L'opposant gabonais Jean Ping lors d'un meeting à Libreville, le 15 avril 2017. © STEVE JORDAN / AFP

Passé du côté de la majorité présidentielle, l’ancien allier de Jean Ping semble avoir oublié le combat qu’il menait, il y a plus d’un an, aux côtés de l’ancien candidat de l’opposition à la présidentielle, au point de renier ses convictions politiques.

Il faisait partie de l’équipe des communicants du candidat de l’opposition durant la campagne électorale comptant pour la présidentielle d’août 2016. Aux côtés d’autres personnalités choisies, entre autres, pour leur talent d’orateurs, à l’instar de Jean Gaspard Ntoutoume Ayi et Franck Ndjimbi, Jonathan Ndoutoume Ngome semble avoir oublié tout de son passage dans la galaxie de Jean Ping. L’actuel ministre délégué chargé de la Protection sociale et de la Solidarité nationale ne manque plus, ces derniers mois, l’occasion de cracher sur l’opposition dite radicale. Il en vient même à regretter d’en avoir fait partie.

Récemment sur Gabon 24, le porte-parole de Démocratie nouvelle (DN), le parti présidé par René Ndemezo’o Obiang, lui-même ancien directeur de campagne de Jean Ping, a perçu le combat mené par l’opposition actuelle comme une perte de temps. Lui, en tout cas, regrette d’avoir perdu le sien, alors qu’à l’époque, il disait militer pour le départ d’Ali Bongo du pouvoir. Et si Jonathan Ndoutoume Ngome est passé du côté de la majorité et il fait désormais la politique du président de la République dont il a toujours contesté la légitimité, aujourd’hui il l’avoue à demi-mot : c’était pour exister. D’autant que, selon lui, l’opposition et certaines personnalités de cette opposition qui continuent de contester la réélection d’Ali Bongo, plus d’un an après, cherche à «exister politiquement». Sans nul doute pour des postes dans la haute administration. Etait-ce son cas à l’époque ? Sur les réseaux sociaux, certains de ses anciens compagnons de lutte répondent que oui.

N’empêche, le géopoliticien qui, depuis l’annonce de son parti de prendre part au dialogue politique d’Ali Bongo n’avait plus jamais cru à l’aboutissement de la «résistance» de Jean Ping et les siens, perçoit aujourd’hui, leur lutte comme de «la distraction». Sur les réseaux sociaux, les réactions ne se sont pas faites attendre qui, pour la plupart accusent le nouveau ministre délégué de traitrise et de déni des événements vécus par de nombreux Gabonais le 31 août 2016. Beaucoup ont tenu à rappeler à Jonathan Ndoutoume Ngome l’assaut du QG de Jean Ping, qu’il avait, lui-même, condamné un temps. Seulement, aujourd’hui, le membre du gouvernement l’assure : les revendications de l’opposition sont «non fondées». Pour lui, «Ali Bongo Ondimba est le président élu du Gabon». Jean Ping qui se présente comme tel depuis 13 mois peut donc se raviser.

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