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Gabon : L’observatoire sanitaire d’AREVA à Mounana avant 2009

La Compagnie des mines d’uranium de Franceville (COMUF), filiale du groupe français AREVA, devrait mettre en place avant la fin de l’année 2008 l’observatoire de Mounana censé évaluer et surveiller l’impact sanitaire des anciennes activités minières sur les populations et leur environnement. Les Organisations non gouvernementales (ONG) et les élus locaux dénoncent depuis plusieurs années l’impact sanitaire des déchets radioactifs des activités d’exploitation de l’uranium, près de dix ans après la cessation des activités de la COMUF, en réclament la mise en place effective de l’observatoire sanitaire initialement annoncé pour fin 2007. Près de dix ans après l’interruption des activités de la Compagnie des mines d’uranium de Franceville (COMUF), les retombées sanitaires continuent d’inquiéter les populations et les pouvoirs publics, qui exigent depuis plusieurs années l’implantation par la maison-mère, le groupe français AREVA, d’une veille sanitaire à Mounana, où étaient implantées leurs activités.

Les responsables de la société ont annoncé la mise en place avant la fin de l’année 2008 de cet observatoire de santé, qui devrait permettre d’une part, d’établir un suivi post professionnel de tous les anciens mineurs, avec des consultations médicales tous les deux ans, et de dresser d’autre part un état des lieux et un suivi de l’environnement sanitaire autour des anciens sites miniers du groupe AREVA, avec l’analyse de l’évolution des pathologies liées à l’exploitation de l’uranium.

Aux moyens d’examens cliniques et de radiographies pulmonaires auprès des anciens employés, devrait permettre de collecter des données afin d’évaluer l’impact sanitaire régional des activités de la COMUF par rapport aux autres résultats obtenus dans d’autres régions du pays.

L’observatoire devrait être composé d’un comité scientifique multipartite, intégrant notamment des agents de Quanta Médical, spécialisée dans la compilation de données sanitaires, des experts de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), du département de la Santé, de l’hôpital de Mounana, des agents médicaux du groupe AREVA ainsi que des autorités et des ONG locales.

«Cette démarche scientifique, innovante et multipartite permettra aux autorités gabonaises, amis aussi aux anciens salariés de la COMUF et aux populations riveraines d’être informés en toute transparence des retombées de l’activité minière menée par le groupe AREVA», a indiqué le directeur général de la COMUF, Philippe Drouot.

En partenariat avec le Centre national de prévention et de protection contre les rayonnements ionisants (CNPPRI), AREVA avait déjà entrepris des opérations de suivi environnemental des anciens sites miniers de la COMUF, qui avaient débouché sur l’organisation de quatre missions de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) en 1999, 2001, 2004 et 2006 pour contrôler l’enfouissement des résidus de la mine, l’assainissement des rivières polluées ou encore l’aménagement et la revégétalisation des anciennes mines à ciel ouvert.

Une vingtaine de logements à Mounana, marqués par la radioactivité et détruits fin 2007 sur instruction du CNPPRI ont été remplacés par une cité de logements livrée en juin dernier, et qui aura coûté plus de 500 millions de francs CFA.

Les études réalisées en 2007 avaient montré que les bâtiments construits par la COMUF pour ses employés présentaient un fort taux de radioactivité et devaient être détruits pour protéger la santé des habitants.

Même près de dix ans après la cessation des activités minières, «le groupe AREVA est présent au travers de multiples actions de solidarité, notamment des aides financières aux écoles et à l’hôpital de Mounana, la participation à l’entretien de la voirie et du stade municipal, les dons de médicaments, la construction de la halte garderie et de la bibliothèque municipale, etc.», a rappelé monsieur Drouot.

Le rapport médical 2006-2007 produit par l’hôpital local Jean Claude Andrault de Mounana, relève notamment des centaines d’enfants de 0 à 5 ans atteints de pathologies pulmonaires, de multiples cas de maladies sanguines, gynécologiques, des malformations congénitales et enfin des maladies dermatologiques.

Après les études d’impact sanitaire menées en 2007, AREVA avait annoncé la création avant fin 2007 de l’observatoire de la santé chargé de suivre les 6 000 anciens salariés et la population de Mounana.

Le gisement d’uranium de Mounana fut découvert le 21 décembre 1956 par les géologues du commissariat à l’énergie atomique (CEA). Sa mise en exploitation débute le 19 décembre 1958. En avril 1961, la production industrielle démarrait et l’usine produisait les premières tonnes d’uranate de magnésie. L’exploitation a été définitivement arrêtée en juin 1999, soit 38 ans d’exploitation.

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