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Biométrie : Bis repétita à la Cour constitutionnelle

La Cour constitutionnelle a reçu une nouvelle fois, le mardi 7 août 2012, la visite de trois membres du gouvernement : Jean François Ndongou (ministre de l’Intérieur), Rose Christiane Ossouka (Budget) et Ida Réténo Assonouet (Justice). Au menu, l’introduction de la biométrie dans le processus électoral gabonais. Une affaire qui divise la classe politique gabonaise depuis des années.

La nouvelle rencontre avec la présidente de la Cour constitutionnelle, Marie Madeleine Mborantsuo et ses collaborateurs, est consécutive à son échange, le 17 juillet dernier, avec les représentants d’une partie de l’opposition, regroupée au sein de l’Alliance pour le changement et la restauration (ACR). Ce jour-là en effet, Me louis Gaston Mayila et ses collègues étaient venus présenter leurs préoccupations à la Haute Cour en vue de solliciter de la garante des institutions et des lois, des solutions devant arranger tout le monde et, partant, la nation gabonaise au sujet de l’utilisation de la biométrie lors des prochaines élections locales.

Pour l’opposition il s’était agi, a rappelé Marie Madeleine Mborantsuo aux ministres auditionnés, de récuser le retard accusé dans l’enrôlement des électeurs, dans la mise en place des commissions et de fustiger sa mise à l’écart au moment de l’appel d’offre. Mais aussi de contester la non prise en compte des électeurs au moment du vote dans les bureaux, réclamer la mise en réseau de l’ensemble des serveurs, ainsi que la détention du code source par toutes les partis (Gouvernement, Opposition et Majorité).

Pour le ministre de l’Intérieur, le gouvernement, à travers les actes posés (l’appel d’offre et le choix de l’entreprise adjudicataire, lancement du projet Iboga, mise en place du budget) montre sa bonne foi à résoudre le problème de la biométrie au Gabon. Dans ce sens, il a confirmé la tenue, dans les délais, de la prochaine élection locale sur la base des données biométriques. Dès lors, a-t-il soutenu, toutes les dispositions sont prises pour mener à terme et à temps le chantier de la biométrie.

S’expliquant au sujet de l’authentification des électeurs le jour du vote et sur le retard de la mise en œuvre d’un serveur central, le ministre de l’Intérieur a donné à la Cour constitutionnelle une réponse d’ordre budgétaire. Jean- Francois Ndongou a relevé qu’il n’y a pas, pour l’heure, une ligne budgétaire pouvant couvrir des dépenses supplémentaires, tout en indiquant que ces opérations vont se poursuivre au-delà des élections. Ce, d’autant plus que la biométrie va être intégrée dans l’état civil, les centres hospitaliers et tous les secteurs ou organes impliqués dans l’établissement de l’acte de naissance.

Contribuant à cette question d’ordre budgétaire, le ministre du Budget, Rose Christiane Ossouka, a indiqué que le problème va être mis à l’étude et qu’elle va y apporter des réponses dans les brefs délais.

Revenant sur l’enrôlement des électeurs, le ministre de l’intérieur a indiqué que les chefs-lieux de neuf provinces seront dotés de serveurs ayant des ramifications dans tous les centres administratifs de chaque région. Avec ce déploiement, a certifié Ndongou, le serveur central installé à Libreville pourra permettre de détecter les doublons, de même que toutes les incohérences. Et de rappeler qu’une personne enregistrée verra les empreintes de ses dix doigts prises et sa photo. Une autre façon pour le ministre de tutelle de préciser que la question d’authentification n’a pas lieu d’être. Enfin, a-t-il mentionné, le code source sera détenu exclusivement par l’Agence nationale de infrastructures numériques et des fréquences (Aninf).

Gemalto confirme l’authentification des électeurs dans les bureaux de vote

En deuxième lieu, les responsables de la Cour constitutionnelle ont reçu les représentants de Gemalto, entreprise adjudicataire du marché de la biométrie au Gabon. Le vice-président Afrique de Gemalto, Youzec Kurp, a indiqué dans son intervention que l’authentification l’électeur le jour du vote serait faisable à travers des terminaux mobiles dès l’entrée de l’électeur dans le bureau de vote. Un processus qui sera suivi de la délivrance d’un document par le président du bureau de vote afin de certifier ou non si cette personne doit voter. La stratégie devrait être prête en septembre prochain.

Gemalto devra ouvrir 500 stations d’enregistrements biométriques à travers le pays, tandis que neuf serveurs seront installés dans les provinces. L’enrôlement commence en octobre et se terminera à la mi-décembre. La remise officielle de la liste biométrique interviendra en fin décembre 2012.

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