PDG : Une sainte horreur de la critique

Virés pour l’avoir rendu responsable de divers maux dont souffre le Gabon, Bruno Ben Moubamba et Guy Christian Mavioga apparaissent comme les derniers exemples de ce que le Parti démocratique gabonais (PDG) peut réserver à ses pourfendeurs.

Le PDG n’apprécie pas beaucoup la critique d’où qu’elle vienne. Si en son sein il semble avoir réussi à remettre au goût du jour la pensée unique, au point que tout débat interne est désormais proscrit et ceux qui osent la contradiction sont perçus comme des «opposants», le parti d’Ali Bongo n’apprécie pas non plus que les critiques contre lui soient portées par ses alliés. Bruno Ben Moubamba l’a su à ses dépens, et Guy Christian Mavioga a commencé à en faire les frais.

Le dernier cité, ne se targuera plus de se faire du beurre grâce à son juteux poste de président du conseil d’administration de la Caisse de stabilisation et de péréquation. Installé dans ses fonctions en novembre 2015, le poste de PCA de la Caistab, cumulé avec celui de porte-parole de la Majorité républicaine et sociale pour l’émergence (MRSE), avait semble-t-il enivrer Guy Christian Mavioga. Le secrétaire général exécutif du Bloc démocratique chrétien (BDC), qui se présente volontiers comme un des confidents d’Ali Bongo, ne manquait pas d’occasions pour tirer sur le PDG. Sa critique, dès l’annonce des résultats de la présidentielle d’août 2016, était acerbe à l’endroit de son allié au pouvoir. En septembre 2016, il a d’ailleurs proposé au «distingué camarade» de quitter ce parti qu’il avait rendu responsable de tous les maux qui accablent les Gabonais depuis des années.

Si à l’époque l’ex-PCA de la Caistab avait soutenu qu’Ali Bongo ne devait pas sa réélection au PDG, sa sortie du 16 octobre, à l’occasion de la célébration du 8e anniversaire de la présidence du chef de l’Etat, pourrait justifier son limogeage. Le porte-parole de la majorité avait présenté le PDG comme «le premier danger du Gabon». Mal lui en a pris. Certains pressentent que ce titre lui sera également bientôt retiré.

Bruno Ben Moubamba, lui, n’a plus rien à craindre. Tout lui a été retiré progressivement. Ses critiques à l’endroit du PDG ne lui ont pas permis de comptabiliser une année entière au gouvernement. Mieux, nommé vice-Premier ministre en charge de l’Habitat, en octobre 2016, du temps où il se gardait de cracher dans la soupe qui le nourrissait, l’opposant avait été rétrogradé au poste de «simple» ministre en août 2017. Il a finalement été limogé sans ménagement en septembre. Motif : son irrespect de la solidarité et de la cohésion gouvernementale. En réalité, le président de l’Alliance pour le changement et le renouveau (ACR) s’était souvent montré virulent à l’encontre de certains de ses collègues, particulièrement ceux issus du PDG.

Ce ressentiment de la critique, le PDG l’avait déjà montré en mars 2016, avec l’exclusion d’Alexandre Barro Chabrier, Michel Menga M’Essone et Jonathan Ignoumba, trois députés qui avaient appelé à plus de démocratie au sein du parti. Ça promet de chaudes empoignades et de nombreux «licenciements» lors du 11e congrès annoncé pour décembre prochain à Libreville.

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