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Gabon : Prix Goldman ou Prix Foreman ?

C’est dit : Marc Ona Essangui est prêt à enfiler les gants pour boxer tous ceux qui veulent organiser les élections législatives sans la biométrie. Pour gagner ce combat inédit, contre on ne sait qui, il a mobilisé son club de la société civile pour lancer les hostilités.

C’est au siège de la paléo-UN que le néo caravanier de Mbolezock, Sa Suffisance, commeci comme ça, a sonné la charge. A l’endroit de l’opposition, le grand manitou de la société civile a, sans la moindre arrière-pensée politique, lancé : « Faites un semblant d’unité et la société civile fera le reste ». Et des esprits mesquins qui ne comprennent rien au vrai rôlr des ONG, y puiseront quand même matière à politisation.

De fait, et ça doit vraiment « suffire comme ça », notre incomparable Prix Goldman est au dessus de la politique et des politiques. Quand la politique manque et que les politiques s’éclipsent, il descend dans l’arène pour sauver le débat politique et sortir les acteurs politiques de l’enfer. Mais uniquement la politique d’un camp et les acteurs de ce même camp. Car, le Prix Goldman en est tellement conscient qu’il le dit et l’a redit : son combat c’est de réaliser l’ « unité » d’un camp, celui de l’ancien Sobraga, pour aller massacrer un autre, celui du bord de mer. Diviser les Gabonais, c’est sa marque.

Vraisemblablement, le Prix Goldman a déjà fait son choix. Pour lui, les bons, c’est l’opposition. Et les méchants, le pouvoir. Quant au peuple, il doit uniquement le suivre sans trop se poser des questions. La fidélité du peuple à notre héros doit être de religion. Ainsi, « ça suffira comme ça » pour aller casser les urnes et les isoloirs, agresser les électeurs du camp des mauvais et incendier les véhicules lorsqu’il le demandera pour qu’il n’y ait pas d’élection. Son message est assez limpide : « ou il y a la biométrie ou il n’y a pas d’élections ». Message de paix et parfaitement apolitique.

Pour sûr, ce combattant mène cette énième bataille pour le peuple. Naturellement celui de l’opposition et particulièrement celui d’Engong. Parce que les bougres de Mandji qui ont le pétrole jusqu’aux boyaux et aux poumons ainsi que les déshydratés des quartiers Nord de Libreville qui passent des semaines sans la moindre goutte d’eau, devront s’en remettre à la biométrie pour que leurs problèmes soient résolus. Leur détresse n’est donc qu’un pur vacarme pour les tympans de Marc, si sensibles aux hurlements biométriques. Bref, si Jésus est allé vers le peuple pour le soulager, c’est plutôt le peuple qui doit aller vers Mar Ona Essangui pour être soulagé. Question de méthode, d’intérêt, de tribalisme et d’égo surtout.

Plus qu’une évidence, le Prix Goldman est un cogneur. Il ne choisit d’ailleurs que là où il sait que ça fait mal. Très mal. Et lorsqu’il promet, la main sur le cœur et les mâchoires bien serrées, qu’il empêchera la tenue du scrutin, il faut le croire sur parole puisque, comme à chaque élection, ce roublard ne sera pas candidat et n’ira jamais voter. Il restera bien au chaud chez lui. En un mot, il fait tout ça, juste pour jouer au ngongongo(faire peur, ndlr).

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’il joue aux apprentis terroristes. Dans la fameuse affaire des biens mal acquis, il nous a fait le coup du vertueux chasseur des détourneurs des deniers publics. Apparemment, le gaillard était dans son affaire puisqu’il a justement été licencié et chassé du PNUD pour avoir détourné 400.000 dôlès du cybercafé de cette institution. C’est vrai qu’aucun tribunal n’avait été saisi, le Représentant du PNUD, à l’époque du visage pâle, ayant expié ce péché commis pour une noble cause : soigner une introuvable tantine de notre moralisateur. Et c’est en cela que ces 400.000 dôlès ont été classés dans la catégorie des biens mal acquis.

Après le coup de la bonne gouvernance, le dandy a aussitôt lancé, avec sa plume dans son journal de chevet, l’ouverture de la chasse aux étrangers. Notamment ceux du camp des mauvais. La vérité, c’est-à-dire la sienne, étant que dans le camp des bons, il n’y a pas un seul étranger. Et cela restera d’autant plus vrai que personne n’a daigné aller fouiller dans la cuisine de Marc Ona Essangui pour constater que ce redoutable chasseur d’étrangers est en train de bâtir une petite tribu sénégalo-gabonaise avec, justement, une étrangère ; laquelle, dit-on, n’aurait même pas de carte de séjour. Autrement dit…

Cela saute aux yeux, notre bagar a un faible pour les combats qu’il sait déjà perdus. Et rien ne dit que celui de la biométrie sera pas sa première victoire tant le rapport de force est nettement en sa défaveur. Sauf miracle, il va encore ramasser un autre KO. C’est alors que son Prix Goldman risquera de se transformer en Prix Foreman. Gong !

Par Justin Lagryphe
Source : LA GRIFFE

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