le contentieux de tous les Gabonais, Gabonais qui doivent, donc, de peur d’être taxés de collaborateurs au service d’Ali Bongo, impérativement se mettre au service de la prise de pouvoir par Jean Ping et, qu’ils aient voté pour Ping ou non, obligation leur est faite de se détourner de toute autre voie, de toute autre tentative, de toute autre démarche, tout simplement parce que Ping, l’élu du Peuple, a gagné. Dans cet impératif du combat tel qu’imposé à tous par les pingouins, combat qui doit s’enfoncer bon gré mal gré dans la gorge de tous comme des oies que l’on fourrerait, tous ceux qui ne sont pas inféodés à Jean Ping pour la prise de pouvoir de Jean Ping sont forcément contre la libération du Gabon et, donc, travaillent pour Ali Bongo.

Et voilà la libération du Gabon essentiellement liée et, donc, conditionnée à la prise de pouvoir par Jean Ping. Autrement dit, si Ping ne prend pas ce pouvoir, personne d’autre ne sera autorisé à le prendre. En français simple et décortiqué, cela veut dire, si c’est pas Ping, alors on garde Ali Bongo car on n’est prêt à accepter personne d’autre que Jean Ping pour remplacer Ali Bongo (j’y reviens plus bas).

C’est là, essentiellement la substance qui ressort du texte de notre jeune ami. Cette substance est excessivement dangereuse. Pour le Gabon. Pour tous. Y compris pour les pingouins eux-mêmes.

Pourtant, personne ne dispute que Jean Ping ait gagné en août 2016, tout comme personne, je crois, ne dispute que Paul Mba Abessolo, Pierre Mamboundou et André Mba Obame aient gagné en 1993, 1998/2005, 2009, respectivement. Ce qui est disputé, par contre, c’est la capacité de Jean Ping à prendre le pouvoir dans le contexte politique qui est celui du Gabon aujourd’hui (un an après), avec les méthodes « molles » qui sont les siennes aujourd’hui (tout attendre des carnets d’adresses et de la communauté internationale). Comme je l’ai toujours dit, même un chien gagnerait devant les Bongo si l’élection était transparente et, donc, gagner contre les Bongo n’a jamais été un exploit puisque d’autres, avant Jean Ping, ont affirmé cette prétention. Sauf si, parce que c’est Jean Ping, on veut maintenant affirmer que le seul qui ait jamais vraiment gagné devant les Bongo, c’est Jean Ping, les victoires de Paul Mba Abessolo (1993), Pierre Mamboundou (1998, 2005) et Mba Obame (2009) n’étant, dans ce cas, que des mensonges concoctés par ceux qui en veulent à Jean Ping. Mais si nous reconnaissons, comme nous le croyons, que tous les prédécesseurs de Jean Ping sus-cités ont gagné face aux Bongo, la victoire de Jean Ping devient un fait banal. Ce qui serait un exploit, cependant, c’est que Jean Ping puisse prendre le pouvoir là où d’autres ont échoué. Or, sur ce plan, Jean Ping, comme tous les autres, a failli et sa « présidence élue », comme celle de tous ses prédécesseurs, a, mathématiquement, une durée de vie connue d’avance: au minimum, un an, au maximum, cinq ans (j’y reviens plus bas).

On voit donc déjà, à partir de là, se dessiner en le raisonnement de notre jeune ami le type de faiblesse épistémologique que seule la fougue d’une jeunesse frustrée par les atermoiements des aînés peut aider à expliquer. L’on peut comprendre, voire même excuser, cette légitime frustration. Mais l’on aurait envie, d’emblée, et dès lors, de montrer à notre jeune homme le cimetière encombré d’anciens « présidents élus » qui, ayant précédé Jean Ping en ce mur des lamentations électoralistes qu’est le Gabon des Bongo Ondimba, ont, devant la réalité des choses, dû se faire violence en renonçant à leurs prétentions présidentielles devenues illusoires pour, au moins, permettre de relancer le débat politique national. Autrement dit, quelle aurait-été, vraiment, pour ces anciens « présidents élus », l’alternative: c’était soit s’engager dans une insurrection en bonne et due forme (ce que ni eux ni Ping n’ont fait), soit quémander les médiations nationales et internationales à genoux, avec l’espoir, au moins, de partager le pouvoir et, ainsi, éviter de tout perdre ?

