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Mba Obame sur Africa 24 : «Le pays est bloqué»

André Mba Obame
Après plus d’un an de convalescence en Afrique du Sud et en France, l’opposant André Mba Obame, dont le retour au Gabon est annoncé le 11 août prochain, est intervenu sur la télévision Africa 24, le 8 août. L’ancien candidat à la présidentielle s’explique sur son état d’esprit, sa santé et la crise politique gabonaise.

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La décision d’un retour au pays s’est prise naturellement…

15 juin 2011, 11 août 2012, cela fait quatorze mois que j’ai quitté mon pays pour des raisons médicales. Il y a eu une amélioration significative de ma santé. Les médecins l’évaluent à plus de 50%. Il reste encore beaucoup de travail à faire : la rééducation, les exercices. Je vais donc continuer ce travail chez moi au Gabon. Comme je l’ai dit, dans un environnement favorable. Donc, c’est vraiment avec impatience que j’attends de me retrouver dans mon pays.

Un retour placé sous le signe de la poursuite du combat politique mené depuis plusieurs années. Mais cette fois-ci, André Mba Obama promet d’engager le dialogue avec toutes les forces politiques du pays…

Je n’ai jamais arrêté mon combat politique, malgré la maladie, malgré la douleur. Je vais chercher à rejoindre les autres forces démocratiques, le peuple gabonais, pour la mise en application de cette feuille de route qui implique principalement l’organisation d’une conférence nationale en vue de réunir toutes les Gabonaises et tous les Gabonais autour d’une table. C’est là un objectif majeur pour notre pays. Nous voulons que ce ne soit pas un combat contre un camp. C’est le seul moyen de sortir de manière pacifique de la profonde crise politique qu’il y a au Gabon.

Dans quel état d’esprit êtes-vous à quelques jours de votre retour au Gabon ?

Je suis heureux de pouvoir regagner prochainement mon pays après 14 mois d’absence… donc tout excité de retrouver les miens, ma famille naturelle, ma famille politique, mes compatriotes, pour continuer ensemble ce qu’on a commencé depuis.

Lors de votre séjour à Paris, vous avez, avec d’autres opposants, rédigé un mémorandum pour réformer le Gabon. Alors qu’est-ce que vous réclamez concrètement ?

Écoutez, le Gabon depuis le coup d’État électoral de septembre 2009 traverse une crise politique profonde. Et ceci a des conséquences au niveau économique, au niveau social et culturel. Le pays est bloqué…

Quand vous dites bloqué, c’est-à-dire ?

Ben, regardez : politiquement, les gens se regardent en chien de faïence. Nous sommes au bord de la guerre civile. Les institutions sont discréditées. Au niveau économique et financier c’est la même chose : le niveau de vie a régressé. Aujourd’hui, par exemple, au niveau de la qualité de la vie : problème de l’électricité, problème au niveau de l’école, problème dans les hôpitaux. A l’hôpital général de Libreville, il n’y a pas de courant. Donc, il y a une régression au niveau politique, au niveau économique et social.

Donc vous réclamez la tenue d’une conférence nationale souveraine en décembre prochain.

Compte tenu des tensions qui existent dans le pays, compte tenu de la crise qui est là et qui peut dégénérer à tout moment, il est temps, plus que temps, que les Gabonais se retrouvent pour, d’abord briser la glace, pour cesser de se regarder en chien de faïence et pour enfin poser tous les problèmes sur la table et, ensemble, trouver des solutions.

Est-ce que ça peut aboutir si le pouvoir ne participe pas à ces débats ?

Quand on parle de conférence nationale souveraine, c’est tout le monde. C’est-à-dire le pouvoir, le peuple…

Mais, le pouvoir dit pour l’instant que ça ne se justifie pas, qu’il n’y a pas besoin de faire une nouvelle conférence nationale.

Regardez ce qui s’est passé dans le monde. Le président Kadhafi disait qu’il n’y avait aucun problème en Libye ; le président Ben Ali disait qu’il n’y avait aucun problème en Tunisie ; le président Moubarak disait qu’il n’y avait aucun problème en Égypte. Regardez, le président Assad dit qu’il n’y aucun problème en Syrie. Je crois qu’il faut, à un moment, se rendre compte que les temps ont changé. Nous sommes au 21è siècle, les pouvoirs doivent se mettre à l’écoute des populations et malheur aux pouvoirs qui ne veulent pas écouter la population. Mais la population s’imposera à eu d’une manière ou d’une autre.

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