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Réaction du Président du BDP-Modwoam : « Ndong Sima ou pas Ndong Sima, le Woleu-Ntem ne deviendra jamais la putain des Bongo »

Décidément, les Bongo ne changeront jamais.

Quand les Gabonais demandent le développement, ils construisent des ponts qu’ils appellent trompeusement échangeurs, croyant que le développement d’un pays se résume à la construction de ponts et de stades bâclés mis en place, en plus, avec l’argent de l’aumône des Chinois, des Français, des Canadiens ou des Américains. Où va donc l’argent propre de ce Gabon devenu Gabon mendiant d’immeubles, de ponts et de stades bâclés?

Quand les Gabonais demandent des réformes démocratiques et la transparence des élections, ils nomment des Premiers ministres ethniques, continuant ainsi à confondre la démocratisation du Gabon avec un géotribalisme au rabais que les Bongo croient encore être l’aspiration fondamentale des Gabonais.

Comme si nommer un Premier ministre fang, pounou, myéné, ndzebi, obamba, téké, et j’en passe, allait faire, comme par miracle, que les Tékés arrêtent de mourir dans des hôpitaux-mourroirs qui, jusqu’à présent, ont été incapables de soigner les Bongo eux-mêmes, des Bongo qui sont allés, par la suite, se mourir comme des rats dans l’anonymat le plus honteux, en terres étrangères !

Comme si nommer un Premier ministre fang, pounou, myéné, ndzebi, obamba, téké, et j’en passe, allait faire, comme par miracle, que les Fangs arrêtent de fouiller la décharge de Mindoubé à la recherche des déchets nutritionnels dont ils iront abreuver leurs familles, avec leurs lots de maladies, donc de mortalités, additionnelles !

Comme si nommer un Premier ministre fang, pounou, myéné, ndzebi, obamba, téké, et j’en passe, allait faire, comme par miracle, que les Pounous arrêtent de souffrir à devoir payer 50.000 francs par mois pour mettre leurs enfants dans des écoles privées au rabais, alors même qu’il incombait à l’Etat d’assurer à tous les enfants gabonais 100% d’accès libre aux écoles publiques du pays !

Comme si nommer un Premier ministre fang, pounou, myéné, ndzebi, obamba, téké, et j’en passe, allait faire, comme par miracle, que les Ndzébis arrêtent de se paupériser dans un désemploi qui frappe 35% des compatriotes, augmentant ainsi les traumatismes d’un peuple riche devenu inexplicablement pauvre !

Comme si nommer un Premier ministre fang, pounou, myéné, ndzebi, obamba, téké, et j’en passe, allait faire, comme par miracle, que les Myénés arrêtent de mourir sur les bourbiers que sont les routes jamais construites du Gabon !

Comme si nommer un Premier ministre fang, pounou, myéné, ndzebi, obamba, téké, et j’en passe, allait faire, comme par miracle, que les Obambas arrêtent de se faire taper dessus par des Ministres de l’intérieur au service des Bongo à chaque fois qu’ils veulent protester contre la vie chère, le dictat politique et le traumatisme national occasionné par 44 ans de bongoïsme débridé et indéracinable !

Non, chers compatriotes. Nous avons, là, un de ces faux débats que les Gabonais doivent rejeter, éviter, déconstruire.

Disons-nous donc la vérité en face : Si, dans l’équation de la vie politique, économique, culturelle et sociale du Gabon, les choses avant Ndong Sima seront, comme on peut le prédire, exactement les mêmes qu’après Ndong Sima, et ce exactement comme elles sont restées les mêmes avant et après  Léon Mebiame,  Casimir Oye Mba, Paulin Obame Nguema, Ntoutoume Emane, Eyegue Ndong, Biyoghe Mba, que peut bien foutre aux Gabonais que le Premier ministre soit un chien ou Ndong Sima ? Le résultat attendu sera exactement le même puisque les nominations des Bongo, qui suivent toujours la bonne vieille règle du « qui se ressemble s’assemble », c’est un non-événement qui dure 44 ans et qui, par voie de conséquence, ne pourra produire que les désastres habituels.

Combien de gouvernements et de Premiers ministres de missions avortées, de rénovations sans renouveau, d’émergences noyées, et j’en passe, avons-nous vu nommés au Gabon, certains avec de nouvelles faces, comme Oyé Mba, d’autres avec de vieilles faces, comme Ntoutoume Emane, sans que quelque succès que ce soit ne soit venu émailler ces bals de vampires affamés qui, pendant 44 ans, se sont évertués à vider les Gabonais de leur sang, de leur énergie, de leur destinée nationale et, partant, de leur dignité?