Dans ce combat, hélas, il n’y a pas mille positionnements, il n’y en a que deux, globalement: soit on est de l’opposition radicale qui veut en finir par les moyens insurrectionnels, soit on est de l’opposition conviviale qui s’accommode du bongoïsme tout en se flattant de l’illusion de pouvoir changer le Gabon par ce type de compromissions. En cela, la démarche de Jean Ping, qui demande la médiation à genoux, n’est pas si différente, réellement, de la position de Jean De Dieu Moukagni-Iwangou. Tous deux demandent, à genoux, mais avec des nuances divergentes, une médiation internationale. Par contre, aucun des deux n’explicite, concrètement, par quel levier ils vont passer pour FORCER Ali Bongo à abandonner le pouvoir au profit, soit de Ping (position pingouine) soit d’une tierce personne (position moukagnienne). Il ne suffit pas simplement de PROPOSER ou de QUÉMANDER une médiation visant à arracher le pouvoir à un dictateur qui y est bien installé et qui, de surcroît, nargue les quémandeurs. Il faut expliquer, pour la crédibilité de la démarche, quel levier on va utiliser, pour FORCER le dictateur à accepter de se retirer. Or, sans définition préalable de ce levier, que nous croyons ne peut être qu’un levier insurrectionnel, la position tant de Jean Ping que de Moukagni-Iwangou, ne peut mener, malgré les nuances, qu’au seul et même résultat mathématique de partage du pouvoir. Personnellement, je ne refuse ni à l’un ni à l’autre, leur positionnement. Tout ce que je leur reproche, c’est de ne pas assumer pleinement ces positionnements en voulant les faire passer pour ce qu’ils ne sont pas. Autrement dit, sans insurrection comme levier à même de forcer les Bongo à une médiation devant leur faire renoncer au pouvoir, on fait passer cette médiation quémandée depuis une position de faiblesse pour ce qu’elle ne pourra jamais devenir. Je le répète donc: Sans levier pour forcer Ali Bongo à renoncer au pouvoir, médiation ou pas, le résultat sera, automatiquement, mécaniquement, incontournablement, le partage du pouvoir. Il y a, dans ces démarches floues, une automaticité de conséquences qui n’échappera jamais à l’observateur averti. Ne pas dire cela clairement aux Gabonais, à mon avis, est ce que l’on doit reprocher à l’un (Jean Ping) comme à l’autre (Moukagni-Iwangou). La médiation est, foncièrement donc, une très mauvaise idée. Elle n’a de sens que quand on a décidé de renoncer au combat de l’alternance. Et si tel est le cas, il faut avoir le courage de le dire et, donc, de l’assumer, au lieu de biaiser, de jongler, de contorsionner la vérité.

Dans ce contexte, ce qu’il convient de dire à notre jeune homme est ceci: Imaginons un seul instant, avec le recul, que, hier, les jeunes fanatisés autour de Paul Mba Abessolo aient adopté la même attitude que notre ami Germain NDOUNA et comparses aujourd’hui: il n’y aurait jamais eu, dans ce cas, de Pierre Mamboundou ou d’André Mba Obame, ou aujourd’hui Jean Ping, pour, au moins, continuer à explorer d’autres possibilités de débarrasser le Gabon des Bongo, avec de nouveaux hommes qui ne fussent plus forcément eux, et de nouvelles démarches qui ne fussent plus forcément les leurs ! Pourquoi vouloir, alors, parce que, aujourd’hui, c’est Ping, fermer la porte à toute autre démarche qui ne contiendrait pas Jean Ping comme finalité obligatoire, alors même que ce combat bat de l’aile et une analyse réaliste devrait pouvoir, désormais, nous convaincre de la futilité, parce qu’orienté vers les illusions, du combat actuel de Jean Ping? Je m’y perds un peu, même si, je sais, on me dira, « Ce n’est pas important de se poser des questions, Jean Ping a gagné, c’est tout ». Je me refuse à me contenter de ces réponses obscurantistes.

Car ce que notre jeune ami semble se forcer à ignorer, lui que nous savons intelligent et maître du verbe écrit, est que, chacun des « présidents élus » passés avait forcément provoqué chez ses militants, en son époque, le même type d’adulation, le même type de fanatisme, le même type de passions, que ce que les militants de Jean Ping éprouvent aujourd’hui, mais la sagesse du temps a dû leur montrer que, après cinq ou sept ans de vaines tentatives de faire durer le contentieux électoral, les Gabonais sont souvent, naturellement, passés à autre chose ou à quelqu’un d’autre. Après Paul Mba Abessolo, les Gabonais se déversèrent vers Pierre Mamboundou, après Pierre Mamboundou, ce fut André Mba Obame, et après André Mba Obame, ce devint Jean Ping. Ce que la logique humaine, qui est souvent mathématique, nous enseigne, même inconsciemment, est que, après Jean Ping, il y aura forcément quelqu’un d’autre si Ali Bongo est toujours au pouvoir dans sept ans. Ce combat là, donc, ne devrait pas et ne saurait dépendre de la personne de Jean Ping si nous voulons vraiment sauver le Gabon de la malédiction bongoïste et, donc, maintenir le cap sur les vrais enjeux de cette lutte, enjeux qui dépassent largement le cadre de la seule personne de Jean Ping. Avant Jean Ping, il y a avait une lutte, et après Jean Ping, il y aura une lutte, tant que les Bongo au pouvoir. La fin du combat, ce n’est donc pas la mort de Jean Ping comme il l’a clamé de manière si personnalisée, mais bel et bien, et uniquement, la fin du régime des Bongo Ondimba au Gabon. Autrement dit,  Bongo doit partir, pour la construction d’un Gabon nouveau. Et tant que les Bongo seront là, la lutte devra continuer, avec ou sans Jean Ping.

