Jean Ping, candidat à l'élection présidentielle au Gabon est sûr de sa victoire qu'il n'a pas hésité à proclamer devant la presse ce dimanche, sans attendre les résultats officiels. afp.com/MARCO LONGARI

Pour ceux qui peuvent encore s’asseoir pour réfléchir quelques secondes, loin de la tyrannie de la pensée unique grégaire, l’engagement pris par Jean Ping à faire exécuter son plan “B” pour prendre son pouvoir ne semble plus convaincre. Un sentiment quasi généralisé de résignation au fait accompli semble s’être déjà installé au sein d’une population pour laquelle, l’élection du 27 août 2016 s’éloigne peu à peu derrière, à mesure que le temps passe.

Périples sur périples en Europe, en Amérique, rencontres formelles ou informelles avec certains lobby politiques occidentaux, promesses sans cesse distillées à l’occasion des meetings de faire exécuter le plan “B” pour dégager Ali Bongo Ondimba du pouvoir, appel à l’insurrection populaire, etc. Toutes ces promesses, jusqu’ici n’ont été suivi d’aucun effet, excepté les objurgations, les tempêtes des députés européens, qui de temps en temps, viennent exiger du pouvoir de Libreville la tenue d’un dialogue inclusif et sincère avec l’opposition.

Le tout assorti d’un régime de sanctions ciblées qu’ils demandent aux Etats membre de l’union européenne, de prendre instamment contres les auteurs de la fraude électorale au Gabon et des violences qui en ont découlé. Sans succès ! Entre février et septembre 2017, au total, deux résolutions ont déjà été prises par le parlement européen, sans qu’aucune d’elles n’aient un résultat concret puisqu’Ali Bongo est toujours là, Président de la République du Gabon, disposant de tous les leviers sécuritaire, militaire, économique et même politique.

Pendant ce temps, Ali Bongo impose sa marque

Il voyage au titre de président gabonais, prend part aux sommets et autres rencontres internationaux, dit la voix de son pays sur telle ou telle question (en environnement surtout). Quelques fois, des organisations non gouvernementales comme Amnesty international, Tournons la page, etc. donnent de la voix pour dénoncer le musèlement des libertés fondamentales. C’est normal, même dans des démocraties achevées, ces ONG font toujours entendre leur voix, rencontrent parfois des gouvernants attentifs, tandis que d’autres, sourds, les envoient tout simplement paître. Tout cela n’a pas permis, plus d’un an après le scrutin présidentiel d’août 2016, de faire plier le régime d’Ali Bongo, dont on peut dire qu’il sort de loin. Surtout après une élection complètement chaotique, dont la fraude, supposée ou avérée a été dénoncée comme la plus artisanale et caricaturale que le pays ait jamais connue depuis la première élection “pluraliste” de l’ère Bongo en 1993.

Jean Ping, porté au sommet de l’opposition comme le meilleur à même de renverser Ali Bongo, en raison de son carnet d’adresses “fourni”, n’a pas relevé le défi, du moins en terme de diplomatie, même si l’ancien président de la Commission de l’Union Africaine promet toujours de venir bientôt à bout de son rival, en prenant à chaque fois des exemples des pays comme le Venezuela comme si les réalités politiques et sociologiques étaient identiques. Il y a au fond comme une sorte de lassitude de la population qui semble avoir pris la mesure de la situation, surtout après les violences post-présidentielles meurtrières de l’année dernière. D’où l’affaiblissement presque généralisé des ardeurs contestataires d’une population dont la priorité électorale s’étiole à mesure que le temps passe, Jean Ping n’étant pas parvenu à arracher le pouvoir par l’éventail du fameux plan “B” comme il s’y était engagé en campagne électorale. Tout cela conjugué avec des dissensions au sein de la coalition de l’opposition qui le soutient. Les marges de manœuvre de l’opposant semblent désormais réduites et la promesse de chasser les “putschistes” n’est plus qu’un slogan de meeting qui a déjà montré ses limites. Tout est perdu.

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