Et n’oublions pas la réalité actuelle ! Le simple fait qu’Ali Bongo ait évincé Biyoghe Mba est le signe que, deux ans plus tard, son « émergence » bas de l’aile comme un albatros empêtré dans la boue : Ali Bongo n’a jamais décollé. Il est resté au même point mort où son papa l’a laissé : zéro. Aucune dose de faux-semblant n’y fera. Le départ de Biyoghe Mba, qu’Ali Bongo avait pourtant reconduit suite à son adoubement en 2009, est le signe qui confirme l’adage habituel : on ne change que les équipes qui ne gagnent pas. Et quand les dictateurs ne gagnent pas, que font-ils ? Ils détournent le débat national sur autre chose ou ils fomentent les divisions. En Afrique, l’ethnie reste leur seule arme. Mais même celle-là a fini par s’user.

Ce que les Gabonais doivent, en dernier recours, retenir est que la politique est comme la science physique, les mêmes causent produisent toujours les mêmes effets. La culture du bongoïsme qui a abruti tant d’acolytes des Bongo pendant 44 ans a-t-elle pour autant disparu de la scène politique nationale simplement parce qu’on a nommé Ndong Sima, ressortissant du Woleu-Ntem, Premier ministre ?

Non. Dans ce cas, c’est ce même bongoïsme qui abrutira le cerveau de Ndong Sima, d’abord parce que Ndong Sima n’est point un homme nouveau, mais plutôt un homme véritablement du système, donc un homme déjà pourri et conditionné par les mêmes cancreries, les mêmes tares et les mêmes biafreries qui tétanisent le Gabon depuis 44 ans. Ensuite parce que le sieur Ndong Sima, en dehors d’un doctorat jamais terminé, n’est pas un exemple de compétence, bien au contraire. Son bilan dans les entreprises publiques lui confiées laisse amèrement à désirer. Ce n’est donc pas une nomination pour sortir le Gabon du bourbier. C’est une nomination de copinage, pour les intérêts géotribalistes des Bongo.

Je me répète, donc : Le contexte politique qui a fait que le Gabon n’ait jamais progressé depuis 44 ans sous les Bongo aura-t-il changé simplement parce qu’on aura nommé Ndong Sima, ressortissant du Woleu-Ntem, premier Premier ministre bongoïste rompant avec la tradition du Premier ministre devant toujours être estuarien?

Non. Pourquoi ? Parce que le contexte de manque d’Etat de droit et de déficit d’équilibre des pouvoirs qui est à la source du sous-développement du Gabon et qui a, pendant 44 ans, fait des Premiers ministres, des Présidents de parlement et de Cours constitutionnelles du Gabon, de véritables légumes béni-oui-ouisants aux cerveaux ramollis, ramollira également le cerveau de Ndong Sima, ou plutôt a déjà ramolli son cerveau puisqu’il n’est ni neuf ni éloigné de la gestion désastreuse faite du Gabon depuis 44 ans. C’est un homme du système produit par le système pour l’avancement du système. Il n’est pas l’ami des Gabonais. Comme Léon Mebiame,  Casimir Oye Mba, Paulin Obame Nguema, Ntoutoume Emane, Eyegue Ndong, Biyoghe Mba avant lui, il tuera des Gabonais s’il faut les tuer, il volera les Gabonais s’il faut les voler et il ruinera lui aussi le Gabon, tout simplement parce que le système en place est construit sur une philosophie de ruine et non de progrès, une philosophie de destruction et non de construction. Comme Léon Mebiame,  Casimir Oye Mba, Paulin Obame Nguema, Ntoutoume Emane, Eyegue Ndong et Biyoghe Mba avant lui, il sera l’ennemi des Gabonais, de tous les Gabonais.

Tout simplement parce que, une fois bongoïsée, aucune âme bien pensante, aucune valeur morale, aucune compétence, aucune intelligence, ne peut rester propre dans le système pourri des Bongo. Une fois dedans, on devient pourri comme tout le monde. Pire, une fois qu’on a tenu des responsabilités dans ce système, on a forcément accepté ce système et on s’est formé ou plié aux manières tordues de ce système. Par simple effet de complicité, on est criminel et criminalisé au même titre que les Bongo. Ndong Sima est donc, d’office, un homme pourri. Woleu-Ntémois ou pas Woleu-Ntémois. Fang ou pas Fang.

