Omar Bongo, dans une interview accordée à la presse gabonaise dimanche 18 septembre à son retour au Gabon, a confirmé la dérive dictatoriale d’un régime qui n’a plus rien d’autre à offrir à son peuple que la censure, la fraude, les vols et les viols. Après le flop de son discours de la honte le 15 septembre à l’ONU, où Omar Bongo, ayant inexplicablement perdu les pages de son discours, fut incapable d’articuler devant la commununauté internationale les problèmes de son pays, le dictateur gabonais a maintenant décidé de priver ouvertement ses opposants du droit au passeport gabonais.

Selon l’agence de presse Gabonews, Omar Bongo a demandé publiquement à son ministre de l’immigration de ne plus délivrer de passeports, non seulement aux opposants déjà “coincés” dans le pays, mais aussi à ceux qui osent lui faire l’affront d’aller “à l’étranger pour organiser des conférences de presse et insulter les autres.”

Cette information est confirmée aujourd’hui par la PANA qui cite Omar Bongo disant qu’il demandera bientôt à la France de lui communiquer la liste des opposants Gabonais à l’étranger: “Nous demanderons à la France la liste de ces opposants pour leur interdire toute action politique avant la campagne.” Comme quoi, Omar Bongo et la France seraient de mèche pour interdire aux Gabonais de s’exprimer où ils le souhaitent, alors que Bongo est déjà en campagne depuis des mois’ Du coup, on voit le Gabon sombrer de nouveau dans une dictature telle que celle qui existait avant 1989 à l’époque du parti unique. C’est la Gestapo françafricaine qui est donc en train de se mettre en place progressivement, pour voler aux Gabonais leur droit à choisir pacifiquement et librement le leader de leur choix.

Cette dernière attaque s’adresse manifestement au BDP-Gabon Nouveau, mouvement politique d’opposition en exil, qui a organisé des manifestations simultanées le 14 et 15 septembre à New York et Paris, respectivement, et dont le leader, le Dr. Daniel Mengara, a le 12 septembre accordé une interview à la radio américaine Voix de l’Amérique demandant la démission immédiate d’Omar Bongo du pouvoir et condamnant la fraude électorale actuellement préparée par le régime.

Tandis que la manifestation de New York se passait sans problèmes, celle de Paris fut, le 12 septembre, interdite par les autorités françaises, un geste que le BDP-Gabon Nouveau qualifiait de “mafieux”, condamnant ainsi ce qu’il a appelé la complicité mafieuse entre l’état français et la dictature d’Omar Bongo au Gabon. Cette interdiction confortait également le BDP-Gabon Nouveau dans sa position de mouvement politique à abattre vu que les gouvernements français et gabonais semblent s’être alliés pour barrer le chemin au BDP-Gabon Nouveau. L’on se souviendra en effet qu’en mai-juin dernier, le gouvernement français avait déjà essayé de censurer le BDP-Gabon Nouveau en retirant les salles de réunion publiques que le mouvement avait réservées. Comme dans le cadre de l’interdiction de manifester à Paris le 15 septembre, la France avait à l’époque justifié les retraits de salles avec des raisons de risques de trouble à l’ordre public et avait manqué de peu d’interdire la tournée elle-même. Ce n’est que par sa détermination à continuer le combat que le BDP-Gabon Nouveau avait pu poursuivre sa tournée française, qui, du coup devient un énorme succès contre la Françafrique.

Cette dernière déclaration d’Omar Bongo de ne plus délivrer de passeport aux opposants sonne donc comme la version officielle de l’interdiction de séjour dont serait actuellement frappé le Dr. Daniel Mengara, à qui le régime Bongo refuse de renouveller le passeport depuis près d’un an. En effet, le BDP-Gabon Nouveau avait publié, le 15 août dernier, un article dans lequel il décrivait le combat personnel du Dr. Daniel Mengara pour la délivrance de son passeport. Dans cet article, le BDP-Gabon Nouveau fustigeait le comportement du dictateur gabonais qui, selon le mouvement, bloquait personnellement le passeport du Dr. Daniel Mengara sur son bureau pour en faire un objet de chantage. Le Dr. Daniel Mengara avait d’ailleurs déjà signaler ce fait lors de sa tournée du patriote, condamnant ce qu’il voyait déjà comme une dérive dictatoriale qui privait les citoyens de leur droit le plus inaliénable au passeport.

En effet, le régime utiliserait le passeport du Dr. Daniel Mengara comme un instrument de pression qui ne lui serait délivré que si l’opposant en exil acceptait de rencontrer Omar Bongo en personne. Mais les refus répétés du Dr. Daniel Mengara de rencontrer le dictateur ont fini par irriter ce dernier, ce qui a mené à cette décision arbitraire de fermer les frontières aux opposants exilés à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.

Ce chantage d’Omar Bongo tient manifestement au fait que le dictateur se sent humilié de voir que pour la toute première fois dans l’histoire politique du Gabon, un opposant gabonais en la personne du Dr. Daniel Mengara ait répétitivement refusé de le rencontrer. Cette humiliation fut encore plus gravement ressentie par le dictateur tout dernièrement quand il envoya, par deux fois aux mois d’août et de septembre, son propre fils Landry Bongo aux USA pour essayer de rencontrer le Dr. Daniel Mengara. Le but de la mission de Landry Bongo était apparemment de préparer une éventuelle rencontre entre le dictateur et l’opposant gabonais à New York lors du récent séjour d’Omar Bongo dans cette ville lors de la 60ème Assemblé Générale des Nations Unies.

