Un taxi à Libreville au Gabon

Le ministère de la Fonction publique, de la modernisation du service public et de la réforme de l’Etat veut rattraper le coup d’une consultation des partenaires sociaux, alors qu’il a adopté des mesures d’austérité sans préalablement s’en référer comme le prévoient les conventions de l’Organisation internationale du travail.

Le gouvernement va ouvrir des négociations avec les syndicats, plusieurs semaines après avoir adopté des mesures d’austérité visant à réduire le train de vie de l’Etat. Un pas à reculons dans la démarche unilatéralement menée par l’exécutif jusque-là.

Dans un communiqué diffusé dans la presse, le ministère de la Fonction publique, de la modernisation du service public, et de la réforme de l’Etat, invite les syndicats à se faire enregistrer au secrétariat général de son ministère. Objectif : ouvrir des consultations avec les partenaires sociaux.

Une attitude préoccupante pour les syndicalistes qui accusent le gouvernement d’avoir violer le sacro-saint principe de la consultation contenu dans les conventions 144, 151 et 154 de l’Organisation internationale du travail (OIT) ratifiées par le Gabon, lorsqu’il a engagé des mesures d’austérité.

Un rétropédalage étonnant vite assimilé à de l’improvisation chez les syndicalistes, car le gouvernement aurait de toutes évidences privilégié le dialogue avec les agents publics représentés par les syndicats des travailleurs avant d’engager ces mesures drastiques.

Si les partenaires sociaux sont solidaires à l’idée de permettre à l’Etat de faire des économies, le choix des segments touchés engendre cependant des grincements de dents. La décision de mettre sous bon de caisse les agents publics dès ce mois et celle de prélever des décotes de 5, 10 et 15% sur les salaires au seuil de 650 mille francs CFA et plus, agite l’univers syndical.

Dynamique unitaire, le très influent syndicat des agents publics de l’Etat, se montre loin d’être solidaire avec les mesures d’austérité adoptées par le gouvernement. Selon lui, il n’appartient pas aux agents de payer le prix des choix inopérants de l’exécutif, mais au gouvernement de les assumer.

De l’autre côté, l’Union sacrée pour la patrie, portée par le syndicat des régies financières, pense la démarche du gouvernement en adéquation avec leurs attentes fondées sur l’assainissement profond de l’appareil économique de l’Etat. Même si le syndicat préconise un seuil de prélèvement chez les plus gros salaires.

Parce qu’il n’est pas trop tard pour bien faire, les partenaires sociaux estiment que le gouvernement serait bien inspiré de reconsidérer le bout par lequel les bretelles ont été tirées.

Alain Mouanda Mouanda

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