Théophile Ogandaga est le nouveau directeur de cabinet du président de la République. Le Palais du bord de mer vit peut-être un tournant car pour la première fois depuis dix ans, la direction de cabinet échoit à un non-originaire du Haut-Ogooué.

Un an après sa promotion au poste de directeur général adjoint d’Olam Gabon, Théophile Ogandaga vient de franchir un nouveau palier. A l’issue du Conseil des ministres du 7 novembre, il a été nommé à la «prestigieuse» fonction de directeur de cabinet du chef de l’Etat. Ce fils de l’Ogooué-Maritime et du Moyen-Ogooué remplace Brice Laccruche Alihanga, appelé à faire valoir ses compétences au sein du gouvernement.

gé de 59 ans, Théophile Ogandaga est connu comme un technocrate froid, sobre et discret, et aussi comme un homme de dossiers. Il a passé une quinzaine d’années à Shell au Gabon, puis en ”expat” aux Pays-Bas. On le dit proche de Noureddine Edouard Bongo-Valentin, fils aîné du chef de l’Etat, qu’il a côtoyé un moment à Olam. Comme il l’avait fait en août 2017, c’est Noureddine Bongo qui aurait, selon des sources concordantes, proposé au chef de l’Etat la nomination de celui qui avait rejoint Olam en 2010, avant d’en devenir le directeur général adjoint en décembre 2018.

L’homme étant réputé respectueux des collaborateurs, expérimenté et rompu à la tâche, Ali Bongo a clairement choisi un profil pouvant apporter une plus-value, en termes de préconisations techniques multiformes envisageables au sommet de l’ État. Un profil plus proche de celui d’un Patrick Strzoda, le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, que d’un Brice Laccruche Alihanga.

Malgré les conseils de certains diplomates occidentaux en poste dans la capitale gabonaise, Brice Laccruche se voulait omniprésent et omnipotent, multipliant les rodomontades à des agents de l’Etat en public, offrant de sa personne pour négocier, à l’extérieur, des contrats avec des entreprises étrangères, en lieu et place des membres du gouvernement. Il promettait même de virer tel ministre et de faire la promotion de tel autre. En gros, il faisait la pluie et le beau temps au sein de la haute administration.

En suscitant amertume et colère dans l’opinion, il a fini par se suicider politiquement… Sa nomination au gouvernement à un poste de second plan sonne comme la fin évidente de son influence dans le Landernau politique national. Que vont devenir ces ministres, gouverneurs et préfets qui lui faisaient allégeance ? Que vont devenir les clés offertes à l’intéressé par des maires avides de ses faveurs qui faisaient de lui «le citoyen d’honneur» de leur commune (Port-Gentil, Oyem, Owendo, Kango, etc.) ? Des activités et un pouvoir qui dépassaient largement le cadre des missions d’un directeur de cabinet du président de la République. Dans les normes, effet, celui-ci assiste le président de la République dans ses prérogatives et assure l’organisation, la coordination et la surveillance du cabinet présidentiel. Il prend part au Conseil des ministres et administre les ressources du cabinet présidentiel. Le nouveau promu s’y conformera-t-il pour interrompre la nouvelle tradition des directeurs de cabinet surpuissants inaugurée avec Maixent Accrombessi ?

Théophile Ogandaga se sait attendu. D’autant que c’est la première fois depuis dix ans, que la direction de cabinet du Président échoit à un non-originaire du Haut-Ogooué. Cette personnalité délicieusement sympathique, devrait prendre ses fonctions le 11 novembre. Bien qu’il connaisse le fonctionnement d’un cabinet, cet ancien conseiller de ministre est conscient que ses premières actions et décisions seront scrutées avec beaucoup d’attention.

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