Mais le Dr. Daniel Mengara refusa de rencontrer Landry Bongo, ce qui en même temps voulait dire refus de rencontrer Omar Bongo. Ce refus du leader du BDP-Gabon Nouveau de rencontrer Landry Bongo, d’abord en août, puis en septembre, provoqua une fureur si forte chez le père et le fils Bongo que le dictateur, de sources concordantes, jura que le Dr. Daniel Mengara n’aura plus jamais son passeport gabonais tant qu’il sera en vie. Ceci voulait donc dire qu’Omar Bongo avait décidé que tant qu’il serait vivant, le Dr. Daniel Mengara ne pourra plus jamais mettre les pieds au Gabon. D’ailleurs, les sources qui faisaient état du passeport du Dr. Daniel Mengara détenu par Landry Bongo confirment aujourd’hui que Landry Bongo aurait tout simplement ramené le passeport au bureau de son père, comme signe de vengeance vis-à-vis de l’insolent opposant au régime Bongo. Certains dans l’entourage d’Omar Bongo commencent à parler d’assassiner Daniel Mengara s’il n’arrête pas ses attaques contre “papa”.

Ayant donc échoué de diverses manières dans ses tentatives de casser la machine BDP (Achat de Siméon Ekoga et des frères Bessacque, tentatives de scission râtées, création de faux mouvements BDP, utilisation de taupes, tentatives de corruption du Dr. Daniel Mengara, etc.), la dernière trouvaille d’Omar Bongo fut de bloquer la délivrance du passeport du Dr. Daniel Mengara et d’essayer d’en faire un instrument de chantage pour forcer le Dr. Daniel Mengara à le rencontrer. Avec cet outil, il veut éliminer le BDP-Gabon Nouveau non seulement de la course aux présidentielles, mais aussi de la possibilité pour le mouvement de livrer aux Gabonais son message pour un changement immédiat.

Mais c’était compter sans la détermination du Dr. Daniel Mengara, qui refusa ce chantage en répondant au régime qu’il serait hors de question que l’on utilise son droit au passeport comme un élément de chantage ou de négociation. C’est ainsi que quand Landry Bongo essaya, en août, puis en septembre, de rencontrer le Dr. Daniel Mengara, ce dernier répondit par un refus catégorique. Il exigea que le régime Bongo lui donne d’abord son passeport et affirma qu’il ne rencontrerait personne tant que son passeport ne lui sera pas délivré en bonne et due forme et sans conditions, comme l’exige la loi gabonaise actuelle.

Evidemment, l’on comprend d’où vient la peur du dictateur. Il sait très bien qu’une descente du BDP-Gabon Nouveau au Gabon comporte de profonds risques de perte de pouvoir par lui. Il sait qu’il serait incapable, si le BDP-Gabon Nouveau présentait un candidat aux élections, de battre un tel candidat, même dans la fraude. Ayant été incapable de corrompre l’opposant Mengara depuis 1999, le dictateur sait que le BDP-Gabon Nouveau irait jusqu’au bout de la logique du “Bongo Doit Partir” en mettant tout en oeuvre pour obtenir le départ de ce régime du pouvoir. A défaut donc de le corrompre, on menace désormais d’assassiner le Dr. Daniel Mengara si jamais il remettait les pieds en France ou au Gabon.

La décision, donc, que vient de prendre Omar Bongo en demandant officiellement à son ministre de la sécurité publique chargé de l’immigration, Pascal Désiré Missongo, de ne plus délivrer de passeport aux opposants vise, en fait, une seule personne: Le Dr. Daniel Mengara. Par cette décision, Omar Bongo veut empêcher le Dr. Daniel Mengara d’aller au Gabon car, n’ayant pu l’acheter comme il le fait souvent avec les opposants parasites qui font aujourd’hui partie de la “majorité” présidentielle, il craint qu’une descente du BDP-Gabon Nouveau au pays en période électorale ne vienne compromettre ses chances de réélection frauduleuse.

Donc, pour ceux qui en doutaient encore, Omar Bongo vient lui-même de confirmer, devant les médias, que le Dr. Daniel Mengara n’aura plus jamais son passeport gabonais. Pire, les sources du BDP-Gabon Nouveau font état d’une interdiction de séjour à vie, interdiction que Bongo veut effective tant qu’il sera vivant et au pouvoir au Gabon.

Le Gabon a donc, ce dimanche, fait un pas de plus vers la dictature. Le vieux dictateur croulant et gaga qu’est Omar Bongo n’hésite donc plus à prendre des décisions arbitraires qui n’ont aucun lien avec les lois en vigueur au Gabon. Il confirme donc ainsi qu’au Gabon, la seule loi valable c’est celle de l’arbitraire qui sort de la bouche d’Omar Bongo.

Se confirme ainsi, par la bouche de Bongo lui-même, le statut du Dr. Daniel Mengara comme opposant en exil forcé, et le BDP-Gabon Nouveau comme mouvement politique en exil forcé et dont les leaders sont interdits de séjour au Gabon.

Il va donc désormais appartenir aux Gabonais de rechercher le départ du dictateur par tous les moyens possibles. L’interdiction de séjour faite au Dr. Daniel Mengara par Omar Bongo ne suffira pas à faire fléchir sa détermination à voir le Gabon changer et le régime Bongo prendre immédiatement sa retraite politique.

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