Trois leaders de la société civile gabonaise sont détenus par la police

Six figures de la société civile gabonaises, parmi lesquelles se trouve un signataire de la plainte déposée en France mettant en cause le patrimoine immobilier du président Omar Bongo Ondimba, ont été interpellées mardi 30 et mercredi 31 décembre 2008, à Libreville (Gabon).

Mardi 6 janvier au matin, trois d’entre eux demeuraient détenus par la police judiciaire pour des motifs qui n’ont pas été signifiés. Alors que la loi gabonaise fixe à 48 heures la durée de la garde à vue, le ministre de l’intérieur André Mba Obame a déclaré lundi à l’AFP que « les jours non ouvrables » incluant « le 1er janvier férié, le 2 chômé, le week-end des 3 et 4 janvier » ne sont « pas comptabilisés dans la garde à vue ». « La procédure est strictement respectée », a affirmé le ministre, précisant que les personnes interpellées sont « des justiciables comme les autres » et que le Gabon n’est « pas une République bananière ».

Gregory Ngbwa Mintsa, Georges Mpaga et Marc Ona Essangui ont en commun de militer pour la transparence des revenus du pétrole et contre la pauvreté au Gabon. Le premier, fonctionnaire gabonais, est le seul ressortissant africain à avoir osé signer, avec l’ONG Transparency International, la plainte contre les « biens mal acquis », déposée le 2 décembre à Paris, visant les présidents du Gabon, du Congo-Brazzaville et de Guinée équatoriale ainsi que leurs entourages pour « recel de détournement de fonds publics ».

« GESTION OCCULTE »

Georges Mpaga, lui, est président d’un Réseau des organisations libres de la société civile pour la bonne gouvernance au Gabon. Quant à Marc Ona Essangui, il coordonne la branche gabonaise du réseau international Publiez ce que vous payez. Des ONG comme le Secours catholique et Transparency International sont membres de cette coalition qui vise à rendre publiques les sommes versées pour l’accès à l’exploitation pétrolière. Trois autres personnes arrêtées, dont Gaston Asseko, directeur technique de Radio Sainte-Marie, appartenant à l’Eglise catholique, et Dieudonné Koungou, journaliste au bimensuel Tendance Gabon, ont été libérés.

Selon Marcel Libama, responsable d’une coalition « contre la pauvreté au Gabon », « il ne fait aucun doute que ces arrestations ont pour objectif de mettre fin à la plainte contre les « biens mal acquis » et de faire taire tous les leaders de la société civile qui osent dénoncer la gestion occulte du budget de la nation ». L’avocat français Thierry Lévy doit se rendre à Libreville pour participer à la défense des interpellés.

Depuis son origine, en mars 2007, l’affaire des « biens mal acquis » exaspère le régime gabonais. La Fondation Omar Bongo Ondimba pour la paix a annoncé, le 13 décembre, son intention de poursuivre les auteurs de la plainte, persuadée que « cette cabale découle d’une conspiration savamment orchestrée par une organisation secrète, qui nourrit l’ambition de semer le doute (…) dans l’esprit du peuple gabonais ».

Philippe Bernard

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