Pourtant, le problème du Gabon est simple.

Les Bongo se sont-ils jamais rendu compte du simple fait que ce qu’ils ont eu tant de peine à obtenir par le forcing en 44 ans, c’est-à-dire le soutien massif des Gabonais et la reconnaissance de leur légitimité, pouvait facilement s’obtenir par un simple élan de réformes réellement démocratiques, réformes qui auraient eu le triple effet de :

1)   rassurer les Gabonais quant à l’amour des Bongo pour le Gabon  et, donc, mener à un consensus national visant à la mise en confiance de tous quant à l’avenir du Gabon et à l’idée d’un gouvernement véritablement au service des aspirations du peuple ?

2)   clouer le bec aux opposants que nous sommes puisque, en fait, toutes nos revendications sont essentiellement centrées autour de la réforme constitutionnelle et de la démocratisation, choses qui, une fois accomplies, ne nous laisseraient plus grand chose à dire dans la mesure où nous établissons toujours, dans nos protestations, le lien entre la dictature ambiante et l’incapacité de développer le Gabon qui en découle ?

3)   rallier tous les Gabonais autour de ce réformateur miraculeux qu’aurait été Ali Bongo, au point que, justement, des opposants aux grosses gueules comme Daniel Mengara, privés d’arguments et obligés de reconnaître objectivement l’élan de sincérité démocratique d’Ali Bongo, n’auraient jamais manqué, dans ce cas, de donner sa chance à Ali Bongo en l’aidant à réaliser, dans un tel contexte, le développement désormais possible du Gabon démocratique ?

Car, en fin de compte, ce qui compte pour les Gabonais, c’est, ultimement, le développement du Gabon, quelque soit la personne au pouvoir ; la seule chose que les Gabonais veulent, c’est que la personne au pouvoir y soit légitimement arrivée, et que son pouvoir soit l’émanation directe de la voix du peuple dans un contexte d’Etat de droit, donc un contexte qui garantit et protège l’expression libre et les opportunités économiques des Gabonais, étant entendu, bien-sûr, que c’est dans la garantie de ces libertés que se trouve, en fait, le vrai potentiel de toute nation qui se veut progressiste et qui, donc, aspire à un développement optimal.

Ce processus d’établissement de la légitimité d’Ali Bongo aurait pris tout juste 3 petits mois de réformes sincères dès sa prise de pouvoir et aujourd’hui, il serait facile de deviner que si Ali Bongo avait pris la voie de la réforme, il n’y aurait plus réellement d’opposants au Gabon, et ce par le simple manque d’arguments oppositionnels qui aurait découlé de l’ouverture démocratique d’Ali Bongo ; tous les opposants crédibles qui se battent pour le bien du pays auraient, forcément, donné une chance, non pas aux Bongo, mais au Gabon car, en dernier recours, ce n’est pas des Bongo qu’il s’agit, mais bel et bien du Gabon et du Gabon seul.

Pourquoi ? Tout simplement parce que, en fin de compte, c’est l’intérêt d’un Gabon démocratique qui nous importe, à tous, et non simplement la question des Bongo. Les Bongo ne deviennent un facteur du combat que parce que, après études et preuves historiques, la conclusion scientifique est que ce sont les Bongo qui sont à l’origine de la mort lente du Gabon depuis 44 ans, et parce que ce sont eux qui, sur la base de simples analyses objectives, bloquent toute possibilité de démocratisation et de développement du Gabon, la conclusion naturelle est que les Bongo doivent partir.

Or, plutôt que d’être à l’écoute du Gabon et des Gabonais, que voit-on ?

Ali Bongo, à l’image exacte de son père, préfère continuer la pratique du géotribalisme, une politique au rabais qui, au final, n’a fait que conforter le sentiment négatif des Gabonais vis-à-vis des Bongo et, surtout, continue à confirmer les grandes maximes qui justifient la lutte insurrectionnelle que le BDP-Modwoam prépare désormais au Gabon, maximes qui disent que :

