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Epidémies simultanées de dengue et de chikungunya au Gabon

Problèmes de santé publique majeurs en Asie, en Amérique du Sud et en Afrique, les maladies de la dengue et du chikungunya représentent de réels fléaux, même si elles sont rarement mortelles. Ainsi, d’après l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), des milliers de personnes en Inde et dans tout l’océan indien ont déjà été infectées par le chikungunya. En 2006, il toucha près d’un tiers de la population réunionnaise. N’ayant rien à lui envier, on estime qu’environ 100 millions de personnes contractent la dengue chaque année à travers le monde.

En partenariat avec d’autres équipes scientifiques, des chercheurs issus de l’IRD ont dû faire face à une double épidémie de dengue et de chikungunya, survenue au Gabon entre mars et août 2007. Déclarée à Libre-ville, capitale gabonaise, en mars 2007, elle s’est ensuite propagée au Nord jusqu’à atteindre la frontière camerounaise en juillet 2007.
Or, c’est la première fois qu’une double épidémie, cumulant ces deux maladies, est détectée sur le continent africain. S’interrogeant sur la cause de cette déclaration simultanée, les chercheurs ont procédé à la capture de plusieurs milliers de moustiques, susceptibles d’avoir été le ou les vecteur(s) de l’une ou l’autre, voire des deux maladies. Ils sont finalement parvenus à la conclusion que le vecteur principal de cette double épidémie pourrait être un seul et même moustique, à savoir l’Aedes albopictus ou encore « moustique tigre ». Mais ce ne fut pas la seule découverte que mirent en lumière les scientifiques. Tout au long de l’épidémie, ces derniers prélevèrent près de 800 échantillons de sang chez des malades. A l’issue de ces analyses, 35 % des patients furent testés positifs au chikungunya et 7 % à la dengue. Au final, huit patients étaient doublement infectés par les deux virus, représentant les premiers cas de co-infection observés à l’échelle mondiale.

Le plus surprenant tient au fait que ces travaux sont, en outre, les premières mises en évidence des virus dengue et chikungunya au Gabon selon l’IRD. S’il venait à se confirmer que le moustique tigre est effectivement à l’origine de cette double épidémie, cet épisode pourrait se répéter à l’avenir. De fait, ce moustique se distingue par son aptitude à coloniser rapidement de nouveaux territoires grâce aux œufs qu’il pond à proximité de petites réserves d’eau, notamment dans les bouteilles cassées, les boîtes de conserve, les pots de fleurs ou les pneus usagés laissés à l’état d’abandon. Ce sont alors les activités humaines et les échanges commerciaux qui assurent leur propagation d’un lieu à un autre. Un phénomène lourd de conséquences alors qu’il n’existe, à l’heure actuelle, ni traitement, ni vaccin pour contrer les deux maladies incriminées.

source: univers nature

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