Faire, donc, une fixation sur Jean Ping, comme si avant Jean Ping il n’y avait rien, comme si avant lui il n’y avait jamais eu de gens comme Luc Bengono Nsi ou Martin Edzodzomo Ella, parmi tant d’autres, pour mener ce combat, comme si avant lui il n’y avait eu ni combat ni combattants, comme si ce qui se passe avec Jean Ping aujourd’hui en termes de passions et de fanatisme était nouveau, comme si après Jean Ping il n’y aurait plus rien ni aucun autre « président élu », c’est fausser le premier jalon de l’équation mathématique que l’on appelle « politique ». On ne peut valablement faire de politique en se fermant aux leçons de l’histoire. Surtout que, en termes de langage va-t-en-guerre, donc en termes de langage révolutionnaire, Jean Ping est, probablement, par rapport à Paul Mba Abessolo, André Mba Obame ou Pierre Mamboundou, le plus faible des prétendants à un éventuel changement par la révolution. Les autres au moins ont eu un certain verbe révolutionnaire qui a enflammé les foules, et André Mba Obame a, au moins, prêté serment, même si symboliquement, alors que l’autre, ne jouissant d’aucun charisme naturel, se contente de discours écrits qui endorment de par leur vague, chacun finissant par imaginer à sa manière, dans la confusion la plus totale, la fin de ce film pingouin, et les gens ne le suivant que parce qu’il aurait de l’argent et… des carnets d’adresses. Or, on ne peut gagner aucun combat de libération nationale quand on use d’une messagerie aussi confuse, aussi vague, aussi désarticulée.

Mais il y a aussi dans le texte de notre jeune compatriote un certain nombre de contre-vérités, d’offuscations, d’amalgames et de déformations propagandistes qui faussent, maladroitement, les réalités se cachant derrière les idées de « Ni Ni » et de « DTE/3e Voie ».

Recadrons, donc, tout cela.

PARTIE II: CHASSER LES AMALGAMES

C’est quoi donc, chasser les amalgames? C’est redéfinir, pour tous, ce que l’on entend par « DTEisme » et « ninisme ».

1) LA « DTE/3E VOIE » : Qu’est-ce que c’est, donc, la « DTE » ? En tant que père idéologique géniteur des finalités politiques contenues dans les concepts de « DTE/3e Voie », je suis à même d’affirmer, contrairement au drapage galvaudant que notre jeune ami veut faussement faire porter à cette idéologie, que la DTE n’est ni un outil de médiation ni un outil de dialogue. La DTE est une idéologie révolutionnaire qui place la révolution populaire, de préférence pacifique comme au Burkina Faso, au centre de sa démarche. Ainsi, quand nous disons, DESTITUTION, cela ne suppose point et n’a jamais supposé faire la demande de cette destitution alors que nous sommes à genoux ou la quémander au travers de jérémiades appelant à des dialogues ou des médiations sans queue ni tête. Il s’agit de l’IMPOSER, cette destitution. La démarche DTE a, ainsi, toujours supposé des prémisses révolutionnaires devant amener à l’écroulement concomitant du régime des Bongo, donc à la destitution insurrectionnelle d’Ali Bongo comme préalable à toute démarche de résolution du conflit politique gabonais. Ce qui suppose donc la PRÉPARATION non improvisée d’une lutte ORGANISÉE spécifiquement autour de l’objectif spécifique d’en finir par le moyen, préalable, de l’insurrection. La « 3e Voie » n’est, dans ce cas, que le positionnement de ceux qui, se refusant à reconnaître la légitimité des Bongo — et, donc, rejetant également les méthodes et approches électoralistes de ceux qui, dans l’opposition, participent à des élections perdues d’avance — font de la procédure DTE leur démarche de combat, le tout inspiré, dans le fond, par l’idéologie du « Bongo Doit Partir » comme solution radicale à tous les problèmes du Gabon qui, dans ce contexte, ne peuvent trouver solution tant qu’un Bongo sera au pouvoir.

2) LE « NI NI » : Nos amis, principalement « pingouins », ont péjorativement qualifié de « Ni Ni » toute position qui rejetterait à la fois Jean Ping et Ali Bongo (ni Bongo ni Ping). C’est ainsi que, accidentellement, ceux qui sont de la « DTE/3e Voie » se sont retrouvés amalgamés dans ce « no man’s land » du « Ni Ni ». Mais il y a une grosse différence entre les « niniseurs » qui utilisent la position « Ni Ni » pour quémander, à genoux, le dialogue ou la médiation internationale — position qui ne peut mener qu’à un inévitable résultat de partage du pouvoir avec les Bongo, et donc à la reconnaissance de la forfaiture cinquantenaire des Bongo, régimes d’Omar et d’Ali Bongo compris — et la position « Ni Ni » de ceux qui, au sein de la dynamique « DTE/3e Voie », recherchent une rupture révolutionnaire absolue et sans compromis ni compromissions.

