Les Librevillois ont célébré Noël avec une sévère pénurie de manioc, l’aliment de base qui accompagne toutes les sauces au Gabon. La pénurie dure depuis bientôt trois mois, mais les autorités sont quasiment impuissantes car les plus grandes quantités de manioc consommées à Libreville viennent du Cameroun, du Congo-Brazzaville et même de Côte d’Ivoire. La pénurie provoque naturellement une flambée des prix.

Nadège Mboumba Ngoyo est l’une des nombreuses Gabonaises qui fabriquent le manioc consommé à Libreville. « Ici, vous êtes à la boulangerie de manioc, explique-t-elle en faisant visiter son atelier. C’est mon bureau. Si vous voyez qu’on a les bras croisés, c’est parce qu’on n’a pas le manioc. Ça fait deux mois qu’on n’a pas de manioc. »

Comme Nadège, beaucoup de Gabonaises sont quasiment au chômage. Tous les dépôts sont vides. « Le manioc ça vient du Cameroun, du Congo et de la Côte d’Ivoire. Chez moi, dans le Haut-Ogooué, il y a le manioc, mais il n’y a pas de route pour arriver ici. Il n’y a pas de camions », déplore-t-elle.

Un dépôt du PK11 a été ravitaillé la nuit. Au petit matin, c’est quasiment une scène d’émeute. La pénurie a provoqué une flambée des prix à tous les niveaux. Le bâton de manioc est passé de 250 à 400 FCFA.

La guerre dans les régions anglophones du Cameroun ainsi que l’implantation, au Gabon, d’un pont-bascule qui surfacture les cargaisons « auraient détourné les fournisseurs camerounais vers le Nigeria », explique-t-on.

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