Au crépuscule des jours sombres de la Compagnie des Mines de l’Ogooué (COMILOG) causés par la crise économique mondiale, le président directeur général de la maison mère, le groupe français ERAMET, Patrick Buffet, a été reçu le 30 octobre dernier par le nouveau président gabonais, Ali Bongo, pour faire le point sur la situation économique de la première société du Haut-Ogooué.

«Avec la reprise au troisième trimestre 2009, nous avons atteint les 2/3 du taux d’utilisation des capacités de l’entreprise. Contrairement à la période correspondant à la période de la crise où nous avons été obligés de réduire toutes nos capacités et revoir nos prévisions de croissance pour faire face à la situation qui s’imposait à nous», a expliqué monsieur Buffet.

La COMLIOG avait vu ses belles perspectives s’assombrir avec la chute de la demande des importateurs étrangers et avait d’ailleurs décidé fin mars d’une nouvelle interruption de ses activités du 4 au 20 avril, avec à la clé, le licenciement de quelques employés d’une sous-traitance.

Une première interruption des activités avait été décidée du 20 décembre du 12 janvier dernier, à la suite de laquelle la direction avait annoncé qu’elle ne prévoyait pourtant pas de nouvelles interruptions. En juillet dernier, une nouvelle interruption de deux semaines avaient du être opérée.

Mais avec le vent de la reprise économique mondiale, le PDG d’ERAMET a «indiqué au président de la République que nous avons maintenu tous nos projets de développement au Gabon, par exemple le passage à 4 millions de tonnes. Nous sommes à 3,5 millions de tonnes de capacité. Les perspectives pour le marché sont bonnes, encourageantes et prometteuses, malgré la concurrence».

«Nous avons également ce grand projet d’investissement de 135 milliards de francs CFA pour la création d’un complexe métallurgique à Moanda. Il comporte deux aspects : une usine de silico-manganèse de 65 000 tonnes/an qui entrerait en fonctionnement fin 2013, et une usine de manganèse métal de 20 000 tonnes/an qui entrerait en fonctionnement un an plus tôt, fin 2012», a-t-il poursuivi.

«Évidemment, à condition que le barrage de grand Poubara puisse être opérationnel 3 mois auparavant, pour nous laisser un peu de marge, nous livrer l’électricité et l’hydroélectricité nécessaires», a toutefois précisé Patrick Buffet.

«Nous ferrons le maximum pour participer à tout le volet d’industrialisation et en même temps dans le respect du développement durable et de l’environnement que nous souhaitons évidemment aider à développer ici, dans ce pays qui bénéficie d’un énorme potentiel», a-t-il conclu.

Unique exploitant de manganèse au Gabon, COMILOG avait éprouvé de grosses difficultés à écouler son produit, notamment à cause de la révision drastique par la Chine, son principal acheteur, de ses achats pour cette année.

La compagnie a traversé sa première crise depuis sa création en 1962 qui l’a amené à interrompre sa production. L’entreprise emploie directement 1 500 personnes au Gabon, repartis entre les villes de Moanda, site de production dans le Haut-Ogooué, et Owendo, au sud de Libreville, où sont localisées ses installations portuaires.

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