LA POSITION « NI NI » : Autrement dit, pour rendre justice à tous, il convient ici de délimiter les diverses positions « Ni Ni ». Il y en a généralement trois, qui se déclinent de la manière suivante :

– LES « NI NI » DIALOGUEURS : Qui, ayant d’une manière ou d’une autre été partisans de Jean Ping — et c’est probablement de ceux-là que parle Germain Ndouna dans son échange avec le président Moukagni-Iwangou — espèrent que, par des médiations et autres formes de dialogues, ils peuvent arriver à convaincre, à genoux, Jean Ping et Ali Bongo de renoncer volontairement, tous les deux, au pouvoir, de manière à amener à une transition gentille et négociée, donc sans grabuge. Cette position est, bien évidemment, utopique car elle compte sur la bonne volonté tant d’Ali Bongo que de Jean Ping. Mais comme je l’ai dit lors de la création du mouvement « Bongo Doit Partir « (BDP) en 1998, le Gabon ne changera jamais par la bonne volonté des Bongo. Cette piste de la médiation « gentil gentil » est donc vouée à l’échec si elle compte sur la bonne volonté tant des Bongo que de la galaxie Ping pour renoncer au pouvoir d’une manière qui puisse permettre de nouvelles élections qui excluraient Ali Bongo et Jean Ping de l’équation. Certes, ce serait là la position la plus enviable pour tous car elle porte en elle les germes d’une réconciliation nationale apaisée et d’une transition pacifique. Mais cette finalité étant irréaliste, la seule issue prévisible pour cette approche sera, si jamais elle est enclenchée, un partage obligatoire du pouvoir car on verrait mal ce qui forcerait Ali Bongo à accepter une médiation « gentille » visant à lui arracher « gentiment » le pouvoir. Sans insurrection, donc, pour forcer Ali Bongo à quitter le pouvoir, cette position dialoguiste s’embourbera irrévocablement dans le partage du pouvoir.

– LES « NI NI » EMBROUILLÉS : il y a aussi, dans tout ce débat, toute une galaxie de « Ni Ni » que j’appelle les « Ni Ni embrouillés », c’est-à-dire ceux qui, n’ayant aucune réelle justification idéologique pour guider leur rejet d’Ali Bongo et de Jean Ping, va dans tous les sens dans le cadre de débats incohérents, refusant Ali Bongo sans trop savoir expliquer pourquoi et refusant Jean Ping sans trop savoir pourquoi non plus. Ceux-là sont ceux qui, ayant fait une croix sur les Bongo sans savoir pourquoi, se retrouvent tantôt à embrasser la voie radicale de la « DTE/3e Voie », tantôt à rejoindre les positions molles de ceux qui voient une lueur d’espoir dans la médiation internationale, notamment quand les affaires pingouines ne marchent pas bien, mais restent tout de même prêts à repartir vers Jean Ping si les affaires de Jean Ping se mettent à bien marcher. Parmi ces « Ni Ni embrouillés », on retrouve aussi ceux qui haïssent Ping simplement parce que Ping a « vaincu » leur champion au sein de l’opposition, ou a dit du mal de leur champion, ou a triché pour se propulser vers la « candidature unique » et, donc, se réjouissent des méfortunes politiques de Jean Ping, même quand cela veut dire faire la part belle à Ali Bongo ou participer à ses « dialogues ». Pour eux, Ali Bongo devient une option acceptable ou presqu’acceptable dès lors qu’il s’agit de faire barrage à Jean Ping. Bref, ces « Ni Ni embrouillés » sont ceux-là mêmes qui, généralement, naviguent avec le « vent », n’ayant aucune réelle assise idéologique pour guider leur « opposition » au régime des Bongo. On les retrouvera ainsi, tantôt dans la première catégorie (« Ni Ni dialogueurs »), tantôt dans la second catégorie (« Ni Ni embrouillés ») et même parfois dans la troisième catégorie (« Ni Ni Révolutionnaires »), mais ils ne sauront jamais expliquer pourquoi ils choisissent tantôt cette position, tantôt telle autre.

– LES « NI NI » RÉVOLUTIONNAIRES : Ceux-là n’envisagent aucun dialogue, aucune médiation autre que celle visant à négocier le départ forcé d’Ali Bongo, et citent souvent une méthodologie insurrectionnelle similaire à celle que l’on a vue au Burkina Faso ou en Tunisie, c’est-à-dire, uniquement après une action révolutionnaire du Peuple gabonais. Cette position, qui est la position « DTE/3e Voie », suppose, donc, un prédicat révolutionnaire conduisant soit à une DESTITUTION directe d’Ali Bongo, soit à une annulation forcée de l’élection de 2016 menant au même résultat de destitution, non pas pour placer Jean Ping au pouvoir (malgré sa victoire construite, tout de même, sur un système frauduleux dont le résultat ne sera jamais crédible, ce qui justifierait une annulation), mais pour mener à une TRANSITION politique appuyée d’une Assemblée Constituante devant réimaginer le Gabon institutionnel de demain, pour aboutir à de nouvelles élections au bout d’une année de transition réformatrice.

