À moins d’avoir été remplacé par une autre appellation censée renvoyer à la même définition, le mot «jeunesse» a disparu du gouvernement et ne fait donc plus partie des différents départements ministériels existant jusqu’au 2 décembre, jour du dernier remaniement. Déçu, Ali Bongo semble avoir décidé de couper court au Septennat de la jeunesse.

Sur les 31 ministres que compte le gouvernement remanié le 2 décembre, aucun n’a hérité du département “Jeunesse”, alors même que certains ont vu leurs charges allégées. C’est le cas de Franck Nguema qui jusqu’à lundi était encore ministre de la Culture, des Sports, chargé de la Jeunesse et de la Vie associative. Question : Ali Bongo aurait-il décidé d’écourter le Septennat de la jeunesse amorcé au début de son second mandat ?

Si certains répondent par l’affirmative, c’est qu’ils prétendent que le président de la République a été déçu par les jeunes à qui il avait confié d’importantes responsabilités dans la haute administration publique. En témoignent les interpellations d’anciens cadres de structures publiques et parapubliques enregistrées ces derniers jours, dans le cadre de l’opération dite «Scorpion».

La plupart, sinon tous, sont des jeunes à qui Ali Bongo avait accordé sa confiance et qu’il avait nommés à des postes stratégiques n’auraient pas été dignes de cette confiance, au point que certains auraient profité de son AVC survenu en octobre 2018 pour se remplir les poches, voire pire : tenter de le lui ravir sa place. Brice Laccruche Alihanga, son ancien directeur de cabinet, ainsi que ses proches, adhérents ou sympathisants de l’Association des jeunes émergents volontaires (Ajev), aujourd’hui soupçonnés de malversations financières, sont des exemples patents de la «trahison» dont se serait rendue coupable cette jeunesse.

Ali Bongo se vengerait-il ?

Pour certains, en décidant de supprimer le département Jeunesse du gouvernement, Ali Bongo aurait décidé de se venger. Mieux, le chef de l’État aurait décidé de ne plus tenir ses engagements vis-à-vis de la jeunesse gabonaise à laquelle il a pourtant consacré son second mandat.

Signé en 2011 et renouvelé après sa réélection en 2016, le partenariat d’Ali Bongo avec la jeunesse gabonaise aurait-il définitivement été brisé à cause d’un groupe d’hommes et de femmes qu’il a lui-même choisi pour l’aider à gouverner ? Tenu de respecter les engagements internationaux en matière d’implication des jeunes dans la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD), le Gabon serait-il en passe d’intégrer le groupe des mauvais élèves ? Si les réelles intentions du président de la République ne sont pas encore connues, il n’en demeure pas moins qu’un profond malaise s’est installé entre lui et la jeunesse, au point de ramener au gouvernement d’anciens commis de l’État.

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