1)   Maxime 1 – Rien de bon ne peut se passer au Gabon tant qu’un Bongo est au pouvoir : autrement dit, étant irrémédiablement fossilisés dans des pratiques politiques rétrogrades, les Bongo ne peuvent apprendre à faire la politique autrement ; ils aiment les arbitraires et donc, ne peuvent continuer à agir que dans les arbitraires ; tout le monde les dit illégitimes mais, eux, ne savent rien faire d’autre que cultiver l’illégitimité tant décriée ; ils sont tribalistes et, malgré le tollé national sur ce sujet, ont continué, incorrigiblement et sourdement, à faire du géotribalisme leur mode privilégié de gestion de la chose politique ; ils sont incompétents et, malgré les appels patriotes en vue de leur départ, ne fût-ce que dans l’honneur démocratique, ils ne peuvent faire autrement que se plier à une conception très incompétente de la gestion de la cité et, donc, aux impératifs de la fraude électorale et du faux; et voilà pourquoi ils pensent, de manière vulgairement simpliste, que le simple fait de nommer un autre bongoïste au poste de Premier ministre, fût-il Fang du Woleu-Ntem, pourra rallier les Fangs du Woleu-Ntem à la cause des Bongo. Mon œil !

Décidément, Ali Bongo ne connaît pas les Fangs, et encore moins les vrais Gabonais qui s’opposent à lui au sein de toutes les ethnies du Gabon et de toutes les provinces !  Ce qu’Ali Bongo, et feu son père Omar Bongo avant lui, n’a jamais compris des Fangs, est que les Fangs ne se rallient pas comme des moutons derrière des imbéciles. A l’époque de Léon Mba, qui était l’opposant le plus farouche de ce Fang ? Eh bien, tout simplement un autre Fang nommé Jean-Hilaire Obame.  Le mythe des divisions ethniques pour lesquelles Omar Bongo avait justifié le parti unique en 1968 reste, à ce titre, un vrai mensonge puisque contre Léon Mba se dressaient non pas les autres ethnies, mais des Fangs surtout, dont le symbole le plus flagrant fut Jean-Hilaire Obame.

Mais ce n’est pas fini ! A l’époque des Premiers ministres Léon Mebiame,  Casimir Oye Mba, Paulin Obame Nguema, Paulin Obame Nguema, Ntoutoume Emane, Eyegue Ndong, Biyoghe Mba, n’a-t-on pas vu des Fangs comme Paul Mba Abessole, Nzoghe Nguéma, Oyono Abaga et Bengone Nsi continuer à s’opposer farouchement au régime, et ce avant que la fatigue n’ait fini par triompher de bon nombre d’entre eux ?

Et quand Mba Obame commença son opposition en 2009, a-t-on vu un Fang du Woleu-Ntem comme Daniel Mengara, par exemple, se mettre derrière lui juste parce qu’il était Fang ? Non. Pourquoi ? Parce que Daniel Mengara n’avait pas vu en Mba Obame un homme capable de faire le travail qui s’imposait pour débouter les Bongo du pouvoir. Par ailleurs, le Daniel Mengara que je suis était tout aussi disposé à soutenir Pierre Mamboundou si Pierre Mamboundou avait vraiment voulu défendre sa victoire que André Mba Obame si ce dernier avait, lui aussi, montré une détermination idoine dans la défense farouche du vote des Gabonais, tel que lui-même l’avait promis lors de la campagne électorale. Il se trouve qu’aucun des deux n’ayant osé défendre avec la vigueur nécessaire la victoire que, pourtant, il revendiquait, personne ne mérita, finalement, le soutien du peuple, et c’est ce que le peuple leur a donné en retour, c’est-à-dire le désengagement. Il n’y avait, finalement, aucune cause à défendre pour le peuple.

Comme le peuple Gabonais, Daniel Mengara soutient des hommes avec des couilles et non des chiffes molles. Il importe donc peu, quand il s’agit de libérer le Gabon, que l’on soit Fang de l’Estuaire, Pounou de Mouila ou Martien, ce qui importe, c’est le fait de savoir que ce Fang, ce Pounou, ce Myéné, ce Ndzébi, ce Téké ou autres, qui dit se battre pour le Gabon, le fait avec la sincérité et la détermination nécessaires. Quand Daniel Mengara avait rencontré Mba Obame, Paul Mba Abessole, Eyegue Ndong, Ben Moubamba  et Richard Moulomba à Libreville en 2009, c’était justement pour voir si derrière la rhétorique promettant de défendre le vote des Gabonais, il y a avait le « plan B » nécessaire à cet objectif, un « plan B » cohérent vers lequel nous aurions tous pu converger derrière Pierre Mamboundou ou André Mba Obame, force fut de constater que nous étions plutôt dans le cinéma politique. Rien n’avait été prévu ni individuellement ni collectivement. S’étant rendu compte de l’absence du plan B, Daniel Mengara, en 2009, dit aux Gabonais qu’il n’y aura rien, ni de la part de Mamboundou, ni de la part de Mba Obame. 2012 a donné raison à Mengara. Il n’y a rien eu depuis 2009 qui puisse inquiéter réellement le pouvoir d’Ali. Et aujourd’hui Ali Bongo s’est confortablement installé au pouvoir, nonobstant les naïfs et les rêveurs qui disaient qu’il ne ferait même pas un an au pouvoir et qui continuent à croire qu’Ali Bongo ne finira pas son mandat. Et ils en parlent comme si ces choses qui écourteraient le mandat d’Ali Bongo allaient se faire toutes seules ou par la simple évocation du miracle de Jésus-Christ !

