Le Dr. Daniel Mengara, Leader du mouvement Bongo Doit Partir-Modwoam, dans la salle des conférences de l'Eisenhower Executive Office Building à la Maison Blanche lors de la rencontre entre les responsables de la Maison Blanche et les leaders de la diaspora africaine aux Etats-Unis à Washington le 22 février 2016

Chers compatriotes.

Nous y sommes. Encore une fois. Une fois de trop.

Ce samedi 6 octobre, ils vont de nouveau grincer des dents, crier à la fraude, se plaindre de s’être fait de nouveau voler leurs victoires. Je parle bien de votre opposition bongoïste, celle-là même qui ne jure que par le nom des Bongo et d’héritages bongoïstes qu’ils prétendent pouvoir moderniser ; je parle bien là de votre opposition d’anciens pédégistes venus faire le jeu des Bongo au sein de l’opposition, de cette opposition alimentaire qui fait semblant de s’opposer, alors que cela a toujours été, en réalité, une affaire de famille, une affaire de clan des initiés du bongoïsme, une affaire de mafia bongoïste, quand ce n’était pas simplement une affaire de positionnements, de postures et d’arrivisme, de la part des nouveaux bongoïsants, ceux-là mêmes qui ont décidé d’aller manger, à leur tour, le sang des Gabonais, en compagnie des Bongo.

La question que les Gabonais devront, néanmoins, leur poser est la suivante : Qui leur a dit de participer ?

Quand on participe, c’est qu’on a accepté les règles du jeu, quelles qu’elles soient. Et quand on accepte les règles du jeu, on accepte les conséquences de ce jeu. Quand on participe à des élections que l’on sait perdues d’avance, cela sert à quoi, par la suite, d’aller vociférer des complaintes et crier à des fraudes que l’on savait pourtant existantes, surtout dans un système qui, il y a à peine 2 ans, venait de montrer de « a » à « z » que le Gabon ne changera jamais par la force démocratique des urnes ?

Quand on participe volontairement à une mascarade, c’est qu’on est soi-même acteur et complice de la mascarade. Qu’ils épargnent donc aux Gabonais leurs sempiternelles complaintes et accusations de fraude suite à des élections auxquelles ils auront volontairement participé, en parfaite connaissance de cause.

En 2016, on leur avait dit que seule la rue pouvait libérer le Gabon et que, plutôt que de participer, il fallait transformer l’unité de l’opposition en une unité agissante qui empêcherait la tenue de toute nouvelle élection au Gabon tant qu’un Bongo serait au pouvoir.

Ils ont répondu qu’ils avaient des carnets d’adresse. Que tout était gagné d’avance.

En 2018, on leur a dit que seule la rue pouvait libérer le Gabon et que, plutôt que de participer, il fallait empêcher la tenue de cette élection par la force démocratique de la rue. Ils ont répondu qu’ils allaient quand-même y aller parce que, affirment-ils, ils peuvent gagner la majorité au parlement. Ah bon ? Dans quel Gabon ?

Quand ils se plaindront de la fraude des Bongo demain, les Gabonais seront en droit de les insulter, de les chasser de leurs quartiers avec des coups de pieds dans les fesses. Les Gabonais seront en droit de leur dire : « bandécons ». Au village, on sera en droit de leur dire : « mouf ». Comme à des chiens.

Chers compatriotes :

Je vous invite, ici et maintenant, à vous poser, désormais, les bonnes questions, pour ne plus jamais vous laisser berner, pour ne plus jamais vous laisser enfumer.

Le débat n’a jamais été celui de savoir s’il fallait boycotter l’élection législative ou y participer. Ceux qui ont ainsi présenté le débat vous ont offert un faux choix, à dessein. Ils ont voulu, comme en 2016, vous orienter vers deux options trompeuses—boycotter ou participer—pour mieux justifier leur participation complice. Ils ont voulu présenter le boycott comme une option négative qui, selon eux, laissait le pouvoir à Ali Bongo. En réalité, les deux options aboutissent exactement à la même conséquence : Aucune ne chasse Ali Bongo du pouvoir. La seule différence entre les deux est que, dans un pays de fraude où l’opposition n’a aucune chance de s’imposer par les urnes, la participation devient, automatiquement, un acte de légitimation du pouvoir d’Ali Bongo, tandis que le boycott, paradoxalement, lui retire cette légitimité. Un taux de participation de 10%, par exemple, est de nature à rendre l’élection non crédible, ce qui enlève sa légitimité au régime (cela représente un vote du peuple avec les pieds), alors qu’un taux de participation de 60%, par exemple, aiderait Ali Bongo à consolider son pouvoir et, donc, à donner l’illusion d’une certaine légitimité électoraliste à son régime.

