La Catalogne a officiellement déclaré son indépendance ce vendredi 27 octobre, peu avant que le Sénat espagnol vote la mise sous tutelle de la région. Les dirigeants européens manifestent leur soutien à Mariano Rajoy, tout comme le département d’Etat américain.

A Bruxelles, Paris, Londres et Berlin, la déclaration d’indépendance de la Catalogne a rapidement fait réagir. Tous ont réitéré leur soutien au gouvernement central espagnol de Mariano Rajoy. Donald Tusk, le président du Conseil européen, a fait savoir sur Twitter que ce vote « ne change rien pour l’Union européenne », qui continue d’avoir « un seul interlocuteur ».

Mais il prévient : Madrid doit favoriser « la force de l’argument et non pas l’argument de la force », alors que le référendum d’autodétermination le 1er octobre avait donné lieu à de nombreuses violences policières.

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, en déplacement en Guyane avec le président français Emmanuel Macron, a pour sa part estimé qu’il s’agissait d’un débat « hispano-espagnol ». Pour autant, il ne veut pas voir « l’Union européenne de demain composée de 95 Etats », a-t-il également déclaré.

Une crainte partagée par Berlin qui, par la voix d’un porte-parole de la chancelière Angela Merkel, dit observer « l’aggravation de la situation en Catalogne avec inquiétude ». Et indique qu’elle « ne reconnaît pas une telle déclaration d’indépendance ». « La souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Espagne sont et restent inviolables (…), le gouvernement soutient la position claire du Premier ministre espagnol dans sa volonté de garantir et restaurer l’ordre constitutionnel », affirme le porte-parole d’Angela Merkel.

De la même façon, Londres annonce qu’il « ne reconnaît et ne reconnaîtra pas » la déclaration d’indépendance unilatérale de Catalogne. « Elle est basée sur un vote qui a été déclaré illégal par les tribunaux espagnols. Nous continuons à vouloir voir l’Etat de droit maintenu, la Constitution espagnole respectée, et l’unité préservée », a annoncé un porte-parole du gouvernement britannique.

« J’ai un interlocuteur en Espagne, c’est le Premier ministre Rajoy », a commenté pour sa part Emmanuel Macron, interrogé sur la situation en Guyane. Via un communiqué, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a à son tour déclaré que Paris ne reconnaissait pas la déclaration d’indépendance adoptée par le Parlement catalan. « La Constitution de l’Espagne doit être respectée. C’est donc dans ce cadre, qui est celui de l’Etat de droit, que la question de la Catalogne doit être envisagée », écrit-il.

Les Européens craignent des fissurent et voir des régions se séparer, à l’heure où ils voudraient au contraire voir l’unité de l’Europe se refaire après le Brexit. Ils ne sont pas très favorables aux poussées nationalistes et séparatistes des régions les plus riches de l’Union européenne. Et rappellent qu’une région qui quitte un Etat quitte de ce fait l’Union européenne.

Hors UE, les Etats-Unis se sont aussi très vite exprimés sur le vote du Parlement catalan, en appelant de leurs voeux le maintien de l’unité espagnole. « La Catalogne fait partie intégrante de l’Espagne, et les Etats-Unis soutiennent les mesures constitutionnelles du gouvernement espagnol visant à maintenir l’Espagne forte et unie », a ainsi indiqué le département d’Etat dans un communiqué.

Par RFI Publié le 27-10-2017 Modifié le 28-10-2017 à 02:42

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