DESPOT HOUSEWIVES - Saison 2 - Patience Dabany épouse du président Albert Bernard-Oumar Bongo et mère du président Ali Bongo Ondimba
DESPOT HOUSEWIVES - Saison 2 - Patience Dabany épouse du président Albert Bernard-Oumar Bongo et mère du président Ali Bongo Ondimba

La société productrice de la série avait interjeté appel d’une ordonnance de référé rendue le 16 février par le TGI de Paris. La justice française interdisait l’exploitation d’une interview accordée par l’ex-Première Dame du Gabon au réalisateur Joël Soler, dans le cadre de sa série consacrée aux épouses d’anciens « despotes ». Cet appel a été rejeté à Paris le 27 juin.

Mercredi 27 juin, la cour d’appel de Paris a confirmé l’ordonnance de référé rendu cinq mois plus tôt par le tribunal de grande instance (TGI) de Paris. L’interview que Patience Dabany a accordé au réalisateur français Joël Soler dans le cadre de sa série Despot Housewives, consacrée aux épouses d’anciens « despotes », ne pourra pas être diffusée.

Marie Joséphine Kama (son nom à l’état civil), épouse de 1967 à 1986 d’Omar Bongo Ondimba, et mère d’Ali Bongo Ondimba, « a été trompée sur la finalité du reportage », écrit la cour d’appel dans son arrêt consulté par Jeune Afrique.

Un casting qui pose problème

Initialement programmée sur la chaîne Planète+ (groupe Canal+) le 27 septembre 2017, la chaîne avait été mise en demeure de ne pas le diffuser par avocat interposé. Patience Dabany avait ensuite assigné en référé la production Day for Night, le 14 novembre 2017, pour « atteinte à son droit à l’image ».

À juste titre selon le TGI, qui a été suivi hier par la cour d’appel. « Le consentement de Madame Dabany a été sollicité et obtenu, mais a été vicié », écrit la cour dans son arrêt.

Y est à nouveau pointé avec force détails le décalage entre ce qui avait été annoncé à Patience Dabany et son manager Edgar Yonkeu lors des échanges d’emails avec Day For Night, la société productrice de la série, en préparation de l’entretien, et l’interview telle qu’elle apparaît dans l’épisode de 52 minutes.

L’épisode en question s’intitule Les Matriarches : Patience Dabany apparaît aux côtés de l’épouse du tristement célèbre ministre nazi de la Communication, Magda Goebbels, qui empoisonna ses six enfants au cyanure à la chute du IIIe Reich, ainsi que les épouses de la dynastie Kim en Corée du Nord…

Même si Joël Soler se défend d’avoir voulu opérer une quelconque comparaison, ce qui est explicitement rappelé dans l’épisode, le casting est sensiblement différent de celui évoqué en amont entre Edgar Yonkeu et Day For Night. Il était alors question d’associer Patience Dabany à Marie et Irène Curie et à l’ancienne présidente de la Corée du Sud, Park Geun-Hye.

LA VIOLATION DÉLIBÉRÉE DU CONSENTEMENT OBTENU DANS CES CIRCONSTANCES PRIME SUR LA LIBERTÉ D’EXPRESSION », A JUGÉ LA COUR D’APPEL

La finalité de l’interview dissimulée

Et les arguments avancés par Day For Night n’ont pas plus porté qu’en première instance. La société de production et le réalisateur plaidaient notamment la défense de la liberté du public à l’information. « La violation délibérée du consentement obtenu dans ces circonstances prime sur la liberté d’expression », a répondu la cour d’appel. Nulle censure aux yeux des juges pour qui rien n’empêche de s’intéresser à Patience Dabany, sans l’interviewer.

La transparence et la bonne foi dans la préparation de l’entretien n’ont pas davantage pesé. Les échanges préparatoires sont pourtant rappelés par le menu dans l’arrêt de la cour d’appel : on y voit Day For Night lister très scrupuleusement les questions envisagées pour l’interview. Des tubes de Patience Dabany, devenue sous ce nom de scène une star internationale de la musique, sont envisagées comme leitmotiv de l’entretien.

En réponse, Edgar Yonkeu, lit-on également dans l’arrêt, précise celles auxquelles Patience Dabany ne répondra pas. Pascaline Mferri Bongo Ondimba, la sœur du chef de l’État Ali Bongo Ondimba, et l’actuelle Première dame, Sylviane Bongo, ne pourraient par exemple pas être évoquées lors de l’entretien.

Des aller-retours préalables jugés insuffisants pour la cour d’appel, pour qui la finalité véritable de l’interview a été dissimulée par le réalisateur.

LE MONTANT DES DOMMAGES ET INTÉRÊTS EST RAMENÉ À UN EURO SYMBOLIQUE

Interrogé par Jeune Afrique en janvier, Joël Soler arguait a fortiori que l’autorisation de tournage accordée par le ministère gabonais de la Communication précisait que le tournage qu’il venait réaliser à Libreville traitait des matriarches en politique. Un autre gage de transparence à ses yeux…

Seule satisfaction du côté de la société de production, condamnée à 3 000 euros de réparation par le TGI en février, le montant des dommages et intérêts est ramené à un euro symbolique. Contactée par Jeune Afrique, la société indique réfléchir aux suites qu’elle pourrait donner à cet arrêt.

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