Le congrès a voté, les deux chambres parlementaires gabonaises réunies en Congrès extraordinaire ont adopté mercredi le projet de loi controversé sur la révision de la Constitution. Le président Ali Bongo Ondimba a donc réussi à faire passer une réforme constitutionnelle pourtant très critiquée par l’opposition.

Finalement la révision constitutionnelle, critiquée par l’opposition gabonaise a été adoptée à 197 voix pour, 14 contre et deux abstentions, par les deux chambres parlementaires selon une source à la présidence. Cette révision doit désormais obtenir l’aval de la Cour constitutionnelle.

Cette nouvelle Constitution sera la septième depuis la fin du monopartisme au Gabon en 1991. Cependant ni le contenu du texte, ni de ses différents amendements par l’Assemblée, le Sénat ou le Congrès n’ont pour l’instant été rendus publics. En novembre, Jeune Afrique s’était procuré le texte du projet initial, avant le passage devant les parlementaires.

Si le texte a reçu l’aval de l’Assemblée nationale et le Sénat, qui avaient tour à tour précédemment adopté le texte en y ajoutant des amendements, ces deux chambres sont composés en quasi totalité du membres du parti du pouvoir (Parti démocratique gabonais, PDG).

Un projet de loi qui fait débat

Les proches du président se félicitent du nouveau texte de loi à l’instar d’un responsable gouvernemental, le porte-parole de la présidence, Ike Ngouoni Aila Oyouomi qui a déclaré que cette révision constitutionnelle était « une étape importante dans la réalisation des objectifs issus du dialogue politique national voulu par Ali Bongo Ondimba en 2017 » et quelle comportait des « avancées en matière de démocratie comme la volonté de mise en place d’un scrutin à deux tours pour les élections présidentielles ».

Plusieurs membres de l’opposition sont farouchement hostiles au texte depuis octobre 2017. Ils accusent cette révision constitutionnelle d’être en fait une « monarchisation du pouvoir ». Le nombre de mandats présidentiels reste notamment illimité, au grand dam des opposants et membres de la société civile, qui réclamaient une limitation.

« La révision constitutionnelle adoptée par un Parlement composé d’une Chambre intérimaire, l’Assemblée nationale, pour tenter d’asseoir le pouvoir d’un président de la République jamais élu, illustre mieux que tout la gravité de la crise politique dans laquelle le Gabon se trouve », a réagi mercredi Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, porte-parole de l’opposant Jean Ping, cité par l’AFP.

L’adoption de cette loi risque donc de compliquer d’avantage la situation au Gabon, qui a connu une élection présidentielle mouvementée en août 2016 avec la réélection d’Ali Bongo Ondimba au pouvoir depuis 2009, pendant que l’opposition qui soutient Jean Ping, le considère comme « président élu ». Le pays se prépare également à la tenue d’élections législatives en 2018. Ces élections prévues initialement pour décembre 2016, ont déjà été reporté deux fois et devraient finalement se tenir autour d’avril, selon le gouvernement.

Par Jeune Afrique avec AFP

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