Un nouveau pas vers la validation du montant réel de la dette due aux entreprises locales gabonaises vient d’être franchi.

Le gouvernement a décidé, au cours d’une rencontre stratégique avec la Confédération Patronale Gabonaise (CPG), de mettre en place une cellule de gestion pour évaluer et par la suite valider un plan d’épuration du paiement de la dette intérieure sur les trois prochaines années, une nécessité pour un Plan de Relance Economique efficient.

A l’heure actuelle, sur les 350 milliards de FCFA destinés à cette dette, 200 milliards ont déjà été payés. Plusieurs entreprises de la CPG ont bénéficié d’un règlement de 94 milliards de FCFA prévus dans l’année budgétaire en cours. La querelle de chiffres sur le montant réel de la dette de l’Etat envers les entreprises gabonaises a failli détruire le climat de confiance qui devrait toujours régner entre deux partenaires stratégiques, à savoir : Le gouvernement et la Confédération Patronale Gabonaise.

Tout dernièrement au Conseil économique et social (CES), faut-il le souligner, Alain Bâ Oumar, président de la CPG, avait rappelé l’Etat à ses engagements vis-à-vis des entreprises en affirmant qu’aucune relance de l’économie n’est véritablement possible sans apurement de la dette intérieure. Quelques jours après, c’est le ministère du Budget et des Comptes publics qui informait dans la presse que 73 milliards de francs CFA avaient été payés au titre du règlement de la dette intérieure. Fini donc cette querelle des chiffres car chacune des parties ( gouvernement et Confédération Patronale Gabonaise) a assuré de sa bonne foi tout en appelant l’autre à faire preuve de responsabilité et d’honnêteté.

La dette n’étant pas un problème nouveau, les ministres d’Etat, ministre du Budget et des Comptes Publics, Jean-Fidèle Otandault et le ministre de l’Economie, de la prospective et de la programmation du développement, Régis Immongault, ont rassuré vendredi 22 septembre dernier lors des échanges avec la Confédération patronale gabonaise que tout sera mis en œuvre pour la réalisation des engagements pris.

« L’Etat est conscient qu’il y a encore du chemin à faire sur cette question et n’a aucun intérêt à ne pas honorer ses engagements auprès des opérateurs économiques, car celui qui paie ses dettes s’enrichit ». Et pour répondre à cette préoccupation, le gouvernement consacre en 2017 près de 40% des ressources à l’effort de désendettement. Ce, en dépit de tous les différents sons de cloche qui peuvent être entendus ici et là.

Le gouvernement compte énormément sur les Chefs d’entreprises pour redonner de l’espoir à toutes les personnes qui ont déjà perdu de l’emploi en raison de la crise économique actuelle. Les membres du gouvernement estiment qu’il faut tenir un langage de vérité à l’endroit de la CPG, tout en rappelant que l’Etat fait et continue à faire des efforts, en dépit des doutes de l’organisation patronale. « De 2017 à 2020, ce sont au moins 1300 milliards de FCFA qui seront payés au titre du remboursement de la dette intérieure », a déclaré Jean-Fidèle Otandault.

Tout en indiquant que cette démarche s’inscrivait dans le cadre du respect de la discipline budgétaire, le ministre d’Etat a été franc vis-à-vis de ceux qui sont présentés comme «de bons amis» du gouvernement en s’exprimant en ces termes : « Lorsque les discussions sont engagées avec les partenaires financiers internationaux et qu’ils apprennent cette dette ‘hors budget’, cela érode la crédibilité. Il faudrait à l’avenir assainir les rapports car, in fine, payer une dette ‘hors budget’ aboutit à un effet d’éviction ».

Un discours de vérité bien perçu par la CPG qui attend plutôt du concret, d’autant plus que les promesses ne sont pas nouvelles. D’après Alain Bâ Oumar, le président de la confédération, cette première rencontre n’est, en réalité, qu’un pas vers la validation du montant réel de la dette due aux entreprises locales. Valider les chiffres pré-validés, et chercher à savoir ce qui a été fait dans le cadre du remboursement de la CPG. Ce n’est qu’après cette validation qu’il sera possible de lancer le processus d’apurement de cette dette.

A noter que cette réunion entre deux partenaires a permis de s’entendre sur le montant de la dette qui nécessite un processus de validation. Et ce n’est qu’après qu’on pourra parler d’un processus d’épuration de la dette, en dépit des contraintes du gouvernement dont la CPG est parfaitement au courant. Tout en soutenant le Plan de Relance Economique (PRE), les patrons d’entreprises souhaitent que le gouvernement les aide à le soutenir.

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