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Syrie : Paris et Londres veulent accentuer la pression sur Damas

Bachar Al-Assad - Image d'archives © Reuters
Trois jours après le massacre de Houla au cours duquel une centaine de personnes ont été tuées, Kofi Annan est arrivé lundi à Damas pour des entretiens avec le président syrien Bachar al-Assad et des représentants de l’opposition. Une visite qui a lieu à une période délicate : autant pour l’Onu, critiquée pour sa passivité face à la répression, que pour le régime syrien, unanimement condamné. De fait, le médiateur de l’Onu et de la ligue arabe se devait de marquer le coup à son arrivée dans la capitale syrienne : il n’a pas hésité à se dire « horrifié » par la tuerie. « Je suis personnellement choqué et horrifié par les événements tragiques », a déclaré dans le détail Kofi Annan. « C’était un acte répugnant, aux conséquences profondes », a-t-il ajouté.

« Folie meurtrière »

Cette visite en Syrie de M. Annan, sa deuxième depuis sa désignation comme émissaire il y a trois mois, intervient au lendemain d’une condamnation du régime syrien par le Conseil de sécurité de l’ONU. Dans une déclaration adoptée à l’unanimité à l’issue d’une réunion d’urgence à New York, les 15 pays membres ont dénoncé « une série de bombardements par les tanks et l’artillerie gouvernementale contre un quartier résidentiel » de Houla. Le Conseil a exigé que Damas cesse immédiatement d’utiliser des armes lourdes dans les villes syriennes rebelles et qu’il retire ses forces de ces villes, conformément au plan de paix Annan. La Russie, fait notable, s’est jointe à ses 14 partenaires, avant d’estimer lundi que les « deux parties », régime et rebelles, étaient impliquées dans le massacre. Les 15 pays ont réaffirmé leur soutien aux efforts de Kofi Annan, et l’ont chargé de transmettre « dans les termes les plus clairs » leurs exigences au gouvernement syrien.

Côté européen, le ton est également monté. Le président François Hollande et le Premier ministre britannique David Cameron se sont entretenus lundi sur la Syrie et « sont convenus d’agir ensemble pour accroître la pression de la communauté internationale sur Bachar al-Assad », a annoncé l’Elysée. Les deux hommes ont également confirmé la tenue à Paris de la prochaine réunion du groupe des Amis du peuple syrien, à une date qui n’a pas été précisée. L’Elysée a par ailleurs dénoncé lundi la « folie meurtrière » du régime de Damas, estimant que « ses responsables devront répondre de leurs actes ».

Pour autant, la condamnation de la communauté internationale ne semble pas émouvoir Damas. Les autorités syriennes ont imputé lundi à des islamistes armés la responsabilité du massacre commis à Houla. Dans une lettre adressée au Conseil de sécurité des Nations unies, le ministère syrien des Affaires étrangères affirme que les assassins ont tué à l’arme blanche, ce qui, ajoute-t-il, est la « signature » des attaques menées par des militants islamistes.

« Processus crédible »

Quoiqu’il en soit, au-delà des déclarations, il reste désormais à savoir si Kofi Annan dispose d’un mandat sérieux pour faire appliquer son plan qui implique un cessez-le-feu entre l’armée et la rébellion. Et qui n’a, dans les faits, jamais été respecté. « Notre objectif est de faire cesser les souffrances maintenant », a précisé le médateur des Nations Unies, estimant que « le peuple syrien (…) était en train de payer un prix exorbitant dans ce conflit ». Il a souligné que « ce message de paix » n’était pas adressé uniquement au gouvernement, mais aussi à tous ceux qui « portent des armes ». Il a précisé qu’il avait demandé à tous ceux impliqués dans la crise d' »aider à créer le contexte convenable pour un processus politique crédible ». Selon lui, son plan en six points de sortie de crise « doit être appliqué en entier », ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Hélas, au vu des dernières nouvelles qui parviennent de Syrie, ce plan est encore loin de la mise en oeuvre souhaitée. Car, preuve que les violences empirent au lieu de s’amenuiser, donnant du crédit à ceux qui redoutent une généralisation de la guerre civile en Syrie, 87 personnes ont été tuées dans ce pays dimanche, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Il s’agit de l’un des bilans les plus lourds depuis l’entrée en vigueur officielle de la trêve, le 12 avril. La ville de Hama a notamment été la cible d’une offensive des troupes gouvernementales syriennes, qui a fait 34 mots dont sept enfants et cinq femmes. Des militants anti-Assad relatent que l’armée a attaqué des quartiers résidentiels de Hama, haut lieu de la contestation, en représailles après la mort de soldats dans des combats avec des déserteurs.

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