La question que les Gabonais devront se poser, dans ce contexte, consiste à se demander ce qui aide le plus Ali Bongo : le boycott qui lui enlève la légitimité ou la participation qui lui donne la légitimité ?

Ce que je veux dire ici est simple : Le régime des Bongo va sans doute offrir à l’opposition gabonaise, comprenez ici à ses complices faisant semblant de s’opposer au sein de l’opposition, entre 10 et 40 postes de « députés par nomination ». Ceux de l’opposition qui vont, donc, « gagner » seront, à ce titre, des gens que le régime aura soigneusement choisi pour aller faire semblant de gueuler des conneries lors des débats à l’Assemblée nationale.

Mais 10, 20, 30 ou 40 députés, même parmi les plus braillards, ne changent pas un régime. Ils n’auront même pas, en tant que minorité parlementaire, la capacité d’empêcher Ali Bongo de faire voter des lois injustes ou dictatoriales. Tout ce qu’ils feront c’est effectivement faire semblant de brailler le jour, mais le soir, dans l’ombre, ils mangeront le sang des Gabonais en compagnie des Bongo. Qu’il y ait donc 10, 20, 30 ou 40 députés de l’opposition au parlement ou pas, pour le reste des Gabonais, ce sera toujours la même misère, les mêmes grincements de dents.

Nos fameux opposants électoralistes veulent vous faire croire que faire de l’opposition, c’est se contenter du statut d’opposants « braillards » au sein du « parlement des braillards » d’Ali Bongo, sans aucune chance de changer de régime ou de prendre le pouvoir. Ce qu’ils ne vous disent pas, cependant, est qu’ils vont donner à Ali Bongo l’occasion de créer l’illusion, à l’international, que le Gabon est une démocratie. Car la vérité demeurera toujours que, quand on vote « non » au parlement, on contribue à la consolidation du régime en place au même titre que ceux qui votent « oui ». Et les lois votées deviennent ainsi des lois marquées du sceau d’une sorte de légitimité démocratique, même quand, dans un pays comme le Gabon, le déficit démocratique est réel et chronique. Mais, à l’international, on verra un pays démocratique avec des débats démocratiques. L’opposition participatrice et collaborationniste va ainsi, en réalité, tuer tout ce qui aurait pu naître au Gabon comme opposition radicale libératrice.

Ce n’est pas parce qu’on aura quelques députés de l’opposition noyés dans un océan de bongoïstes capables de faire la pluie et le vent au parlement qu’on gagne le pouvoir. Ceux qui participent n’y vont pas parce qu’ils pensent sérieusement qu’ils peuvent remporter la majorité à l’Assemblée nationale. Ceux qui participent y vont pour eux-mêmes, pour aller manger, en compagnie des Bongo et en complicité avec eux. Ils n’y vont pas pour le peuple gabonais. Ce sont des collaborationnistes. Des voyous.

Non, chers compatriotes. Le choix n’a jamais été entre boycotter et participer. Participer, soi-disant pour ne pas laisser le monopole de la place politique au régime, est un faux-semblant. On n’a pas besoin d’être au parlement pour occuper la place politique. Tout ce que cela demande, c’est la confrontation. Dans la rue. Pour imposer sa volonté au dictateur, et le chasser du pouvoir. Au Burkina Faso, on n’a pas eu besoin d’attendre une élection présidentielle ou législative. On n’a même pas, au Burkina, permis à Compaoré d’organiser quelque élection que ce soit. Au Burkina, on n’a pas eu besoin d’avoir des députés au parlement. Au Burkina, on a simplement court-circuité le projet de fraude électorale de Blaise Compaoré, puis on l’a foutu à la porte, par le pouvoir démocratique de la rue.

Hier, ils vous ont dit qu’il fallait l’embrigadement … pardon … je veux dire l’unité de l’opposition et, par la suite, ils vous ont vanté les mérites de leur unité autour d’un candidat unique. Comment se fait-il alors que toute cette unité construite autour de tant de « poids lourds » n’ait jamais été transformée en unité suffisamment agissante pour, non pas participer à l’élection perdue d’avance de 2016, mais la bloquer et, dans le sillage de ce blocage, foutre les Bongo dehors par la force démocratique de la rue ?