La morale de ce récit est donc là : Il n’avait pas suffit que Mba Obame se dise « gagnant » pour que Daniel Mengara se rallie à lui simplement parce qu’il se définissait en même temps comme un « fang » du Woleu-Ntem. Il fallait d’autres critères de convergence. Ces critères sont ceux du combat à mener et de ce combat seul. Mais les divergences idéologiques qui séparent aujourd’hui Daniel Mengara et Mba Obame n’interdisent pas, par la suite, que, demain, Daniel Mengara puisse travailler avec Mba Obame, non pas parce qu’ils sont Fangs, mais plutôt parce que le combat qu’ils mènent aura convergé vers la même dynamique, la même idéologie, la même finalité et les mêmes méthodes. Ceci reste vrai pour tous les autres Gabonais qui se battent pour le changement, quelle que soit leur ethnie. C’est cela la nouvelle réalité du Gabon nouveau que nous recherchons. Seules les convergences idéologiques sont à même de mener au même combat, pas les parentés ethniques.

Autrement dit, le simple fait d’être Fang n’est pas et n’a jamais été une condition obligatoire de convergence. En tous cas, rien dans l’histoire gabonaise ne permet de l’affirmer. Et on peut faire le même raisonnement au niveau des autres ethnies car le fait, par exemple, pour Mamboundou d’avoir disposé d’un parti politique hégémonique chez les Pounous n’a pas empêché Maganga Moussavou ou Richard Moulomba ou André Kombila de monter le sien. Et le fait pour les Bongo et les Myboto d’être de la même province n’a pas empêché Myboto de s’associer à Mba Obame contre Ali Bongo ! Et j’en passe ! Au niveau du Woleu-Ntem même, combien de rivalités n’opposent en ce moment même Ndong Sima à d’autres Fangs d’Oyem qui pourraient, comme qui dirait, le manger en « coupés-coupés » ?

Nous sommes dans un faux débat. Un faux débat dans lequel les Bongo souhaiteraient nous voir enlisés.

Ali Bongo veut ramener les Gabonais aux vieux débats des années 1960 qui ont justifié la suppression du multipartisme par son père en 1968. Les Gabonais ont dépassé ces faux débats ; du moins, ils ne les posent plus en les mêmes termes. Personne ne s’y laissera prendre.

S’il est vrai que le vote des citoyens, au Gabon, notamment en 2009, s’est souvent construit autour de l’ethnie et des provinces, il serait, par contre, faux, de supposer que les mêmes convergences ethniques aient existé chez les leaders politiques qui, de ce fait, sont capables de faire disparaître le débat ethnique du Gabon s’ils se constituent en un front unitariste pour le seul objectif de débouter les Bongo du pouvoir par tous les moyens. Ils auront alors, sur la simple base de ce simple fait insurrectionnel, la capacité de rassembler derrière eux toutes les ethnies et toutes les provinces du Gabon, et le débat passerait alors du cadre restrictif de l’ethnie au cadre plus général du souci partagé par tous de mettre fin au règne dynastique des Bongo. La raison pour laquelle le débat ethnique trouve prise dans le débat politique national en ce moment est une simple conséquence fâcheuse du manque de dynamisme d’une opposition qui, quoique suffisamment unie et suffisamment multiethnique, n’a pas encore su se donner la viabilité combattive nécessaire, au point de plonger les citoyens dans le désarroi et la dispersion. Un contexte de désarroi et de désespoir qui profite nettement au discours tribalo-ethnique des Bongo. Mais le jour où l’opposition, plutôt que de s’attarder sur les débats immobilisants sur qui doit être Président ou qui doit être le leader de tout le monde, se concentrera sur le but unique d’organiser l’insurrection au Gabon aux fins de débouter, tout de suite, les Bongo, on verra ces questions ethniques s’évaporer au profit du seul discours unitaire, donc du combat, qui vient avec le désir des Gabonais de voir les Bongo évincés.

