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Gabon : Eyéghé Ndong : «l'intérêt supérieur de la Nation est au-dessus du fait constitutionnel»

L’ancien Premier ministre, Jean Eyéghé Ndong, dissident du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir) pour briguer le fauteuil présidentiel en indépendant, s’est prêté au jeu du débat avec d’autres candidats le 19 août dernier sur France 24. Répondant aux polémiques sur la fiabilité du processus électoral, le «candidat du courage» a estimé que face à la dégradation actuelle du consensus national sur l’organisation du scrutin du 30 août, le processus constitutionnel n’est plus apte à garantir une élection démocratique.

Pour Jean Eyéghé Ndong «la population attend que le scrutin soit sincère, transparent et démoratique. (…) mais compte tenu de l’état de l’administration gabonaise, que j’ai toujours dénoncé quand j’étais Premier ministre, je ne serais pas étonné s’il y a des difficultés sur ce plan là».

«Aujourd’hui on nous annonce qu’il y a 813 164 électeurs pour une population qui tourne autour de 1,2 millions de personnes, vous comprenez que déjà à ce niveau, ce chiffre pose problème et il est à craindre que ce scrutin soit entâché d’irrégularités», estime celui qui se désigne comme le «candidat du courage».

Concernant le report de l’élection présidentielle du 30 août prochain, l’ancien Premier ministre affirme que «constitutionnellement, à priori ce n’est pas possible. Mais l’intérêt supérieur de la Nation est certainement au-dessus du fait constitutionnel».

«Il faudrait maintenant que la classe politique se retrouve avec les grandes institutions du pays pour étudier la question parce qu’il s’agit de choisir un président dans de bonnes conditions, c’est une responsabilité énorme», préconise-t-il.

Par rapport au scrutin à un tour qui pourrait poser un problème de légitimité étant donné la pléthore de candidats à cette élection, Jean Eyéghé Ndong explique qu’«au plan légal si un président gabonais est élu même avec 20%, il est légalement le président élu», concédant que «manifestement cela pose un problème de légitimité».

«Cette loi a été prise à l’époque du président Bongo Ondimba, maintenant aujourd’hui nous nous apercevons que cela pose un problème de légitimité. Mais la loi c’est la loi. Le problème ce n’est pas la loi aujourd’hui, le problème ce sont les conditions d’organisation de l’élection», estime l’ancien Premier ministre, démissionnaire du Parti démocratique gabonais (PDG) le 19 juillet dernier suite à la désignation d’Ali Bongo pour porter les couleurs du parti.

Cependant, il indique qu’«au regard de ceux qui dirgent l’Etat aujourd’hui, il vaut mieux que nous soyons tous présents dans le débat pour empêcher la fraude et puis démontrer à l’opinion que les conditions de légalité n’étaient pas réunies».

Au titre des mesures prioritaires s’il est porté à la présidence le 30 août prochain, Eyéghé Ndong affirme qu’«il faut absoluement dans un premier temps réorganiser le fonctionnement de l’Etat et de son administration. Il est indispensable de mettre en place un cadre juridique efficace pour une gestion efficiente de notre économie. (…) Si l’Etat est bien géré, les opérateurs se sentiront sécurisés pour leurs initiatives privées au Gabon et la situation devrait pouvoir changer».

Répondant à la polémique sur l’ingérence officieuse de la France dans les affaires politiques du pays, il a enfin expliqué que «les rapports avec la France doivent d’être des rapports d’Etats institutionnalisés et non personnalisés. Je voudrais simplement dire ni ingérence ni indifférence».

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