Mais ce que je dois surtout m’évertuer à rappeler ici est que cette position des « Ni Ni Révolutionnaires » n’a rien à voir avec la personne de Jean Ping en tant que tel. En réalité, il faut voir dans le « ni ni » des révolutionnaires les vieilles idées insurrectionnelles relevant du « Bongo Doit Partir » que je me suis évertué à inséminer dans la pensée politique gabonaise depuis 1998, et qui consistaient à établir une nette distinction entre trois positionnements politiques :

1) La position « pro-régime » qui, évidemment, regroupait ceux qui de près ou de loin avaient fait allégeance aux Bongo (la première voie),

2) La position « conviviale », donc celle de l’« opposition molle » qui regroupait ceux qui s’opposaient au régime avec des méthodes molles qui confondaient le Gabon avec une démocratie et qui, donc, utilisaient des méthodes hors-sujet comme l’électoralisme, les dialogues et les médiations pour espérer parvenir à une alternance politique pacifique illusoire, donc, impossible (la deuxième voie)

3) Et enfin, la position « Bongo Doit Partir » qui, elle, voyait les Bongo comme le plus gros mal, la plus grosse malédiction qui ait jamais frappé le Gabon et qui, reconnaissant l’impossibilité de changer le Gabon par les élections, les dialogues, la bonne volonté des Bongo, la bonne volonté de la communauté internationale ou le miracle de Jésus-Christ, proposait l’insurrection DTEiste comme la seule manière d’en finir (d’où l’idée de la « 3e Voie », qui clarifie simplement les trois choix qu’ont les Gabonais entre (a)- l’adhésion pure et simple au bongoïsme, (b)- l’opposition conviviale et (c)- l’opposition radicale).

Dès lors, on voit facilement ici que cette délimitation tripartite des positionnements politiques au Gabon, qui établit et clarifie les différences de visions politiques qui ont toujours caractérisé le paysage politique national, n’a rien à voir avec Jean Ping en particulier, mais plutôt avec le positionnement de Jean Ping, qui se retrouve ainsi « accidentellement » dans la section « molle » de l’opposition du fait de ses méthodologies « molles ». Le « Ni Ni » ici, du moins pour les révolutionnaires DTEistes que nous sommes, dépasse ainsi largement le cas de Jean Ping en tant que personne, et ne parlera de Jean Ping que parce que c’est Jean Ping qui symbolise aujourd’hui, en tant que chef de peloton de cette opposition « molle », la catégorie « légume » de l’opposition. La position « DTE/3e Voie » n’est donc pas, a priori, une position « Ni Ni » vouant une haine personnelle vis-à-vis de Jean Ping ou née par le fait de l’irruption, en tant qu’opposant, de Jean Ping dans le paysage politique national. C’est, plutôt, une position de vérité linéaire et inviolable née à partir d’un constat mathématique, un constat qui, sur cette base de mathématique politique, rejette, parce que jugée incohérente et intenable, la position politique « molle » de Jean Ping, un peu comme elle avait rejeté, avant Jean Ping, celles tout aussi « molles » d’André Mba Obame, de Zacharie Myboto, de Casimir Oyé Mba, etc., y compris, même, la version collabo du Paul Mba Abessolo bongoïsé d’après 1998, tout cela, encore une fois, bien avant Jean Ping. La position du « Bongo Doit Partir » qui insémine aujourd’hui la notion de « DTE/3e Voie » est, donc, une position qui est toujours restée cohérente : elle ne s’oppose pas aux hommes, mais à leurs positionnements et démarches politiques, ce qui fait que le rejet de ces idées et démarches « molles » sera toujours resté le même, malgré le passage des hommes qui ont symbolisé ces démarches « molles ».

Autrement dit, la position « Ni Ni » de la « DTE/3e Voie » rejettera toujours, d’une part, tout ce qui est bongoïste (ni « Bongo ») et, d’autre part, tout ce qui est « mou » (électoralisme, négociations, dialogues, médiations, collaborations) et qui est symbolisé aujourd’hui par les tâtonnements tant de la galaxie Ping que du reste de l’opposition qui privilégie les dialogues avec le régime (ni « convivialité »), préférant elle, se préparer aux méthodes insurrectionnelles qu’elle reconnaît être les seules à même de débarrasser le Gabon des Bongo et, partant, de tout leur système. Dans ce « Ni Ni » révolutionnaire, les noms de Ping et Bongo (ni Ping ni Bongo) ne sont, dans ce contexte, utilisés que dans un sens métonymique : le nom « Bongo » étant ici vu comme représentatif de la galaxie bongoïste, tandis que celui d’un Ping devenu de facto leader de l’opposition est utilisé pour désigner ce que l’on appelait déjà au Gabon « opposition conviviale » dans les années 1990 et 2000. C’est simplement une autre manière de dire que nous ne sommes « ni pour la collaboration ni pour la convivialité » car, pour nous, la seule chose qui compte c’est « Bongo doit partir », un point, un trait.

