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Gabon : les ministres candidats devraient démissionner "pour l'éthique"

Les ministres candidats à l’élection présidentielle du 30 août au Gabon ne sont pas légalement tenus de démissionner du gouvernement, mais ils devraient s’y résoudre pour « l’éthique politique », estime le politologue gabonais Jonathan Ndoutoume Ngome, enseignant à l’Université Omar Bongo de Libreville.

Q: Des candidats à la présidentielle dénoncent le maintien au gouvernement de deux ministres également candidats. Que dit la loi exactement sur ce sujet?

R: « La Constitution au Gabon est muette là-dessus. Dans la Constitution, dans le Code électoral, il n’y a pas d’obligation faite à un membre du gouvernement de ne pas être candidat à la présidentielle ou à quelqu’un qui est candidat de ne plus être membre du gouvernement. En clair, il n’y a pas de disposition légale qui fait obligation à un ministre candidat de ne plus siéger au gouvernement. (…) En revanche, il y a un problème d’éthique ou de conscience. A partir du moment où on est candidat à une présidentielle, logiquement, pour ne pas heurter la conscience du peuple, on est obligé de se décharger de ses responsabilités gouvernementales. Dans le Code électoral, il est interdit à tout candidat de profiter des moyens de l’Etat pour pouvoir battre campagne ou influencer le vote. C’est en cela qu’on fait appel à l’éthique politique, à la logique ou au bon sens pour que les ministres quittent effectivement le gouvernement. »

Q: C’est la première fois que se pose la question de ministre-candidat à la présidentielle dans le pays?

R: « Non. En 1993, il y a eu Simon Oyono Aba’a qui était candidat à la présidentielle. Il était à l’époque ministre de la Fonction publique et président du Morena (Mouvement pour le redressement national, opposition, NDLR). Au moment où il avait annoncé sa candidature, il a eu la décence de présenter sa démission (…). Donc, si l’un l’a fait en 1993, l’opinion ne comprend pas très bien pourquoi les autres ne le feraient pas en 2009. »

Q: Des candidats notamment de l’opposition ont exprimé des préoccupations sur le cas du candidat du parti au pouvoir, Ali Bongo, qui est ministre de la Défense, en disant qu’il peut s’appuyer sur les services de renseignement. Ces préoccupations sont-elles fondées?

R: « Je pense que les inquiétudes de l’opposition sont fondées, pas par rapport simplement au ministre de la Défense. (…) On ne peut pas avoir deux poids, deux mesures dans un gouvernement. Si certains ministres sont partis parce qu’ils sont candidats, (…) il est normal que d’autres aussi s’en aillent. (…) Par rapport au ministre de la Défense sur lequel se focalisent toutes les conversations, il y a lieu peut-être de s’inquiéter (…), mais chacun ayant le bénéfice du doute ou bénéficiant de la présomption d’innocence, je ne peux pas m’avancer pour dire que le ministre de la Défense fera usage de moyens mis à sa disposition pour pouvoir mener campagne ou influencer les résultats. Mais je pense que pour mettre tout le monde sur un pied d’égalité, il est quand même logique que tous les ministres candidats à cette élection puissent rendre leur tablier et que chacun aille avec les mêmes chances que les autres. »

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