Les questions ethniques que les Bongo veulent soulever ou fomenter n’auront donc aucune prise réelle. Il faut les contrer avec l’action insurrectionnelle et, dans le cadre de cette action, même des gens comme Ndong Sima devront choisir leur camp : ils devront choisir entre subir l’ire des Gabonais en restant avec les Bongo ou triompher avec le peuple en se joignant au combat contre les Bongo. Et comme le fait de nommer des Premiers ministres fangs de l’Estuaire n’a jamais assuré aux Bongo la victoire ni dans l’Estuaire ni ailleurs, et ceci en dehors des gains concoctés par la fraude, le fait de nommer Ndong Sima Premier ministre ne sera pas suffisant pour voir la verve anti-Bongo des Woleu-Ntemois s’estomper. En tous cas pas tant que Daniel Mengara sera vivant.

Du coup, qu’on nomme un Woleu-Ntémois Premier ministre ou non, la vraie question test, pour les Woleu-Ntémois, sera toujours la même : Leur vie changera-t-elle pour le mieux simplement parce qu’on a nommé Ndong Sima Premier ministre ? Mangeront-ils mieux à leur faim juste parce que Ndong Sima sera Premier ministre ? Les maux dont ils souffraient, avant Ndong Sima, disparaîtront-ils subitement, après Ndong Sima, surtout au vu de l’incompétence chronique de ce régime ? Qu’est-ce que cela a, d’ailleurs, apporté aux Fangs de l’Estuaire d’avoir eu toute cette litanie de Premiers ministres incompétents tout justes bons à s’empiffrer du manioc volé aux Gabonais, incapables qu’ils ont été d’améliorer le sort de tout le monde? Pendant que eux mangeaient à leur faim dans des salons de velours, combien de Gabonais, en dehors de ceux ayant vendu qui leurs fesses, qui leurs âmes, aux Bongo, ont vraiment mangé à leur faim grâce à ces nominations?

Or, quand on sait que, au Gabon, malgré les changements de Premiers ministres, malgré les changements d’Assemblées, malgré les changements de ministres et de gouvernements, rien n’a changé de bon pour le pays, il faut que les regards des Gabonais se concentrent finalement sur la seule chose qui n’a pas encore changé au Gabon, c’est-à-dire les Bongo.

Oui, chers compatriotes : Ce sont les Bongo qui pourrissent tout et aucune dose de changement de Premiers ministres de quelque ethnie que ce soit ne suffira pour changer le fait que tant qu’un Bongo sera au pouvoir, les mêmes causes de la pourriture du Gabon continueront à pourrir tout le reste. Demandez un peu cela à Paul Mba Abessole et vous en saurez quelque chose ! Tant, donc, qu’un Bongo sera au pouvoir, il ne faudra pas espérer de miracle. Ndong Sima servira Ali Bongo dans le sens qu’il sait que les Bongo aiment, c’est-à-dire, la pourriture. Rien d’autre. A Président pourri, Premier ministre pourri. A Président Cool-Mondjer, Premier ministre Cool-Mondjer. A président truand, Premier ministre truand. A Président sauvage, Premier ministre sauvage. C’est une logique simple et directe. Cette logique n’a jamais été contredite au Gabon. Ce n’est pas Ndong Sima qui la contredira. Il faudra donc que les Gabonais parlent à Ali Bongo et à Ndong Sima le langage de la sauvagerie, puisque c’est le seul langage qui leur est compréhensible, dans ce régime.

