L’immeuble Arambo, siège à Libreville du ministère gabonais de l’Économie.

24 heures après l’annonce de la trêve sociale au sein de leurs administrations, la Fédération des syndicats des régies financières et des administrations assimilées (Fesyrefaa) a rejeté en bloc cette mesure, le 29 septembre. «Nous sommes en grève et cette grève est loin d’être terminée», a annoncé la fédération syndicale.

Annoncée le 28 septembre par l’aile dite modérée des syndicats des régies financières et le gouvernement, la trêve sociale n’est pas du goût de la Fédération des syndicats des régies financières et des administrations assimilées (Fesyrefaa). Considérée en effet comme l’aile radicale des régies financières, la fédération syndicale a dit ne pas se reconnaître dans cette trêve sociale.

«Nous sommes en grève et cette grève est loin d’être terminée. Qu’ils aillent faire ce qu’ils disent : nous, agents des régies financières, ne nous reconnaissons pas dans cette trêve sociale. C’est une escroquerie de plus pour le pays», a déclaré le porte-parole de la Fesyrefaa, le 29 septembre à Libreville. Wilfried Mvou-Ossialas était face à la base, 24 heures après la tenue de la réunion ayant débouché sur la trêve sociale contestée.

«Il est question de vous rassurer que ce qui s’est fait hier est un gros mensonge : ils ne vont pas respecter leurs engagements. C’est la raison pour laquelle nous appelons à la mobilisation de tous. Tant que nous ne serons pas mobilisés, il croirons qu’ils peuvent faire de ce pays ce qu’ils veulent», a déclaré le porte-parole de la fédération syndicale.

Le 28 septembre dernier, en effet, le gouvernement s’est finalement accordé avec l’aile dite modérée des syndicats des régies financières, en signant une trêve sociale de trois ans sur la base de plusieurs engagements. Parmi ceux-ci figure en bonne place le paiement des primes et arriérés de primes à hauteur de 12 milliards de francs CFA.

La Fesyrefaa n’a d’ailleurs pas manqué d’ironiser sur certains termes de cette trêve. «Lorsque certains responsables se permettent de dire que les primes seront payées uniquement aux agents en poste, cela m’arrache un fou rire. Car les agents (Douanes, Impôts, Trésor, ndlr) sortis des grandes écoles depuis deux ans et assis à la maison, auront-ils droit ou non à la prime ?», a interrogé Wilfried Mvou-Ossialas.

Pour l’aile radicale des régies financières, il y a clairement anguille sous roche. «Si nos primes ont été détournées, qu’ils le disent au chef de l’Etat : nous n’avons pas à payer à leur place», a estimé le porte-parole de la Fesyrefaa. «Et tant qu’ils ne veulent pas discuter avec la Fesyrefaa, nous sommes toujours en grève», a-t-il persisté. Et ce dernier d’annoncer le durcissement du mouvement d’humeur.

«J’appelle tous ceux qui sont du Trésor, à l’intérieur du pays comme à Libreville, à compter de demain : il ne faudrait pas que le retraités soient payés. Et chaque jour, nous occuperons un point stratégique de la capitale pour dénoncer ce gouvernement. Car nous ne pouvons gérer un pays dans le mensonge : trop c’est trop !», a annoncé le Wilfried Mvou-Ossialas.

«Aussi, tant que le gouvernement ne nous aura pas appelé en bonne et due forme, en respectant les préalables d’entrée en négociations, il n’y aura pas de retour à la sérénité au sein des régies financières», a-t-il conclu. Voilà qui promet pour la suite de cet épineux dossier.

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