Des manifestants ont dénoncé mardi dans les rues de San Francisco la répression chinoise au Tibet, alors que la flamme olympique des Jeux de Pékin doit parcourir mercredi la ville californienne pour sa seule étape aux Etats-Unis.
Les manifestants, dont beaucoup brandissaient des drapeaux tibétains, scandaient “Honte à la Chine”. Leur parcours les a notamment menés devant le consulat de Chine.
Après les manifestations qui ont émaillé le parcours de la torche à Londres puis à Paris, le président du Comité international olympique Jacques Rogge a assuré que l’annulation du relais international n’était pas envisagée.
La municipalité de San Francisco craint une répétition de ces événements, et a indiqué avoir consulté des responsables français et britanniques pour mieux se préparer à accueillir le relais olympique.
Rogge, qui répondait à une interview du Wall Street Journal, a assuré que les rumeurs selon lesquelles le CIO envisageait de couper court au relais international était “fondées sur une méprise”.
“Je suis attristé qu’un symbole aussi beau que la flamme, qui unit des personnes de religions, d’origines ethniques, de systèmes politiques, de cultures et de langues différents, ait été attaqué”, a déclaré Rogge.
Les manifestations ont été vivement critiquées par Pékin, et de nombreux Chinois pensent qu’elles politisent de façon injustifiée un événement sportif qui devrait au contraire célébrer le développement de la Chine et son ouverture au monde.
Les dirigeants occidentaux tâchent de leur côté de trouver l’équilibre diplomatique entre Pékin et les voix qui les appellent à boycotter la cérémonie d’ouverture des JO.
Le Premier ministre australien Kevin Rudd a estimé mercredi qu’il fallait reconnaître les “importants problèmes de droits de l’homme au Tibet”, mais s’est redit opposé à un boycottage des JO dans leur ensemble.
“Je pense que les Jeux olympiques sont importants pour l’engagement de la Chine dans la communauté internationale”, a-t-il estimé.
PRÈS D’UN MILLIER D’ARRESTATIONS
La police chinoise a arrêté au total 953 suspects pour leur implication présumée dans les émeutes survenues au Tibet le mois dernier, a annoncé mercredi le gouverneur de la région, précisant qu’il s’agissait d’une minorité qui ne représentait pas le peuple tibétain ou les religieux bouddhistes.
Qiangba Puncog, président du gouvernement de la région autonome du Tibet, a ajouté que quiconque tenterait de s’en prendre au relais olympique lors du passage de la torche au Tibet s’exposerait à de sévères sanctions.
“Si quelqu’un ose saboter le relais de la torche au Tibet ou lors de l’ascension du Mont Everest, nous le punirons sévèrement et nous n’aurons pas la main légère”, a-t-il prévenu.
Quinze moines bouddhistes tibétains ont interrompu mercredi un voyage de presse organisé par l’Etat chinois dans une région de l’ouest de la Chine qui avait été le théâtre auparavant d’émeutes, exigeant le retour en Chine du dalaï lama et criant à la privation de leurs droits.
Les moines sont sortis brusquement d’un bâtiment du monastère de Labrang à Xiahe, dans la province de Gansu, et ont traversé une place en courant pour s’approcher d’un groupe de vingt journalistes chinois et étrangers.
“Le dalaï lama doit revenir au Tibet. Nous ne demandons pas l’indépendance du Tibet, nous demandons seulement des droits humains, nous n’en avons pas actuellement”, a déclaré un moine en chinois.
Plusieurs des moines, dont l’un portait un drapeau tibétain – interdit en Chine – s’étaient recouvert le visage de leurs robes.
A Hong Kong, premier territoire chinois où doit passer la flamme olympique, les autorités envisagent de prononcer des interdictions de séjour afin de garantir l’ordre public, a annoncé le responsable de la sécurité.
Certaines personnes “ne sont certainement pas les bienvenues à Hong Kong si elles viennent spécialement pour détruire l’ordre public”, a déclaré Ambrose Lee, cité par le South China Morning Post.
Le relais, qui passera le 2 mai dans l’ancien territoire britannique, devra être “solennel et pacifique”, a souhaité Lee. “Nous ne voulons pas que le relais soit affecté par des manifestations ou de quelconques actions violentes.”
Avec Guo Shipeng et Nick Mulvenney à Pékin, Lucy Hornby à Xiahe, Adam Tanner à San Francisco et John Ruwitch à Hong Kong, version française Gregory Schwartz

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