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Gabon : Beka b’Obame au front du « choc pétrolier »

Le Conseil des ministres du 23 octobre a délégué le gouverneur de la province de l’Ogooué-maritime, Jean Marie Beka B’Obame, pour entamer les négociations avec l’ONEP dès le 24 octobre à Port-Gentil. Les employés du secteur pétrolier avaient déposé le 20 octobre un préavis de grève assorti de trois préalables au dialogue: l’application de toutes les résolutions adoptées pour dénouer la crise de Shell Gabon en avril dernier, l’embauche de tous les employés des sociétés de mise disposition du personnel qui totalisent plus de 2 ans d’ancienneté et l’octroi de 3 sièges au Conseil d’administration de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).

Les négociations ont débuté le 24 octobre à Port-Gentil, la capitale économique, où le gouverneur de la province de l’Ogooué maritime, Jean Marie Beka b’Obame, a été mandaté pour ouvrir les pourparlers avec les représentants de l’Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP), qui ont déposé le 20 octobre un préavis de grève générale illimitée à la Primature.

Conformément aux conditions posées par l’ONEP pour l’ouverture du dialogue, les négociations se déroulent à Port-Gentil, siège de l’organisation, qui a estimé, au regard de l’expérience d’avril dernier, que le cadre des discussions proposées dans la capitale n’était pas favorable.

Pour mener les négociations, le gouverneur Beka b’Obame est assisté des experts du ministère du Travail et ceux du département des Hydrocarbures, mandatés par le gouvernement pour dénouer la crise avant qu’elle ne paralyse l’activité pétrolière du pays.

L’ONEP a déposé le 20 octobre sur la table du premier ministre un préavis de grève de six jours pour mettre en place les préalables au dialogue, qui ne sont autres que les décisions ayant déjà fait l’objet d’un arbitrage du chef de l’Etat et contenues dans le compte rendu du 1er avril 2008 suite au conflit social à Shell Gabon.

Elles concernent l’embauche sans délais de tous les employés des sociétés de mise à disposition du personnel totalisant plus de deux ans d’ancienneté ainsi que l’octroi de 3 sièges au Conseil d’administration de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).

Sur ce point, le conseil des ministres a précisé que conformément aux décisions arrêtées le 1er avril 2008 à la Présidence de la République relatives à la fin de la grève de Shell Gabon, seules deux des dix points arrêtés d’un commun accord restent en instance d’application, à savoir la mise en disponibilité et la prise en charge des agents syndicaux pendant leurs mandats et la prime conventionnelle des employés de Shell Gabon.

Concernant l’embauche des employés, le gouvernement a annoncé qu’une note circulaire relative à la mise à disposition du personnel ayant une ancienneté de plus de deux ans dans les entreprises utilisatrices était en cours d’élaboration et serait incessamment soumise aux opérateurs économiques.

Au chapitre de l’octroi des sièges à la Caisse nationale de sécurité sociale, le gouvernement a souligné que le Conseil d’administration de la CNSS était composé de douze membres, dont le mandat avait cours jusqu’à fin 2009. Il a expliqué qu’à la fin de ce mandat, il revenait aux partenaires sociaux de proposer leurs représentants dans cette institution, conformément aux dispositions réglementaires légales. Le gouvernement a par ailleurs rappelé que la composition du conseil d’administration de la CNSS respectait le principe du tripartisme.

Concernant l’application des arrêtés 0000208/MTE du 4 avril 2007 et 000062/PM/MTEPS du 20 mai 2008 relatifs à la réglementation des conditions de travail dans le secteur pétrolier, le gouvernement a enfin rappelé que des campagnes d’information et d’explication avaient été menées par le ministère du Travail et le département des Hydrocarbures avec la participation de l’ONEP et de l’Union pétrolière gabonaise (UPEGA).

Le cahier des charges déposé par l’ONEP à la Primature concerne notamment l’application effective de l’arrêté 208 ; les avantages salariaux des employés du secteur exploration et production ; la baisse de 40% des prix du carburants ; le droit de regard de l’ONEP sur l’embauche de la main d’œuvre étrangère ; la publication des audits sociaux ; l’embauche par la société Oil Libya des employés GII licenciés avec 10 ans d’ancienneté ainsi que la suppression ou la révision de certaines taxes fiscales.

Du 20 mars au 2 avril dernier, une grève générale des employés de Shell Gabon avait entièrement paralysé la production de 60 000 barils par jours de Shell ainsi que la sortie de 30 000 barils par jours d’autres compagnies utilisant un site de Shell. Le prix du baril de pétrole flottait alors autour de 100 dollars et l’Etat gabonais possède 25% des parts de Shell Gabon. Les pertes étaient estimées à près de 90 millions de dollars par jour de grève.

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