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Syrie: Moscou maintient son soutien sans faille à Assad

Bachar al-Assad et Vladimir Poutine en février dernier. (Mikhail Klimentyev/AP/SIPA)
La ligne de Moscou sur la Syrie est-elle en train de changer ? Allié inébranlable du régime de Bachar al-Assad, la Russie a envoyé quelques signaux d’ouverture à la position occidentale, très hostile au régime, et a même – enfin – après presque 16 mois de révolte, reçu une délégation du Conseil national syrien, mercredi 11 juillet, à Moscou. Le ministre des Affaires étrangères russes avait certes déjà reçu des opposants à Bachar al-Assad ces derniers mois, mais aucun représentant de ce Conseil qui reste, malgré les divisions de l’opposition, la coalition la plus représentative.

Lundi déjà, plusieurs responsables chargés des exportations d’armes russes avaient fait savoir que la Russie ne conclurait pas de nouveaux contrats d’armement avec son allié syrien tant que la situation ne serait pas stabilisée dans le pays.

Et en fin de semaine, à la veille de la Conférence des Amis du peuple syrien, des diplomates occidentaux évoquaient un changement de ton perçu chez les Russes en marge des différentes rencontres internationales ces dernières semaines.

« Je suis frappé par le changement de ton des Russes dans les conversations informelles », témoignait alors un diplomate français. « Il est clair qu’ils prennent désormais en compte l’hypothèse d’une chute d’Assad, même s’ils ne l’ont pas intégrée en évolution politique ».

Rétropédalage

Une intransigeance politique une nouvelle fois affichée en ce milieu de semaine. Au point de faire oublier tout espoir d’infléchissement. Fin de non recevoir de Sergueï Lavrov lors de sa rencontre avec le chef du CNS Abdel Basset Sayda, annonce de nouvelles livraisons d’armes, proposition de résolution stérile au Conseil de sécurité… Moscou reste bel et bien Moscou.

Le président du CNS a en vain tenté de pousser la diplomatie russe à lâcher Damas. « Je confirme au nom de toute l’opposition populaire syrienne qu’il ne peut pas être question d’un dialogue, tant qu’Assad ne sera pas parti. La Russie est d’un autre avis (…) », a déclaré Abdel Basset Sayda.

Autre rétropédalage, la Russie a tenu à souligner son intention de poursuivre ses livraisons de systèmes de défense anti-aérienne aux forces gouvernementales syriennes. « On ne peut en aucun cas dire que nous mettons en place un embargo sur la livraison de techniques militaires à la Syrie », a ainsi déclaré le directeur adjoint du service fédéral de coopération militaire, Viatcheslav Dzirkaln.

Une résolution de papier

Enfin, Moscou a soumis mardi à ses 14 partenaires du Conseil de sécurité un projet de résolution prolongeant de trois mois le mandat de la Mission de supervision de l’ONU en Syrie (MISNUS) qui expire le 20 juillet. Un projet sans menace de sanctions, « en-deçà » des attentes de la communauté internationale, comme la déploré Paris. Car ce plan, initialement accepté par l’opposition et qui comprend notamment un cessez-le-feu, est resté lettre morte. La poursuite des violences a d’ailleurs obligé les observateurs arrivés mi-avril en Syrie à cesser mi-juin leurs opérations.

Pour les opposants, et notamment ceux de l’intérieur, confrontés aux nombreux morts et blessés, chaque jour sur le sol syrien, prolonger le plan Annan sans menace de sanction serait simplement donner un peu plus de temps, encore, à Bachar al-Assad pour réduire à néant la révolte.

Moscou apparaît donc, toujours, comme l’allié indéfectible d’un régime qui a entraîné la mort de près de 17.000 personnes.

Créé le 11-07-2012 à 20h57 – Mis à jour le 12-07-2012 à 07h07Par Céline Lussato

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