Les leaders de plusieurs partis de l’opposition dite modérée veulent tirer un trait sur le contentieux électoral d’août 2016, afin de s’affranchir des affres d’une guerre civile probable.

Un groupe de partis politiques de l’opposition a appelé, le 30 décembre à Libreville, à une réconciliation nationale entre opposition et majorité. L’objectif de cette initiative est de «freiner l’élan destructeur» d’un mur de haine érigé depuis 2009 et davantage fortifié depuis l’élection controversée d’Ali Bongo à la tête du pays en août 2016.

Selon Louis Gaston Mayila de l’Union pour la nouvelle république (UPNR), David Mbadinga des Upegistes loyalistes (UL), Marcel Robert Ntchoreret du Cercle oméga, Bonaventure Nzigou Mamfoumbi du Front d’égalité républicaine (FER), Alain Eya’a Mve du Mouvement de redressement national (Morena unioniste) ont dit agir en toute neutralité. Car, le désir d’alternance ne vaut pas la paix civile aujourd’hui menacée

À quelques semaines de la fin de l’ultimatum lancé par Jean Ping, cet appel à la réconciliation nationale, après celui de la Concertation des jeunes du Gabon (CJGA) tombe sous le sens.

Pour ces opposants, l’œuvre de réconciliation a toujours prévalu dans le pays, peu importe les circonstances. Mba Abessole avait pourtant remporté l’élection présidentielle de 1993, mais la paix des braves avait pris le dessus, ont-ils rappelé, estimant que cette victoire n’avait pas entamé la paix sociale.

Ils ont de ce fait appelé le président de la République à créer les conditions d’une réconciliation véritable entre les filles et fils du Gabon. En admettant en demi-mot que l’alternance au Gabon n’est possible qu’avec le quitus de la France, ces acteurs politiques n’ont pas moins jeté un doute sur la justesse de leur positionnement politique.

«Il n’y a pas de démocratie au Gabon. Nous sommes dans une gestion de consensus», a clairement lancé Marcel Robert Ntchoreret. Une posture ambiguë quand on sait qu’ils s’étaient pratiquement tous rangés derrière Jean Ping lors de la présidentielle de 2016.

Si les résultats du scrutin d’août 2016 cristallisent les tensions entre majorité et opposition, pour les signataires de la charte du «oui à la réconciliation nationale», l’élection présidentielle est désormais derrière nous.

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