Aujourd’hui, ils sont bien muets, bien dociles, et vont à l’élection législative avec de gros discours populistes promettant des victoires sorties de la planète mars, comme s’il n’y avait jamais eu 1990, 1993, 1996, 1998, 2001, 2005, 2006, 2009, 2011, 2016 ?

Hier, ils vous sont dit, en prélude à leur participation à l’élection perdue d’avance de 2016, que sans unité de l’opposition et sans candidat unique, l’opposition ne pourrait pas gagner. Pourtant, malgré l’unité et la fameuse candidature unique demandée à cor et à cri, ils ont laissé la victoire à l’autre, je dis bien laissé la victoire à l’autre. Pire, après avoir longtemps vanté des carnets d’adresse miraculeux qui n’ont jamais existé, ils ont fait le choix d’aller se réfugier derrière le verdict de la CENAP, puis, ensuite, le verdict de la Cour constitutionnelle et, enfin, toute honte bue, l’illusion d’une Union européenne qui n’en avait rien à foutre.

Aujourd’hui, le président élu s’est enfermé dans le mutisme, pendant que ses complices s’en vont légitimer, avec son assentiment total, le régime de celui dont ils disaient encore tous, il y a à peine 2 ans, qu’il ne serait plus là pour organiser les élections législatives de … 2016, puis… de 2017… puis 2018.

Posez-vous les bonnes questions, chers compatriotes.

Cela a, en réalité, toujours été une affaire de famille, une affaire de clan. Comme dans la mafia, on ne trahit jamais la famille, le clan, surtout pas quand on a fait des enfants avec le sang du clan et que les fortunes et les biens que les uns et les autres ont accumulées pendant des décennies sont imbriqués dans des affaires familiales et financières qui impliquent celui que l’on dit combattre. Dans un tel contexte de complicités multiformes, faire une insurrection à Ali Bongo revient à faire une insurrection contre soi-même. Ce n’est donc pas avec ces anciens pédégistes que triomphera le pouvoir démocratique de la rue au Gabon.

Non, bien au contraire, ils ne sont jamais venus dans l’opposition pour défaire Ali Bongo. Ils sont venus dans l’opposition pour sauver le régime, sauver leurs privilèges, sauver leurs fortunes mal acquises, et Ali Bongo avec. Ils sont venus pour éteindre la flamme révolutionnaire qui couvait dans le cœur d’une jeunesse gabonaise qui n’en pouvait plus, une jeunesse qui en avait marre. Au passage, ils ont créé une nouvelle génération de bongoïsants qui vont maintenant, à leur tour, se constituer en ennemis du peuple. Demain, ce seront ces nouveaux jeunes reconvertis en mangeurs de sang qui vont devenir, dans le nouveau parlement, la nouvelle garde bongoïste; ce sont eux qui, pour défendre leur pain, vont devoir s’organiser en mafia protectrice des Bongo. Contre le peuple gabonais. S’ils veulent continuer à manger.

Ne vous semble-t-il pas contradictoire que, ayant pendant un moment soutenu avoir gagné les présidentielles de 2016, ils ont maintenant tous abandonné leur président élu, président élu qui, comme par hasard, se retrouve désormais terré dans le mutisme le plus total, laissant à ses amis le soin d’aller à l’élection organisée par celui que, hier encore, ils accusaient d’illégitimité ? 

Il me semble à moi, pourtant, qu’en participant à l’élection législative organisée par le président illégitime, toute cette basse-cour d’opposants a, directement et indirectement, sonné le glas d’une présidence élue qui se retrouve, ainsi, répudiée, vomie, abandonnée, au profit d’un Ali Bongo qui se retrouve, ainsi, légitimé ? Le tout sous les yeux et le silence complices du président élu qui avait attendu trop longtemps pour ne plus retenir des troupes qu’il n’avait jamais retenues.

Posez-vous les bonnes questions, chers compatriotes.

Et, surtout, méfiez-vous de ces anciens pédégistes de l’opposition. Méfiez-vous aussi de ceux qui, anciens opposants proclamés et autoproclamés, se sont faits complices de ces anciens pédégistes de l’opposition en allant désormais ensemble légitimer le régime d’Ali Bongo.