Voilà, donc, déclinée, la position ce qu’on peut appeler, en se conformant à la mode, le « Ni Ni » révolutionnaire, qui est une démarche qui regarde au-delà de la guerre fratricide entre Jean Ping et Ali Bongo, détache d’eux la destinée nationale qu’ils bloquent dans leur combat de personnes et de famille, pour projeter la libération du Gabon vers une autre dimension, qui dit que la destinée du Gabon, telle qu’imaginée par ceux qui se battent pour la fin des Bongo, ne peut se confondre ni se limiter à celle de Jean Ping et que, s’il le faut, Ali Bongo et Jean Ping doivent, qu’ils le veuillent ou pas, renoncer au pouvoir pour que les Gabonais se libèrent du blocage dans lequel ils immobilisent le pays, un blocage qui, au final, empêche de travailler aux vraies méthodes de libération nationale qui s’imposent. Dès lors, le combat de Jean Ping et celui du Gabon que mènent les partisans de la « DTE/3e Voie » prennent des directions différentes : Nous voyons l’élection de 2016 comme un simple faux débat s’inscrivant dans la droite lignée des faux débats électoralistes qui ont immobilisé le pays sous les Bongo depuis 1990. Pour nous, la seule libération qui vaille est celle d’un Gabon qui se libérera du bongoïsme par une insurrection, donc, une libération par les moyens d’une insurrection devant, d’abord, débarrasser le Gabon des Bongo (DESTITUTION), ce qui, dès ce moment, poussera mathématiquement le pays, de manière inéluctable et automatique, à une TRANSITION politique qui n’aura rien à voir avec Jean Ping et les élections de 2016, transition qui, enfin, aboutira inévitablement, qu’on le veuille ou non, à de nouvelles ÉLECTIONS qui fussent dignes de ce nom. Sauf si, évidemment, les pingouins veulent nous dire qu’ils sont prêts à empêcher une telle libération si le pouvoir n’est pas donné à Jean Ping !

Autrement dit, la position « DTE/3e Voie » ne voit pas l’insurrection comme une démarche visant à mettre quelqu’un au pouvoir, fût-ce même un « président élu » comme Paul Mba Abessolo ou Jean Ping, ou encore un Daniel Mengara quand bien même ce dernier serait le père d’une insurrection réussie, mais plutôt comme un processus devant mener à une transition qui, dès lors serait chargée de réformer le pays avant d’organiser, au bout d’une année transitoire avec un Président de Transition qui serait un sage comme Luc Bengono Nsi, des élections dignes de ce nom qui garantiraient enfin aux Gabonais un président qui fût véritablement le résultat crédible de leur choix dans les urnes. Et ce n’est qu’à ce moment et à ce moment seulement que les Gabonais qui veulent devenir présidents pourront, de manière crédible, le devenir. Si c’est Jean Ping qui est choisi à ce moment-là, alors Jean Ping sera le président de tous. Et si c’est un chien que les Gabonais choisissaient, ce chien deviendrait le président de tous les Gabonais.

En d’autres termes, donc, quand tout est dit et consommé, c’est-à-dire, une fois que l’on se permet de sortir de l’écume du bon français propagandiste qui, ici et là, sonne bien dans les textes de ceux qui, par fanatisme ou par machiavélisme, veulent embrouiller le vrai débat, on remarquera très vite que la seule position qui permette vraiment l’espoir d’une alternance politique au Gabon est la position « Ni Ni » tant décriée parce qu’expressément mal comprise, déformée ou galvaudée par ceux qui ne veulent rien comprendre.

Pour établir cette vérité mathématique, analysons de façon comparativiste la position « Ni Ni » et la position « pingouine » telle que défendue par notre jeune ami Germain Ndouna.

PARTIE III: RÉTABLIR LES VÉRITÉS

LA POSITION « PINGOUINE » : La position « pingouine » semble, comme je l’ai dit plus haut, se consolider dans une position fanatique qui se résume essentiellement à ceci : « c’est Ping ou rien », ou encore « c’est Ping ou personne d’autre ».

Pourtant, à y regarder de près, le combat de Ping est un combat perdu d’avance dont on peut, mathématiquement, prédire la fin : au plus tôt 2017 et au plus tard 2023. Autrement dit, comme ce fut le cas de tous les autres « présidents élus » avant lui, Jean Ping connaîtra aussi sa mort politique, c’est-à-dire quand, Ali Bongo toujours au pouvoir, le débat d’une nouvelle élection présidentielle en 2023 s’animera à partir de 2021. A titre d’exemple, en 1998, personne ne se préoccupait plus du fait que Paul Mba Abessolo ait gagné en 1993. Il fallait simplement, nouveau contexte électoraliste obligeant, oublier ce contentieux de 1993 pour s’adapter aux réalités de 1998. C’est dire qu’en 2023, si Ali Bongo est toujours au pouvoir, 2016 aura été oublié et les gens commenceront à considérer, parmi les nouveaux candidats, qui sera leur champion pour cette élection de 2023-là. Ces effets pervers de la politique sont, heureusement ou malheureusement, inévitables : Dans le cas de Paul Mba Abessolo et de Pierre Mamboundou, ils ont dû eux-mêmes renoncer aux contentieux de 1993, 1998 et 2005 pour se re-déclarer, à chaque étape, candidats, jetant ainsi eux-mêmes aux orties leurs précédents statuts de « présidents élus ». Le contexte du moment ne leur avait laissé aucun choix.