2)   Maxime 2 – Le Gabon ne changera pas par les urnes : Là où, en fait, la nomination de Ndong Sima et la mise en place de son gouvernement doit interpeller les Gabonais, c’est au niveau du simple détail qui dit que, en fait, Ali Bongo se sent désormais assez stable dans sa dictature pour défaire les alliances laissées en place par son père et mettre en place les siennes. Autrement dit, tandis qu’Ali Bongo fonctionnait encore, jusqu’à présent, avec le régime laissé par son père, il peut désormais, quelque part, finalement dire que le régime en place actuellement est désormais le sien propre : il a son propre parlement d’affidés, d’inféodés et de feudataires, il a son propre gouvernement d’affidés, d’inféodés et de feudataires et, donc, sa propre équipe de malfrats acquis à la préservation du pouvoir et du régime d’Ali Bongo. Et c’est ce qui me fait dire, dès aujourd’hui, que la boucle est bouclée : Ali Bongo peut désormais faire du Gabon ce qu’il veut. Il a son équipe. Et c’est cette équipe qui l’assurera d’un autre mandat usurpé en 2016, 2023 et 2030 (Ali Bongo n’a-t-il pas déjà annoncé qu’il sera au pouvoir au moins jusqu’en 2025, si l’on en croit son message à la nation du 31 décembre 2011 où il promet les premiers effets positifs de son « Emergence » pour 2025, donc un signe clair qu’il compte rester au pouvoir pendant au moins 28 ans, soit 70 années de pouvoir bongoïste ininterrompu au Gabon ?). Or, avec les réformes constitutionnelles entérinées en décembre 2010 donnant les pleins pouvoirs de dictateur absolu à Ali Bongo, puis l’ordonnance présidentielle d’août 2011 par laquelle Ali Bongo modifie unilatéralement la loi électorale, ramène la Commission Electorale sous giron du ministère de l’intérieur, fait passer la caution des candidats de 5 millions à 25 millions et, au final, tisse la toile qui réduira le nombre de candidats potentiels aux prochaines élections présidentielles, la boucle de la dictature politique d’Ali Bongo est, là également, définitivement bouclée.

C’est dire que la surdité d’Ali Bongo est telle qu’elle ne cesse de rappeler aux Gabonais le type d’entêtement et d’illusions qui ont conduit au lynchage de Mouammar el Kadhafi en Lybie. Quelle fin pathétique pour un homme qui n’a pas su comprendre le contexte et le moment de l’histoire qui l’interpellait aux réalités d’une jeunesse avec de nouveaux rêves, c’est-à-dire d’autres rêves que ceux consacrés à la gloire du Guide éclairé !

C’est là, pourtant, le sens réel des préoccupations des Gabonais. Qu’importe qu’un autre zozo bongoïsé soit nommé Premier ministre, et ce, qu’il soit fang, pounou, myéné, ndzebi, obamba, téké ou autre, ou qu’il soit du Woleu-Ntem, de l’Estuaire ou d’ailleurs ? Si le contexte de dictature, de corruption, d’incompétence et d’arbitraires qui a toujours sévi au Gabon et que tous autant qu’ils sont ont validé de par leur participation à ce régime est toujours le même, le Gabon sera toujours un pays en état de régression et non en état de progrès. Et c’est ce qui compte pour les Gabonais clairvoyants. Le combat reste le même. Pour tous.

Ndong Sima doit donc être vu comme un agent de la régression programmée du Gabon et non comme un agent de progrès. Le simple fait d’évoluer dans un système Bongo en pleine consolidation dictatoriale est le signe qui doit prédisposer chaque Gabonais, qu’il soit du Woleu-Ntem ou pas, à ne pas s’émouvoir devant cette énième nomination géotribaliste, qui s’apparente maintenant à une tactique de prostitution des provinces après que celle de la prostitution des ethnies a été épuisée !

Ali Bongo semble, à ce titre, croire les Gabonais assez naïfs pour vendre leurs provinces simplement parce qu’on aura nommé un des leurs Premier ministre. Mais il sera bien obligé, à un moment, de se rendre compte d’une cruelle vérité : Aucune province du Gabon, encore moins le Woleu-Ntem, ne se fera acheter tout simplement parce qu’on aura nommé Premier ministre un de ses ressortissants. Le Gabon où cette tactique de prostitution des ethnies et des provinces marchait encore est révolu, dépassé. Ali Bongo est resté enfermé dans l’époque et les mentalités de son père, n’ayant pas compris que le Gabon actuel a évolué et, donc, dépassé ces mesquineries tribalo-ethniques,  et ce, malgré les apparences actuelles qui nous font croire, parfois au point de l’immobilisme, à l’incontournabilité du fait ethnique.

Pour les Gabonais nouveaux que nous sommes, cependant, les choses resteront toujours claires: Ndong Sima ou pas Ndong Sima, le Woleu-Ntem ne sera jamais, ne deviendra jamais, la putain des Bongo. Ceci est également vrai pour les autres provinces du Gabon. Cela, je peux l’assurer aux Gabonais, aux vrais Gabonais.

