Gregory Laccruch Alihanga, maire d’Akanda. © D.R.

Le maire d’Akanda, Grégory Laccruche Alihanga, à été placé vendredi soir sous mandat de dépôt à la prison centrale de Libreville. Ses avocats dénoncent une “violation flagrante des droits de la défense”.

Gardé à vue au service de contre-ingérence du B2 depuis mercredi 27 novembre, Grégory Laccruche Alihanga, frère de l’ex-directeur de cabinet du président de la République Brice Laccruche, a été placé en détention préventive vendredi aux alentours de 20h30 pour “complicité de détournement, blanchiment et associations de malfaiteurs“, a appris Gabonreview auprès de ses avocats.

Deux de ses collaborateurs également gardés à vue au B2, dont un Français, ont été déférés ce même jour.

Inculpé dans le cadre de l’opération dite Scorpion, Grégory Laccruche Alihanga est à la tête de la société Dupont Consulting Company, créée en 2015 et soupçonnée d’avoir participé à des détournements de fonds au sein de la Gabon Oil Company (GOC), la société pétrolière publique. Il a aussi créé plusieurs sociétés de “prises de participation“, parmi lesquelles la structure Ossa Finances.

La défense se plaint de vices de procédure

Les quatre avocats de la défense du jeune édile d’Akanda ont dénoncé hier dans un communiqué une “violation flagrante des droits de la défense”.

Selon eux, la Cour constitutionnelle aurait dû traiter l’affaire, une exception ayant été soulevée.

Or, “en lieu et place d’un délibéré, le juge annonçait sans surprise, qu’elle s’interdisait de tirer les conséquences des dispositions constitutionnelles et décidait de passer outre la demande soulevée au mépris flagrant de l’Etat de droit“.

Un mandat de dépôt effectué “sans discussion” ?

Plus généralement, des avocats de plusieurs clients de l’opération Scorpion se plaignent de plusieurs manquements au respect du cadre légal.

“Nous n’avons pas d’accès au dossier pendant la garde à vue, des interpellations sont effectuées à des heures hors cadre légal par des personnes non habilitées. Il n’y a pas de débats contradictoires pour le débat sur la détention. Nous n’avons pas accès au dossier durant l’instruction, etc“, a dénoncé auprès de Gabonreview un avocat de la défense de plusieurs clients mis en cause par l’opération anticorruption en cours.

Le procureur André Patrick Roponat tient quant à lui à souligner que les procédures légales sont respectées.

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