Pour Ali Bongo, donc, le temps est un allié qui jouera en sa faveur. Plus le temps s’égrènera pour laisser passer les mois, puis les années, plus le débat de 2023 amènera de nouvelles distractions politiques qui lui garantiront d’être encore au pouvoir jusqu’en 2023. Les pressions du moment forceront également Jean Ping, s’il est toujours opposant, à la même situation. Il devra faire le choix, en 2023, de se représenter face à Ali Bongo s’il veut continuer à exister en politique, ce qui voudra dire un renoncement obligatoire à son statut de « président élu ». En d’autres termes, le combat autour de la « présidence élue » de Jean Ping a une date limite. Cette date limite est 2023, mais nous pouvons déjà dire, voire prédire, sans risque de nous tromper, que ce combat des « pingouins », si jamais intégré dans un élan insurrectionnel, donc DTE, visant à désarçonner Ali Bongo avant 2023, sera essoufflé d’ici deux ans car trop désorganisé et navigant irrémédiablement à vue. Mais, dans tous les cas, Jean Ping devra aussi se plier à la réalité que sa seule chance de devenir président du Gabon résidait uniquement dans deux possibilités : la reconnaissance gentille par Ali Bongo de la victoire de Jean Ping ou la pression déstabilisatrice d’une communauté internationale décidée à forcer Ali Bongo à quitter le pouvoir. Ces deux options n’avaient de valeur que dans les semaines ou les deux mois qui ont suivi le vote d’août 2016. Un an plus tard, ces deux options ne sont plus possibles ni viables. Par contre, nous savons tous que seule une insurrection du peuple peut chasser Ali Bongo du pouvoir. Mais, même dans ce contexte, un Gabon changeant par l’insurrection met également forcément de côté Jean Ping et Ali Bongo car l’insurrection par le peuple est pour le peuple et ce qui est pour le peuple va passer, obligatoirement, non pas par une intronisation de Jean Ping, mais par une TRANSITION qui va réaménager politiquement le Gabon et organiser de nouvelles élections. Ceci veut dire, concrètement, un « ni ni » populaire qui va privilégier une transition réformatrice d’un an avant de nouvelles élections. C’est une démarche obligatoire et inévitable qui s’imposera d’elle-même.

Jean Ping et les pingouins doivent donc, dès aujourd’hui, faire un choix stratégique très important : veulent-ils continuer à brasser l’air en se battant pour mettre Ping au pouvoir, ce qui suppose une finalité qui confine leur combat à une hypothétique prise de pouvoir par Jean Ping, ou vont-ils rejoindre l’écrasante majorité, parfois silencieuse, des Gabonais qui, eux, ne se voyant ni en Jean Ping ni en Ali Bongo, veulent simplement chasser les Bongo, passer par une transition libératrice et réformatrice d’un an et, tout de suite après, organiser de nouvelles élections qui soient dignes de ce nom. Ce combat-là, ce combat de la réforme préalable, c’est celui que des Gabonais engagés ont mené avant Jean Ping, c’est ce combat-là, le seul qui en vaille vraiment la peine, que ces Gabonais vont continuer à mener, et tant pis pour ceux qui se mettront en travers de leur chemin dans une futile tentative de bloquer le débat politique national autour des affaires perdues d’avance de Jean Ping.

Autrement dit, en conditionnant tout débat, toute discussion, toute démarche à l’accession obligatoire de Jean Ping au pouvoir, les « pingouins » les plus fanatisés ferment automatiquement la porte à l’alternance, voire à la rupture. Leur position devient ainsi, comme on dit dans le français de chez nous, « soit c’est Ping soit c’est rien ». Or, c’est dans ce « soit c’est rien » que se trouve le piège. En effet, si l’on pose comme prédicat mathématique que seul Ping a le droit d’accéder à ce poste, soit disant parce qu’il a été élu par les Gabonais, il s’ensuit automatiquement qu’on se ferme aux alternatives et en se fermant aux alternatives, on accepte qu’Ali Bongo reste au pouvoir tant que Ping n’est pas au pouvoir. Or, cette position pro-ping n’a qu’une durée de vie limitée à sept ans seulement. Dans ce contexte, cette position fanatique devient automatiquement et mathématiquement la même chose que de se dire : « Si ce n’est pas Ping, ce sera Ali Bongo ». En d’autres termes, à partir de cette position hautement fanatisée, on peut s’attendre à ce que même si l’on apportait demain une solution de libération réelle qui aurait comme condition que Ping et Bongo doivent renoncer à la présidence pour le salut de la nation, ce que les « pingouins » sont, en fait, en train de nous dire est qu’ils rejetteraient naturellement cette libération du Gabon parce que, pour eux, seul Ping mérite d’être là « parce qu’il a été élu ».

