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estation d’un célèbre braconnier et trafiquant d’ivoire à Minvoul

arrestation-dun-celebre-braconnier-et-trafiquant-divoire-a-minvoulLe samedi 7 décembre 2013, Jean-Philippe Nkaga, un tristement célèbre trafiquant d’ivoire et organisateur du braconnage à grande échelle dans le Nord du Gabon, a pu être arrêté à Minvoul. Il s’agit d’un récidiviste déjà condamné fin 2011 à 5 mois de prison pour des faits de détention illégale d’armes munitions, pour le grand braconnage. Il avait alors été arrêté par l’Agence Nationale des Parcs Nationaux, parc de Minkebe.

Suite à l’arrestation de l’imam de Minvoul avec deux braconniers d’éléphants le 8 août 2013 (tous condamnés à 5 mois de prison) par la Police Judiciaire et les Eaux et Forêts, Nkaga avait pu être dénoncé et une procédure judiciaire ouverte contre lui. Il a été reconnu comme le propriétaire des 17 kg d’ivoire alors saisis. Mais il avait malheureusement pu fuir pour se réfugier en forêt pendant plusieurs semaines, ne regagnant Minvoul qu’occasionnellement et de nuit. Il a pu finalement être arrêté par la Police Judiciaire et les Eaux et Forêts avec l’appui de Conservation Justice.

Mais cela ne s’arrête pas là et Nkaga paraît comme un véritable criminel. Lors de son arrestation en 2011, du cannabis avait également été trouvé. Plusieurs années avant cela, il avait été emprisonné deux années pour une affaire de meurtre jamais vraiment élucidée. Finalement, en 2012, il se met encore tristement en valeur en agressant sérieusement un écogarde, mais n’avait malheureusement pas été condamné. Il est donc dangereux et violent, et a d’ailleurs résisté lors de son arrestation, allant jusqu’à mordre sérieusement un agent de la Police Judiciaire. Plusieurs personnes ont essayé de le secourir mais la Police Judiciaire a œuvré très professionnellement et efficacement, devant toutefois faire usage de la force en dernier recours. Un de ses frères a d’ailleurs également été arrêté pour entrave aux agents. Le professionnalisme de la Police Judiciaire appuyé est à souligner, usant de stratégie et de patience pour arrêter un individu prudent pour avoir déjà été arrêté plusieurs fois.

Dès sa libération en 2012, les différentes informations confirmaient qu’il maintenait son activité illégale de trafic d’ivoire. Son mode opératoire est bien connu. Il utilise par exemple les pygmées de Doumassi où il dispose d’un bar, sa seconde femme étant une pygmée de ce village, la première étant camerounaise. L’ivoire est souvent acheminé directement au Cameroun par la forêt. Non seulement il organise l’abattage des éléphants en masse, mais il organise également le trafic lui-même et ceci à grande échelle. Il a ainsi pu construire plusieurs maisons grâce à son activité illégale. Espérons que justice soit faite et que l’Etat récupère les dommages subis.

Rappelons que, comme défini dans le Code Forestier, la chasse, la capture, la détention, le transport et la commercialisation des espèces intégralement protégées (dont l’éléphant) sont interdits et que les infractions vis-à-vis de ces espèces sont punie de 3 à 6 mois de prison avec des amendes allant de 100 000 à 10 millions de francs. En cas de récidive, ces peines sont doublées.

Cette législation semble assez peu dissuasive en regard des abus et des conséquences du grand braconnage en matière de gestion durable des ressources naturelles mais aussi de sécurité. En effet, les trafiquants d’ivoire favorisent la corruption, le blanchiment d’argent et l’entrée d’armes et munitions de manière incontrôlée, tout cela avec des conséquences fâcheuses et dangereuses. Le renforcement de cette législation est envisagé et devrait permettre de dissuader les réseaux qui organisent au Gabon le trafic d’ivoire et tout ce qui en découle.

Lors du sommet franco-africain des chefs d’Etat à Paris les 7 et 8 décembre 2013 sur la paix et la sécurité, les questions de braconnage ont également été discutées, confirmant l’existence de liens entre cette activité et la sécurité. L’ivoire et autres produits fauniques sont en effet utilisés pour alimenter des milices et rébellions dans certains pays africains et le trafic d’ivoire favorise une corruption et un blanchiment d’argent source d’insécurité en finançant des réseaux criminels. Des décisions sont prises par différents pays qui renforcent leur législation, la solution devant être internationale, que ce soit au niveau des pays d’origine que des pays de destination, en particulier en Asie.

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