Fait à Montclair le 29 février 2012, New Jersey, Etats-Unis d’Amérique

Dr. Daniel Mengara
Président
BDP-Modwoam

P.O. Box 8041
Parsippany, NJ 07054
USA
http://www.bdpmodwoam.org

Tél.: 973-447-9763

Modifié le 1er mars 2012, 18h20, heure de New York.

Exprimez-vous!

  1. Je suis désolé de constater que les Africains sont prompt à critiquer,à dire n’importe quoi et non donner des solutions aux maux qu’ils constatent eux-même!
    Le cas des opposants gabonais,souvent se trouvant chez autruis!il est urgent que ces personnes qui prétendent être des génies de la conception politicienne viennent sur place donner de leur potentiel au lieu de nous raconter des histoires à longueur de journée.Mrs les connaisseurs venez le pays vous attends

    • Mais qu’est-ce que tu ne comprends pas, @Louetsywano?
      C’est à cause de ton régime que tous ces Gabonais sont dehors. En plus, vous abrutissez tous les Gabonais qui viennent au Gabon. Ceux qui veulent garder la tête claire choisissent de rester loin de la pourritude.

  2. Tres bonne reaction du docteur Mengara. Jusque la Ali a remarque que seul le woleu-ntem constituait l’arrete dans sa gorge . Sans cette province il ne peut aller nul part . Mais Ndong Sima lui seul ne represente pas le woleu-ntem,donc je ne penses pas qu’il sera en mesure de nous convaincre de rallier le camp d’ali 9%

  3. Voilà une excellente et cinglante réaction du Dr Daniel Mengara face aux vaines manigances d’un certain usurpateur national, nommé Ali Bongo, qui est et restera toujours en quête de légitimité populaire au Gabon, notre cher pays.
    Ainsi, le Président-Fondateur du Bdp-Modwoam, ce nouveau parti de l’opposition gabonaise, propose à tous les Gabonais, sans distinction ethnique aucune, de se concentrer sur l’essentiel, c’est-à-dire : sur les actions qui visent à élever le niveau optimal de la contestation sociopolitique devant déboucher, tôt ou tard, sur l’éviction du régime des Bongo et compagnie.
    Pour cela, il suffit de bien cerner les enjeux du complot national de type tribaliste qui est actuellement orchestré par Ali bongo contre la nation gabonaise tout entière. En fait, Ali Bongo tente, à travers ses nominations stupides, de diviser les Gabonais par de faux calculs ethno-provinciaux de très bas niveau dans l’unique but de s’éterniser au pouvoir et d’assurer après lui la longévité dynastique de sa famille, par l’accession au « thrône républicain » de l’un de ses fils, neveux, voire petits-fils.
    Afin de déjouer sérieusement ce funeste dessein monarchique contre le peuple gabonais, il suffit que tous les Gabonais choqués par cette confiscation évidente du pouvoir et son corollaire (en l’occurrence, l’absence d’un réel développement global du pays axé sur l’épanouissement intellectuel et économique de Gabonais entièrement libres), se mobilisent et apportent sans hésiter leur soutien financier, moral et matériel au Bdp-Modwoam qui milite sans ambiguïté pour un changement radical. Alors, rendez-vous vite sur nos sites et adhérez à notre parti en apportant votre contribution financière sans laquelle rien ne pourra se faire de façon concrète, malgré notre bonne volonté.

    A bon entendeur, salut !

    Aymar Ibondzy-Pandzou
    Secrétaire Exécutif Intérimaire du Bdp-Modwoam.

  4. Mengara merci pour cette analyse que je trouve tres juste…mais tu oublie de citer Paulin Obame Nguema dans ta liste des premiers ministres…tu as desormais mon soutien dans ta lutte politique…

    picon

    • Ah, oui, on a en effet oublié Paulin. C’est dire que il est passé vraiment inaperçu dans l’histoire du Gabon. Merci. Je vais modifier.

      DM.

  5. Mon enfant , ce que que j’appreçie, c’est l’intélligence de ce reçis et si les gaboopposants(es) deppasse l’ethnisme et evite les sujets facheux entre eux qui les fragilise d’avantages, je pense que moi et mon pays ne permettrons plus au pdg bongoïste de volé vos victoires . meme-çi je n’aime pas l’arrogance fang , j’appreçi mr daniel mangara meme ci il écris souvent contre moi et la politique de mon pays

  6. Tres bien Mengara, j’ai aussi lu l’article de l’UPG Amerique. Les gabonais de la diaspora doivent avoir la meme pensee. Vous et Monsieur Bouassa devriez vous entendre et faire des actions ensemble.

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