A travers un atelier de réflexion stratégique sur le mariage des enfants, initié le 27 septembre à Libreville, le gouvernement a lancé la campagne de l’Union africaine (UA) visant à «mettre fin au mariage des enfants».

Face au fléau grandissant du mariage des enfants au Gabon, le gouvernement a décidé de passer à l’action. Le 27 septembre à Libreville, le ministère de la Famille a lancé la campagne de l’Union africaine (UA) visant à «mettre fin au mariage des enfants» en Afrique. Organisé avec l’appui de l’Organisation des nations unies pour l’enfance (Unicef), cette campagne a été lancée à travers un atelier de réflexion stratégique sur le mariage des enfants.

A cette occasion, le ministre délégué auprès du ministre d’Etat ministre, ministre de la Famille, a rappelé que le mariage d’enfants est considéré, au sens de l’UA, «comme toute union légale ou coutumière impliquant un être humain âgé de moins de 18 ans». Selon Jonathan Ndoutoume Ngome, l’atelier de réflexion a pour «objectif de faire un état des lieux de la question du mariage des enfants dans notre pays. Non seulement du point de vue juridique, mais également du point de vue anthropologique et sociologique».

Selon le Recensement général de la population et logement (RGPL) 2013, 6332 enfants de 12 à 17 ans vivent en union (mariés, unions libres, union sans cohabitation) ou ont vécu en union (divorcés, séparés, ou veufs).

Le membre du gouvernement a ainsi encouragé les participants à cette rencontre, à examiner tous les contours liés à la question du mariage des enfants. Ils doivent prendre en compte les spécificités des milieux rural et urbain, et celles des populations autochtones. «Lutter contre ce fléau est un signal fort dans l’espérance de la construction d’un monde meilleur pour chaque enfant», a estimé Jonathan Ndoutoume Ngome.

Le représentant de l’Unicef au Gabon, pour sa part, a mis en évidence la difficulté qu’il y a à cerner la problématique du mariage des enfants dans le pays. La faute à l’absence de preuves issues de la recherche en sciences sociales. «Il est ainsi difficile d’apprécier l’existence du phénomène, sa magnitude et même l’identification des communautés les plus affectées», a déploré Jacques Boyer. Par ailleurs, «la dizaine d’études menée au Gabon sur les thématiques relatives à la protection de l’enfant ne mentionnent pas le mariage comme problème majeur affectant la vie et les droits de l’enfant», a-t-il souligné.

D’où l’intérêt de cette discussion au lancement de la campagne, pour «permettre aux acteurs de terrain d’échanger sur la question d’une part, et à la communauté nationale de commencer le débat national sur le phénomène du mariage des enfants, d’autre part», a indiqué le representant de l’Unicef.

En lançant la campagne de l’UA pour «mettre fin au mariage des enfants», le gouvernement entend globalement faire un brainstorming sur la question, définir les actions prioritaires à mener pour mieux sensibiliser les acteurs de protection de l’enfant sur cette question. Il s’agit également de susciter la prise de conscience des politiques, des communautés et des familles sur les problèmes de santé liés à cette question.

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