A partir de ce fanatique prédicat de « présidence élue » de Ping, donc, on entre dans un véritable imbroglio politique puisque, sur la base de ce même type de raisonnements, les « Bûcherons » de Paul Mba Abessolo seraient bien en droit, eux aussi, de commencer une guerre politique contre Jean Ping pour mettre Mba Abessolo, le premier « président élu » de l’opposition, donc le plus méritant de tous, au pouvoir ! On n’en sortirait plus, surtout si, par la suite, les Mamboundistes et les Amoïstes s’y mettaient eux aussi ! On voit donc, dès lors, que la position du « rien si c’est pas Ping » a tendance à condamner le pays à l’immobilisme politique, empêchant, dès lors, toute autre alternative, tout autre démarche, même salvatrice, qui serait à même de libérer le Gabon, même quand cette libération assurée demanderait que Jean Ping et ses militants fissent le sacrifice d’accepter que ce soit quelqu’un d’autre qui prenne ce pouvoir si c’est cela le prix à payer pour libérer définitivement le Gabon des Bongo. Le « rien si c’est pas Ping » est donc une position excessivement fermée, donc, dangereuse pour le Gabon, car elle impose à tout le monde Ali Bongo tant que Jean Ping n’est pas déclaré président du Gabon. Et si, donc, Jean Ping n’est pas déclaré président au cours des six années qui viennent, les pingouins auront, tout simplement, par leur fanatisme, imposé Ali Bongo à tout un pays car, dans ce cas, si c’est pas Ping, ce sera Ali Bongo. Vouloir ainsi forcer tout le monde à se battre pour Ping alors même que tout le monde sait que Ping ne prendra plus le pouvoir au Gabon, c’est en quelque sorte demander aux Gabonais de se battre pour maintenir Ali Bongo au pouvoir. C’est intenable.

LA POSITION « NI NI » RÉVOLUTIONNAIRE: Cette position ne peut, évidemment, s’accommoder du « Tout sauf Ping » car, dans le fond, c’est une position qui dit « Tout sauf les Bongo ». Mais, dans le « Tout sauf les Bongo », il y a des nuances quant à ce qui mène à la chute des Bongo et, donc, à une véritable alternance. Nous considérons que le combat de Jean Ping est un combat excessivement personnalisé qui, dès lors, dépend excessivement de sa personne, tant sur le plan financier que politique. Sachant que tous les combats construits autour des personnes de cette manière, et non autour d’idées fédératrices, sont excessivement voués à l’échec car dépendant des aléas personnels de cette personne, il suffirait que cette personne abandonne le combat pour multiples raisons qui peuvent être la trahison, le décès, la maladie ou autres aléas de la vie, pour que tout le combat qui dépendait excessivement de cette personne se perde. Et quand, à la place des idées, se greffe un culte effréné de la personnalité assortie de la pire tendance à l’intox  qu’on ait jamais vue au sein de l’opposition, c’est la mort politique assurée pour Jean Ping. On a vu cela avec Pierre Mamboundou, on a vu cela avec André Mba Obame, on est entrain de le voir sous nos yeux avec Jean Ping.

Voilà pourquoi, au final, la position « Ni Ni » se détache comme plus cohérente et, donc, potentiellement plus libératrice, que celle, fermée et inhibitrice, des « pingouins ». En rejetant à la fois Jean Ping et Ali Bongo, la position « Ni Ni », du moins celle qui se marque du sceau révolutionnaire, a l’avantage de s’ouvrir aux alternatives. Et parmi ces alternatives, il reste la position radicale de la « DTE/3e Voie » qui ouvre la porte à la possibilité de simplement, avec un minimum de PRÉPARATION et, donc, d’ORGANISATION, se défaire des Bongo par des voies incontournablement révolutionnaires, en vue d’une transition pouvant amener à la libération du Gabon, même si le prix à pays pour cette libération veut dire se faire la violence d’oublier l’épisode Ping, exactement comme hier on a oublié les épisodes Mba Abessolo, Pierre Mamboundou et André Mba Obame, pour que gagne le Gabon. Et dans ce contexte, on se foutra éperdument de qui deviendra président du Gabon demain, dès lors que ce président découlera d’une élection démocratique et crédible organisée par des institutions démocratiques, libres et crédibles, élection dans laquelle la suprême et souveraine volonté du peuple, depuis l’amont où se préparent les élections jusqu’à l’aval où se proclament les élections, se sera librement et démocratiquement exprimée.

Dr. Daniel Mengara
Président, « Bongo Doit Partir-Modwoam »

P.O. Box 3216 TCB
West Orange, NJ 07052, USA
Tél. 973-447-9763

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