Gabon : Menga joue son bac

La reprise des épreuves de français et de philosophie dès ce 1er juillet dans les centres de Libreville et Oyem semblent dissiper la controverse autour de l’annulation des épreuves du baccalauréat 2008. Le ministre de l’Education nationale, Michel Menga, a joué la célérité en reprogrammant dans les plus brefs délais les épreuves annulées à la suite des fraudes massives enregistrées dès les premières épreuves de cette session le 25 juin dernier.
La décision de la tutelle est tombée. Les syndicats de l’Education nationale, les professeurs et les examinateurs qui réclamaient l’annulation complète de la session et son report au mois de septembre prochain n’obtiendront pas gain de cause. Le ministre Menga a annoncé la reprise dès ce 1er juillet des épreuves de français et de philosophie annulées dans les centres de Libreville et Oyem, et la poursuite de la session les jours suivants.

«Après une large concertation avec les présidents des différents centres d’examens, les responsables d’harmonisation des séries A, B, D, E et STT et ainsi que l’Office nationale du baccalauréat, j’ai décidé, premièrement, que les épreuves de philosophie et de français seront reprises dans les centres de Libreville, sauf pour les séries STI, le mardi 1er juillet 2008. (…) et la reprise de l’épreuve de français dans le centre d’Oyem, le mardi 1er juillet 2008 dans l’après-midi» a officiellement déclaré le ministre de l’Education nationale.

Il a notamment modifié le planning du déroulement des épreuves orales de langues selon le calendrier ci après : lundi 30 juin 2008 épreuve facultative toute séries confondues, musique, éducation ménagère, dessin, de 8h à 12h ; Mercredi 2 juillet 2008 et jours suivants, épreuves orales de langues pour toutes les autres séries.

Les épreuves n’ont toutefois pas pu avoir lieu le 30 juin en raison d’un mouvement d’humeur des professeurs, mais se seront finalement déroulées le 1er juillet, avec un jour de retard sur le planning de Menga.

«Le baccalauréat se déroule sur l’ensemble du territoire. A ce jour, aucune anomalie ne m’a été signalée au centre de Franceville, ni au centre de Mouila, ni au centre de Koulamoutou, ni à Port Gentil, et par conséquent, les épreuves se déroulent normalement. Les anomalies et les problèmes qui m’ont été signalés concernent uniquement les provinces de l’Estuaire et du Woleu-Ntem», a précisé le ministre Menga.

Pour toutes ces raisons, la tutelle a estimé irresponsable d’annuler l’ensemble des épreuves, comme le réclamaient les syndicats et les enseignants.

«Depuis que ces problèmes se sont posés, nous avons attendus d’avoir des preuves. Les seules preuves de fraudes dont nous disposons à ce jour, ce sont les cas des élèves que nous avons surpris en flagrant délits, au centre d’Oyem en français, et aux huit centres de Libreville confondus, dans les mêmes conditions: une vingtaine d’élèves en possession des épreuves et des corrigés. Il y a 19 000 candidats au baccalauréat cette année, disséminés sur l’ensemble du territoire, il n’y en a pas qu’à Libreville, il n’y en a pas qu’à Oyem. Pour des raisons de responsabilité, nous avons sollicité des preuves de la part des enseignants de l’intérieur du pays dans les épreuves incriminées»

Les sources proches du dossier indiquent que la fraude ne serait pas aussi massive que le laissaient croire les premières informations communiquées. D’ailleurs les notes des premières corrections dans ces deux matières sont modestes et ne plaident pas en faveur d’une annulation totale des épreuves.

Selon Menga, «les informations que nous avons à ce jour établissent que les notes en philosophie et en français, ne confirment pas que les enfants avaient les épreuves. Les notes sont celles que nous avons toujours eu l’habitude d’enregistrer en philosophie et en français. Ce qui aurait pu nous conforter dans notre présomption de fraude massive, c’est qu’à l’appui de la correction, les enfants aient des notes que les professeurs ne peuvent pas expliquer. Sur la base de ces éléments, nous n’avons aucun élément qui nous permette de dire aujourd’hui qu’il faille annuler les épreuves sur l’ensemble du territoire».

Voila une sortie de crise qui dissipe la vive inquiétude des élèves qui craignaient de repasser le bac au mois de septembre conformément à la position des syndicats des enseignants.

«C’est une question de responsabilité, les élèves se sont préparés sur l’ensemble du territoire, les familles se sont investis sur l’ensemble du territoire, nous ne pouvons pas pénaliser les innocents parce que nous avons trouvé des élèves en fraude» a conclu le ministre de l’Education nationale.

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