Quand un fossile du régime des Bongo comme Nzouba Ndama démissionne avec fracas du parlement, soi-disant parce qu’il n’accepte plus la prise en otage du Gabon par les Bongo, on a envie de dire, « bravo ». Seulement, comment expliquer que le même Nzouba, alors qu’il n’avait même pas encore passé une seule année dans l’opposition, appelait déjà les Gabonais à aller dialoguer avec Ali Bongo ? A quoi donc avait servi sa démission si, quelques mois seulement après, il voulait déjà discuter de nouveau avec celui qu’il venait à peiner de quitter injures à la bouche ?

Quand on quitte le PDG avec fracas et qu’en guise d’identité politique, on se crée un parti politique qui s’appelle « Enfumage et Duplicité » … pardon, je veux dire … « Héritage et Modernité », les Gabonais ne sont-ils pas en droit de se demander de quel « héritage » on veut parler, surtout quand, aux premières heures de ce parti, on continua à porter des chemises et pagnes à l’effigie de celui qui avait tué le Gabon pendant 42 ans ! Cet « héritage », c’est quoi ? La question que d’aucuns seraient en droit de se poser est quand-même la suivante : Peut-on trouver une seule chose qui fut bonne tout au long des 42 années qu’Omar Bongo a passées au pouvoir ? Moi, je ne vois que mort et désolation, crimes et corruption, faillite et incompétence, animalité et décadence, dictature et meurtrissures. Qu’y a-t-il donc, dans un tel bilan, à revendiquer comme héritage ? Peut-on, réellement, faire du neuf avec du vieux là où tout le monde sait qu’un fruit pourri finit toujours par contaminer, puis pourrir tous les fruits d’un même panier, et que seule la rupture totale et radicale d’avec les Bongo peut permettre une modernisation digne de ce nom pour le Gabon? Si l’on se met à revendiquer le même héritage que celui que revendique Ali Bongo, quelle différence peut-on alors faire entre Ali Bongo et les autres héritiers ?

Non, chers compatriotes, cela a toujours été une affaire de famille. De clan.

Posez-vous les bonnes questions.

Et surtout, posez-vous la question de ce qui fait le plus avancer le Gabon : Composer avec le dictateur en participant à l’élection qui va lui redorer le blason sur le plan international à cause du cachet démocratique que l’opposition bongoïste collaborationniste va lui donner ce 6 octobre, ou rester à la maison pour, au moins, refuser au dictateur votre caution, sachant que, dans ces cas paradoxaux, voter voudra toujours dire cautionner le processus de fraude qui tue le Gabon depuis 51 ans ?

Boycotter ou participer est un faux choix, un faux débat. Le choix a toujours été, en réalité entre la participation ou l’insurrection. Quand on participe, on aide Ali Bongo à donner l’illusion de démocratie dont il a besoin pour continuer à ruiner le Gabon.

Mais comme vos fameux opposants bongoïstes ne vous ont donné que ce faux choix—boycotter ou participer—tout en évitant soigneusement le débat d’une confrontation directe qui aurait eu le mérite de libérer le Gabon par le pouvoir démocratique de la rue, il vous appartient, en dehors d’une insurrection en bonne et due forme, de faire le seul choix citoyen qui vous reste.

Autrement dit:

Si « boycotter » veut dire, a minima, refuser de légitimer la criminalité d’Ali Bongo et « participer », a minima, veut dire accepter de légitimer Ali Bongo, un peu comme si vous donniez aux Bongo et à leurs complices de l’opposition le couteau avec lequel ils vont égorger vos enfants, alors le choix est simple : des citoyens se doivent toujours de refuser de cautionner les criminels forfaits de ceux qui, encore une fois, s’apprêtent à organiser la mort de leurs enfants. Un vote avec les pieds est toujours une meilleure option qu’un vote suicidaire qui donne à un dictateur la légitimité dont ils a besoin pour continuer à meurtrir le peuple en toute impunité. Quelques énergumènes de l’opposition au parlement ne changera pas cette réalité.

Au Gabon, cela a toujours été une affaire de famille, de clan, de mafia bongoïste.

Toute cette criminalité finira bien un jour. Le jour où la rue parlera pour balayer toute cette mécréance bongoïste. Une bonne fois pour toute.

Pour le moment, le temps a fait son travail de clarification. Les Gabonais savent et sauront désormais qui sont les vrais ennemis du peuple.

Dr. Daniel Mengara
Président, Bongo Doit Partir

P.O. Box 3216 TCB
West Orange, New Jersey 07052, USA

Tél. +1.973-447.9763
http://www.bdpmodwoam.org

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